Pierre Pelot
Le jour de l'enfant tueur
2000

Zombis d'il y a 37 000 ans

Le plus sûr, pour ne pas courir le risque de raconter la fin des livres à suspense, est d'en faire le compte rendu avant d'en achever la lecture. Bien sûr, avec un titre de ce calibre, Le Jour de l'enfant tueur, on se doute que ça va mal finir, que des personnages y laisseront leur peau (on craint surtout pour Ahorn), et les lecteurs un peu de sueur et de sommeil. 9a n'a pas loupé, mais nous avons promis de ne rien dire.

Le livre paraît dans la collection «Pints-Inedit-Policier», qui, comme son nom l'indique, a la bonne idée de publier des histoires policières inédites. dans le polar de Pelot, ni calibre, ni parapluie qui tue, ni Quai, ni Orfèvres: son aventure policière se passe bien avant l'invention même de la police, juste après l'invention du crime, comme quoi, malgré les mauvaises langues, on voit bien qui a commencé. L'histoire se déroule 35 000 ans avant Jésus-Christ, dont il n'est d'ailleurs pas question. Deux clans se partagent les rives d'un lac, les Anâanni et les Ohihani; les premiers possèdent la force virile, les seconds ont trop de femmes à féconder. Ahorn est choisi pour livrer sa force au clan voisin, il espère retrouver Ené'a. Hélas, Ené'a a été enlevée, et les hommes transformés en nokhs, zombis aux lèvres cousues. Ou plutôt non, mais vous savez bien qu'on ne peut pas vous en dire plus...

Pierre Pelot, après sa saga paléolithique, Sous le Vent du monde, par la magie de son imaginaire et son aisance à manier les noms et les métaphores inventées de ces temps d'avant l'écriture, noue et dénoue sous nos yeux ébahis une intrigue peu policée.

JEAN-BAPTISTE HARANG