Michel Peyramaure
La fille des grandes plaines
1963

Voici un roman préhistorique. Les progrès de l'archéologie et les récentes découvertes ont donné à l'homme de Lascaux, de Laussel ou des Eyzies une telle présence qu'il fallait bien qu'un jour un romancier lui prêtât vie: c'est Michel Peyramaure qui inaugure, pour l'enchantement des lecteurs de la BIBLIOTHEQUE POUR TOUS, ce genre littéraire nouveau qui pourrait s'appeler « science-fiction de la préhistoire ».

LA FILLE DES GRANDES PLAINES est à la fois une oeuvre d'imagination et d'érudition, dont le récit se déroule dans des sites authentiques : les Grandes Plaines, ce sont les Landes ; les paysages de la Rivière Noire sont ceux de la vallée de la Vézère ; le décor des Marécages est emprunté à la vallée de la Beune. Et comment ne pas croire à l'existence possible des personnages qui peuplent ce livre ?

Voici Wen, la fille des Grandes Pleines arrachée à sa tribu par les chasseurs de femmes des Marécages ; Magh, le jeune magicien, peintre des sanctuaires ; Aweid le nomade, son frère, qui paraît avoir inventé le mot, sinon la notion de liberté ; le redoutable sorcier Draku ; Ghwer, le chef impitoyable ; Marga aux cheveux jaunes, et tant d'autres baignés d'une lumière venue du fond des âges...

Ballotés dans le monde brutal d'il y a trente mille ans, écartelée entre les hommes et les Puissances de la Nuit, Wen parviendra-t-elle à fixer sa destinée errante, à s'installer dans un bonheur aussi fuyant, aussi problématique que l'existence de Marah, la bête fabuleuse des étangs, compagne chimérique des premiers artistes ?

Comment ne pas être émerveillé par ces expéditions de chasse, par ces cérémonies rituelles, par ces cultes barbares voués à la Grande Déesse. de Laussel ou aux Puissances animales de Lascaux, par ces amours et par ces haines ? Comment ne pas entendre, du haut des Terrasses couronnent les falaises de la Vézère par les étés brefs et torrides de la steppe, la plainte mystique des hommes tendus vers l'espoir de temps meilleurs ?