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MITOU et TOTI à travers les âges

par Alain SAINT-OGAN

Mitou et Toti, à la manière de l'explorateur
dans le temps de Wells, voyagent dans le passé et l'avenir.

 

— Tourne l'Anneau Magique, supplie Toti.

— Oh !... Tu ne sais dire que cela... Je t'assure, petite soeur, que la situation n'est pas si mauvaise. Ces gens là sont des amis.

Le fait est que, loin de prendre une attitude de combat, les hommes manifestent plutôt des intentions pacifiques. Mitou et Toti, dans des costumes si différents des leurs, leur semblent empreints d'un caractère mystérieux et divin.

Cependant, ces primitifs, en s'exhortant mutuellement dans un langage barbare, s'étaient, petit à petit, rapprochés de nos amis, au point de les toucher.

Toti, qui commençait à avoir moins peur, osa porter un doigt timide sur la tête chevelue d'un grand diable roux qui s'était prosternée devant elle.

Alors, ce fut une clameur générale. Tous, le visage rayonnant de joie, se mirent à faire le cercle autour des enfants et de leur chien, et commencèrent à danser en entre-choquant leurs armes de silex.

La danse dura ainsi longtemps... très longtemps.

Enfin, un des hommes fit un signe et les danseurs formèrent un cortège.

Mitou, Toti et leur chien furent hissés sur de robustes épaules et portés en triomphe.

Bientôt, la petite troupe arriva jusqu'à une espèce de pont fait de branches d'arbres, qui conduisait dans une île où s'élevaient quelques huttes aux toits pointus.

— C'est le commencement de Paris, dit Mitou à sa soeur. Ce doit être la cité ou peut-être l'île Saint-Louis.

J'ai affirmé plus haut que les hommes qui vivaient en ce temps demeuraient dans des cavernes. Ceux que nous venons de voir sont un peu plus civilisés. Ils savaient déjà construire des habitations qu'ils plaçaient de préférence dans des îles ou sur des plates-formes dressées sur pilotis au milieu des lacs. Ceci pour échapper aux surprises des bêtes féroces.

— Nous sommes avec les Gaulois, dit Toti.

— Tu confonds tout... Les Gaulois ne viendront que bien plus tard.

Le cortège s'était arrêté devant un gros rocher posé à plat sur deux autres rochers plus petits et enfoncés en terre.

Nos amis avaient été en vacances en Bretagne.

— Qu'est-ce qu'on va nous faire ? demande Toti, redevenue inquiète. Est-ce qu'on va nous immoler ?

— Heu !... je ne crois pas.

Mitou, dans le fond, n'en est pas plus certain que ça. Cependant nos enfants, descendus des épaules de leurs porteurs sont à présent installés sur un tapis de mousse et des guerriers en armes les protègent contre la curiosité des femmes et des enfants qui étaient sortis des huttes.

(A suivre)