Pouf
Iroh l'enfant des cavernes
1933

Cela s'est passé, il y a vingt mille ans, trente mille ans peut-être, vers cette époque imprécise que nous ne connaissons que par quelques débris fossilisés. Depuis quelques jours, le soleil, terreur de l'être humain (car on avait toujours peur qu'il ne tombât sur la terre en ce temps-là), le soleil errait, rougeâtre et sans rayons, dans un ciel chargé de vapeurs rousses, qui venaient sans doute des innombrables volcans en furie.

It happened perhaps twenty or thirty thousand years ago, in that imprecise time that we only know by some fossilized remnants. For some days, the sun, terror of the human beings (because one was always afraid that it might fall to earth at that time), wandered, reddish and without rays, in a sky filled with red steam, which probably came from the fury of innumerable volcanoes.

Ahi, l'intrépide chasseur, et sa douce compagne Orah, menaient la vie terrible et monotone de tous les hommes de l'âge de pierre. Ils habitaient dans une grotte naturelle, sorte de tanière située sur un monticule et parfaitement abritée du vent: ils étaient heureux. Orah excellait dans l'art de faire sécher le gibier dans le salpêtre et le sable fin pour les jours d'hiver et de pluie; elle savait en outre polir avec patience les haches de silex.

Ahi, the intrepid hunter, and his mild companion Orah, led the terrifying and monotonous life of all stone-age men. They lived in a natural underground cave, a kind of lair situated on a mound and sheltered perfectly from the wind: they were happy. Orah excelled in the art of drying game in saltpeter and fine sand for the days of winter and rain; and furthermore she was skilled at patiently polishing flint axes.

Or, ce matin-là, comme ils étaient à la chasse, Ahi découvrit trois oursons et se mit en devoir de les assommer à coups de massue. Mais, tandis qu'il en restait encore un de vivant, Orah intervint: « C'est mal, Ahi, de tuer des petits qui ont une mère, féroce c'est possible, mais qui pleurera à son retour... Songe que nous avons notre fils Iroh, et le désespoir que nous éprouverions si nous le trouvions égorgé! » Ahi se laissa convaincre, parce qu'il considérait que l'ourson épargné serait un joli jouet pour son fils chéri. Car, Iroh, chétif et de nature exceptionnellement douce, ne les accompagnait pas à la chasse... A quelque temps de là, Iroh est seul, comme de coutume, dans la caverne paternelle. Il somnole dans les peaux des bêtes tuées la veille. Des quartiers de viande sèchent au soleil, au dernier soleil qui précède les grandes pluies d'automne. Son père et sa mère s'activent à la chasse dans la forêt et dans la plaine... Il est temps de compléter les provisions pour les mauvais jours tout proches.

However, that morning, as they were hunting, Ahi discovered three bear cubs and went in to stun them with his club. But while one was still alive, Orah intervened: "It is no good, Ahi, to kill these children that have a mother, ferocious no doubt, but one who will cry at her return... Imagine our son Iroh, and the despair we would feel if we found him slaughtered!" Ahi let her convince him, because he thought that the spared cub would be a pretty pet for his beloved son. Because, Iroh, of mild and of unusually soft nature, didn't accompany them on the hunt... At those times, Iroh was alone, as usual, in the family cave. He dozed on the skins of beasts killed before. Quarters of meat dried in the sun, the last sun that preceded the heavy rains of fall. His father and mother hurried their hunt in the forest and the plain... It was time to complete their stores for the bad days coming soon.