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La Conquête du feu
Editions Paris-Solde ca. 1945

page 4

Ils marchent depuis des jours. Un rugissement formidable les cloue sur place.

Balooh lance un ordre. Tous s'élancent derrière lui.

Ils s'engagent dans un sorte de couloir qui s'ouvre entre les blocs de roches.

Le lion à bondi. Deux hommes sont atteints par ses terribles griffes.

Les rochers se resserrent. Les hommes on peine à passer. Le lion ne pourra les suivre.

Délaissant les deux cadavres qu'il vient de faire, le fauve géant pénètre a son tour dans les rochers.

Bientôt Balooh arrive à un étroit passage. Il ordonne à deux hommes de rester pour retenir le lion.

Puis il contourne rapidement l'entassement de rochers.

Arrivés a l'entrée, ils l'obstruent en y entassant des blocs. Le lion est prisonnier !

Et tous, du haut des rochers frappent le lion qui ne peut les atteindre et succombe.

Ils dépouillent le lion. Ce sera un magnifique trophée qui prouvera leur courage.

Des jours et des jours après la petite troupe qui a encore perdu deux hommes, morts de fiévre, arrive dans une plaine.

Comme chaque soir, ils campent allument du feu, dont le matin suivant, ils placent une partie dans le vase que religieusement ils transportent.

Un bruit comparable à celui d'un ouragan les réveille.

Précipitamment Balooh grimpe sur un arbre pour voir ce qui produit ce bruit de cataclysme.

C'est un innombrable troupeau de mammouths qui déferle, renversant et broyant tout sur son passage.

Ils vont être emportés, piétines, anéantis... ? Non ... Balooh donne un ordre.

Les hommes empilent des broussailles et du bois de manière à former un énorme bûcher...

Puis Balooh y met le feu et les hommes grimpent dans les arbres.

Il était temps ! Les premiers mastodontes sont à quelques mètres du petit bois qui abrite les hommes.

Balooh ne s'était pas trompé. Le feu effraie les gigantesques pachydermes qui s'écartent et galopent de chaque côte du brasier.

Pendant des heures, les bêtes défilent. Le feu est éteint mais le chemin est fait et toutes contournent le petit bois.

Le danger effroyable passé les hommes redescendent à terre avec joie. Ils saluent le feu qui les a sauvés.

De nouveau, ils arrivent au fleuve qu'ils doivent traverser.

Ils trouvent un gué assez profond. Ils traversent, mais deux hommes glissent et se noient.

Enfin ils arrivent en vue de leur caverne. On les y attend avec impatience.

On ne sont plus que deux mais ils rapportent le feu. On les accueille comme des sauveurs.

La vie reprend... le précieux feu est revenu...