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Traces 3, 1992

 

Une lecture existentielle
d'Une Confidence de Maigret de Georges Simenon

Waclaw RAPAK

 

« J'essaie de mettre dans mes romans un certain
message qui n'existe pas à proprement parler »
Georges Simenon, L'âge du roman

 

TOUT choix est arbitraire. Le mien l'est d'autant plus qu'il repose sur une idée que je me suis faite, il y a quelques années déjà, pendant la lecture d'Une Confidence de Maigret, qui était d'avoir affaire à un univers romanesque qui, à certains égards, m'imposait une association d'idée avec la problématique présente dans l'écriture philosophique et romanesque d'Albert Camus. Cette impression était demeurée purement subjective, pour ne dire pas impressionniste; et ce n'est que maintenant que je me propose de convertir cette réminiscence en une double lecture des textes qui, me semble-t-il, entretiennent un dialogue que j'appellerais volontiers transtextuel1; l'intertextualité étant réservée dans cette proposition aux relations consciemment établies, avouées ou suggérées soit par le texte, soit par l'auteur lui-même. Ainsi, si dialogue transtextuel il y a, l'enquête que je voudrais mener ne s'ouvrira pas sur une question d'influences, mais sur celle d'éventuelles ressemblances entre les messages philosophiques de Camus et de Simenon. Si chez ce dernier, il y en a un qui soit à dégager. Une telle enquête paraît, par ailleurs, s'apparenter en quelque sorte aux principes du type d'enquête qu'on dit communément propre au commissaire Maigret; il me faudra certainement revenir sur ceci dans la partie qui suit cette petite introduction.

La conception simenonienne « d'un certain message qui n'existe pas à proprement parler », telle que l'on peut la déduire de la citation mise ici en épigraphe, se trouve en parfait accord avec ce qu'avait remarqué Albert Camus à propos du roman en tant que genre quand il présentait, aux lecteurs d'Alger Républicain, La Nausée de J.-P. Sartre: « Un roman n'est jamais qu'une philosophie mise en images. Et dans un bon roman toute la philosophie est passée dans les images. [...] Et cette fusion secrète de l'expérience et de la pensée, de la vie et de la réflexion sur son sens, c'est elle qui fait le grand romancier » 2.

Sans vouloir, ni avoir à porter de jugement de valeur sur la création littéraire de Simenon, en ayant conscience, néanmoins, de la différence qu'il fit à de nombreuses reprises entre ses Maigret et ses romans sérieux, il est à noter qu'Une Confidence de Maigret constitue un bon exemple du roman policier simenonien — l'exemple alors de ce « quelque chose de léger » 3, selon sa propre expression — qui non seulement fait passer un certain message, mais, plus encore, se construit autour du message en question. Autrement dit, le message existential (pour me servir du terme qu'emploie Camus dans ses Essais) s'y manifeste de facon directe et indirecte en même temps. C'est ce message que l'on trouve à l'origine d'Une Confidence de Maigret qui, me semble-t-il, s'avère être à différents degrés et niveaux, la confidence fondamentale que fait au lecteur averti Maigret, commissaire — policier — fonctionnaire, qui marque ses prises de position par une opposition radicale au magistrat Coméliau, son supérieur hiérarchique à la Police judiciaire. Il est à noter que cette confidence acquiert une perspective enrichissante avec le personnage du docteur Pardon, figure symétrique et complémentaire, néanmoins essentielle à la réflexion existentielle que le texte prend en charge. Peut-être serait-il abusif d'y mettre simultanément Josset, suspect — inculpé — condamné, la victime (?) de l'interrogatoire et du procès que l'on lui a intenté. Ceci paraît possible dans la mesure où l'on sait en quoi consiste la méthode propre au commissaire Maigret, que Simenon lui-même résume en une substitution à la vie des autres4 et que Lacassin présente comme « son souci de s'identifier à la victime ou à ses proches » ; ce qui fait, toujours selon l'auteur de la Mythologie du Roman Policier, que « Maigret se trouve, à chaque enquête, dans la position d'un acteur condamné à composer sans cesse de nouveaux rôles à partir d'un mince canevas  » 5. La galerie des personnages présents dans l'univers d'Une Confidence de Maigret, vue sous cet angle généralisant, voire totalisant, m'amène à n'y distinguer qu'un problème de nature existentielle où la distribution des rôles en fait plusieurs personnages. Cela étant dit, il ne me reste qu'à poser une question encore qui est de savoir si, dans un tel contexte, l'auteur — en tant que personne assumant l'entière responsabilité scripturale — ne serait pas sujet à être impliqué dans cette confidence.

Il est à noter qu'en réalité le roman de Simenon constitue une longue série de confidences qui partent presque toutes d'un savoir acquis tout au long de la carrière professionnelle du commissaire qui, par ailleurs, n'en est pas toujours satisfait:

« [...] Moi aussi, il m'est arrivé un certain nombre de fois — dit-il au docteur Pardon6 — de souhaiter d'avoir choisi un autre métier » 7.
La cause en est identique pour Maigret et pour Pardon. Le narrateur la rend explicite dans un commentaire particulièrement intéressant:
« L'un comme l'autre, de par leur métier, le métier qu'ils avaient choisi, se trouvaient parfois obligés de faire un choix et ce choix-là décidait du destin d'autrui, [...] Rien de romantique dans leur attitude. Ni accablement, ni révolte. Seulement une certaine gravité mélancolique » (p. 33)
Pour Maigret, son métier se résume le mieux en deux notions-clé — le devoir et le rôle — qui sont, en fait, les deux faces d'une même attitude professionnelle privée de romantisme. Si, dans le corpus des Maigret, le devoir ne semble pas nécessiter de larges explications, la gravité mélancolique qui — notons-le — supplée ici le manque de révolte, en demande quelques-unes. Je serais enclin à donner comme première la conception du rôle, telle qu'elle se manifeste dans le texte. D'un côté, Maigret soutient que:
« De toute façon, notre rôle (celui de la Police Judiciaire) n'a jamais été de juger » (p. 15)
de l'autre, un temps après, il ajoute sur un ton moins catégorique:
« Nous n'en sommes pas moins obligés de nous demander s'il est possible que... Et c'est juger quand même  » (p. 16)
Les hésitations de Maigret à cet égard continuent, et elles vont de plus en plus en profondeur: elles sont à l'origine de sa gravité mélancolique8.

Peut-on parler à ce propos d'une sensibilité absurde que Camus pose comme problème majeur de son Mythe de Sisyphe? Quoique la réponse puisse paraître exagérée et qu'elle reste toujours provisoire, je me hasarderai à répondre par l'affirmative.

Hésitant, tourmenté de scrupules, le Maigret d'Une Confidence n'arrive jamais à accepter l'attitude du juge Coméliau, « appliquant la loi à la lettre  » 9. Sans la moindre méchanceté, Maigret dit de lui:

« Je ne pense pas qu'il ait jamais connu le doute. Sereinement, il sépare les bons des mauvais, incapable d'imaginer que des gens puissent se trouver entre les deux camps  » (p. 35)
Tout ceci place Coméliau à l'opposé de l'idéal que Maigret s'était fait de sa profession et qu'il essaie de mettre en pratique quotidienne à la Police Judiciaire:
« Nous avons le devoir de douter de tout, — dit-il — de chercher ailleurs, de ne négliger aucune hypothèse...  » (pp. 172-173)
Le devoir, posé en valeur authentique, condamne ainsi Maigret à rejeter toute idée préconçue au sujet de tout suspect. S'il aime à répéter que tout est possible, ce n'est pas pour douter des autres10, mais, plutôt, pour voir clair, ce qui signifie pour lui voir en profondeur, parce que telle est sa vision de l'existence humaine, comme il l'explique au docteur Pardon:
« [...] dès qu'un crime est commis, rien n'est plus simple. Les faits et gestes de dix, de vingt personnel, qui paraissaient naturels quelques heures plus tôt se présentent tout-à-coup sous un jour équivoque » (p. 172)
Nous ne sommes pas bien loin, me semble-t-il, de certaines remarques épistémologiques d'Albert Camus:
« La première démarche de l'esprit est de distinguer ce qui est vrai de ce qui est faux. Pourtant dès que la pensée réfléchit sur elle-même, ce qu'elle découvre d'abord, c'est une contradiction » 11.
Cette contradiction, Maigret l'assume dans le texte d'Une Confidence dans la même mesure que devra le faire le lecteur, une fois sa lecture terminée.

À dire vrai, par ce biais, la question de l'être et du paraître qu'on trouve au fond de ce texte dépasse le cadre de la fiction du roman de Georges Simenon.

Cependant, avant de développer cette idée et d'y apporter une conclusion valable, aussi bien pour le textuel que pour l'extratextuel du roman discuté, il me faut encore revenir à la fiction apparemment policière. Adrien Josset, l'inculpé, celui que le commissaire Maigret veut comprendre et non pas juger, celui qui se dit jusqu'à la fin innocent et dont Maigret dit au cours de l'interrogatoire que « La veille, il appartenait encore à ce monde-là » 12, c'est-à-dire au monde que l'on dit souvent normal, Josset donc présente un cas particulier, si l'on veut s'en tenir aux strictes normes du genre policier. Le dire étranger, au sens qu'impose le personnage de Meursault du roman de Camus, serait indubitablement trop dire. Néanmoins, il n'est pas impossible de comparer sa situation au status de l'étranger défini par Camus dans Un raisonnement absurde (première partie du Mythe de Sisyphe) en ces termes:

« Un monde qu'on peut expliquer même avec de mauvaises raisons est un monde familier. Mais au contraire, dans un univers soudain privé d'illusions et de lumière, l'homme se sent un étranger » 13.
Contrairement à Meursault, la nature de Josset n'est pas celle d'un étranger. Il devient étranger à force de s'être retrouvé dans une situation existentielle qui l'a soudain privé d'illusions et de lumière et qui a dû provoquer en lui la naissance d'un sentiment d'exclusion. Dans la première partie de l'interrogatoire, quand il gardait encore quelque espoir,
« Il avait besoin de convaincre n'importe qui, un autre homme que lui-même  » 14,
tandis que durant le procès, son attitude subit une métamorphose décisive et Josset ne manifeste plus que de l'indifférence que les autres, juges et public, prennent pour du mépris. Ce faible vaniteux — selon l'expression du procureur — se voit condamné par l'opinion publique bien avant la fin du procès qui se déroule dans un climat de haine créée contre lui. Soutenant son innocence, s'efforçant de défendre son être contre le paraître de l'opinion publique, il a tout le monde contre lui. Comme dit le narrateur:
« On ne pardonne pas non plus à quelqu'un de nier ce qui apparaît comme l'évidence et pour tout le monde, le crime de Josset était évident » (p. 146)
Dans de telles circonstances Josset cède, il s'abandonne. A. Camus constate:
« Un homme sans espoir et conscient de l'être n'appartient plus à l'avenir  » 15.
L'absurde de la situation de Josset tient sûrement à différents facteurs. L'attitude qu'il garde et qu'il avoue même devant le commissaire Maigret est celle d'un fataliste. Maigret, pour sa part, en fournit une autre explication, non moins révélatrice, quant il oppose aux imbéciles « qui ont le plus de chances de s'en firer » :
« L'homme intelligent (qui) éprouve le besoin de s'expliquer, de dissiper les doutes dans l'esprit de son interlocuteur. S'efforçant de convaincre, il va au devant des questions qu'il il prévoit, fournit trop de détails et, dans son obstination à bâtir un système cohérent, finit par donner prise » (p. 78)
Ainsi, par une ironie du sort, Josset tombe dans son propre piège. Bien qu'à maintes reprises il se dise conscient du fait que dans la situation où il est suspect et, plus tard, inculpé, tout peut se retourner contre lui. Son sentiment de la fatalité, sa sensibilité extrême, sa faiblesse enfin, trouvent une autre illustration dans la scène de son entretien imprévu avec le père de sa maîtresse — par ailleurs, cette séquence constitue une mise en abîme de tout le procès. À ce moment-là, Josset dit à propos de lui-même:
« Et moi, qui ne me reprochais rien quelques instants plus tôt, [...] je me sentais soudain coupable  » (p. 57)
C'est à double sens que la situation de Josset s'avère sans issue. Du moment où il se voit inculpé et, par la suite, interrogé, il éprouve une vraie peur existentielle. Quand il fait un tel aveu à Maigret, celui-ci cherche à comprendre quels en sont les motifs et pose la question:
« — Peur d'être arrêté ?
— D'être questionné ? répond Josset » (p. 82)
En conséquence, il a contre lui non seulement les autres, derrière qui il y a le poids du paraître, mais aussi lui-même, sa nature qu'il est en train de découvrir dans une situation incontestablement existentielle et, en dernière instance, son être. N'est-il vraiment pas fondé d'évoquer là la notion de sentiment de l'absurde qui rappelle et renvoie en même temps à l'univers camusien de L'Étranger et à l'univers kafkaien du Procès; tout ceci, évidemment, en pleine conscience des différences et des proportions qui sont à garder ?

Puisque je suis aux ressemblances, il est à noter, quoiqu'en merge, que la description que G. Simenon fait du comportement du public et de l'atmosphère de haine et d'indifférence qui domine pendant le procès de Josset rappelle de près l'évocation de l'attitude du public médiéval pendant les exécutions, telle qu'on la trouve dans les Réflexions sur la guillotine d'Albert Camus.

Stanko Lasic, dans son exellent ouvrage Poetika kriminalistickog romana (Poétique du roman policier), remarque que « la peine constitue cet élément du roman policier qui permet au romancier d'exprimer pleinement sa conception de la vie et de la société » 16. À cet égard, Simenon a choisi une solution ambiguë, ou plutôt, équivoque; la seconde épithète me paraît étymologiquement plus adéquate. Dans Une Confidence de Maigret sa parole véhicule constamment une double signification, au sens de l'affirmation et de la négation, et cela de facon consécutive. Son porte-parole, le commissaire Maigret, répond ainsi à la question du docteur Pardon qui lui demande s'il croit — 20 ans les séparent du procès et de l'exécution de Josset — que celui-ci était innocent:

« Il y a vingt ens, lorsque j'étais encore jeune dans le métier, j'aurais peut-être répondu oui sans hésiter. Depuis, j'ai appris que tout est possible, même l'invraisemblable  » (p. 181)
À vrai dire, une telle réponse — dire « peut-être » et le compléter par « sans hésiter » — semble paradoxale. D'autant plus que tout le récit de l'interrogatoire que Maigret présente à Pardon (et au lecteur) suggère l'innocence de Josset. Ainsi, contrairement au verdict positif du vrai jury fictif, Pardon (et tout lecteur virtue!) se trouve plutôt du côté de l'acquittement, c'est-à-dire du verdict négatif. La réponse paradoxale citée plus haut fait que le doute négatif de Maigret (l'innocence de Josset), sans se convertir tout-à-fait en un doute positif, prend la forme d'un doute général (tout est possible). Et le résultat est que sur cette voie Maigret jette le doute chez Pardon (et le lecteur) sur la certitude que Josset, lors de l'exécution, était innocent. Par conséquent, l'image de la société et de ses institutions, comme, par ailleurs, le jugement de valeur porté ainsi sur l'existence humaine, deviennent moins négatifs. Cependant, ce n'est toujours pas la fin du récit de Maigret. Le jeu du doute continue. Il s'avère que le but définitif de G. Simenon n'était pas de donner au lecteur l'avantage d'être entre les deux camps — entre la certitude et l'incertitude, bien que pour tout individu humain de toute époque un tel avantage soit toujours douteux. Pour provoquer une prise de conscience radicale, Simenon a ajouté à son roman une séquence finale où un suspect propose à Maigret de négocier un compromis contre une information qu'il dit intéressante pour le commissaire. Il s'agit d'un certain Popaul s'étant vanté au Vénézuela d'avoir commis le crime de Josset. La dialectique du doute jeté sur le doute déjà existent n'est rien d'autre que la mise en marche d'un raisonnement dont Camus a dégagé le « paradoxe apparent qui mène la pensée à sa propre négation par les voies opposées de la raison humiliée et de la raison triomphante » 17. À partir de la formulation générale que le roman policier est un genre littéraire dont la fiction a pour but de rétablir l'ordre, Une Confidence de Maigret de Georges Simenon sème le doute et établit le désordre. Le doute est ici par exellence existential. Il concerne le destin individual, mais aussi la société et ses lois.

Parallèlement, c'est aussi la littérature qui est concernée, et, plus précisément, le genre policier où Simenon excellait. Une Confidence de Maigret constitue l'exemple d'un jeu ironique que son auteur mène avec les lois du genre et ses contraintes normatives. L'invitation à la prise de conscience entraîne une prise de distance, même à ce niveau où il ne s'agit plus que des conventions du roman à énigme. Chez le Georges Simenon d'Une Confidence de Maigret, cette énigme est d'une autre nature et d'un autre ordre.


Notes
1.   Le sens que je propose ici à la transtextualité n'est pas celui que donne à ce terme G. GENETTE, Palimpsestes, la littérature au second degré, Seuil, 1982.
2.   A. CAMUS, Essais, Gallimard, 1965, « Bibliothèque de la Pléiade  », p. 1417.
3.   Cit. d'après F. BRESLER, L'Énigme Georges Simenon, Balland, 1983, p. 111.
4.   Q. RITZEN, Simenon, avocat des hommes, Le livre Contemporain, 1961, p. 100.
5.   F. LACASSIN, La Mythologie du roman policier, vol. 2, Union Générale d'Éditions, 1987, coll. « 10/18  », p. 10.
6.   Au commencement de la fiction de base où la fiction policière est enchâssée.
7.   G. SIMENON, Une Confidence de Maigret, Presses de la Cité, 1959, p. 15.
8.   Peut-être, n'est-il pas sans intérêt de rappeler ici que le premier titre de La Nausée de Sartre était Mélancolie, proche de l'étymologie grecque.
9.   G. SIMENON, op. cit., p. 123.
10.   Cela veut dire le contraire d'une admirable réplique qu'on trouve dans Hiroshima, mon amour de M. Duras — « Je suis d'une moralité douteuse, je doute de la moralité des autres  » .
11.   A. CAMUS, op. cit., p. 109.
12.   G. SIMENON, op. cit., p. 28.
13.   A. CAMUS, op. cit., p. 101.
14.   G. SIMENON, op. cit., p. 37.
15.   A. CAMUS, op. cit., p. 121.
16.   S. LASIC, trad. polonaise: Poetyka powiesci kryminalnej, PIW, 1976, p. 124 — le fragment citeé est dans ma traduction.
17.   A. CAMUS, op. cit., p. 133.

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