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[English translation]

Voyage à Paris

13 au 16 avril 2007

Murielle Wenger

Presque 25 ans après mon premier et unique séjour dans la capitale française, me voici de retour dans la ville de Maigret. Depuis longtemps, j'avais envie de parcourir les rues et les boulevards décrits par Simenon. Que reste-t-il de la ville racontée par Simenon ? Est-ce que l'ombre de Maigret hante encore les rues parisiennes ? Peut-on retrouver dans la ville actuelle les traces du passage de notre commissaire favori ?

Un plan de Paris dans une main, le livre de Michel Carly ("Maigret, traversées de Paris") dans l'autre, je pars à la recherche de mes souvenirs…

J'ai passé quatre jours à Paris, et j'ai vu beaucoup de choses, qui ne concernent pas toutes Maigret. C'est pourquoi l'"itinéraire" que je vais vous raconter est un condensé de mes déambulations, focalisé sur les lieux de Simenon, et qui ne tiendra pas forcément compte de l'ordre chronologique de celles-ci. Par contre, le parcours que je vous propose est matériellement réalisable, mais à faire en fonction du temps à votre disposition et de votre résistance à la marche. En effet, je pense que la meilleure façon de découvrir la ville est de le faire à pied, comme Maigret, piéton flâneur impénitent…

L'itinéraire que je vais vous proposer n'est bien sûr qu'une variante parmi tant d'autres que l'on peut faire à travers la capitale, et il est évident qu'il ne pourrait pas se faire en un jour. Mais il vous serait toujours possible de reprendre le parcours à partir d'un lieu décrit, en l'utilisant comme point de repère.

Parcours A:   le quartier latin
Parcours B:   l'île de la Cité
Parcours C:   Louvre et Tuileries
Parcours D:   les "beaux quartiers"
Parcours E:   Montmartre
Parcours F:   le faubourg Saint-Honoré
Parcours G:   le Marais
Parcours H:   boulevard Richard-Lenoir et quai de Valmy
Parcours I:   les Grands Boulevards

cliquez sur les photos pour les agrandir

 

Parcours A: le quartier latin

Dès l'arrivée à la Gare de Lyon, nous sommes accueillis par le son caractéristique de Paris: celui des sirènes des voitures de police, qui vont nous accompagner tout au long de notre séjour. Nous débutons le parcours en passant sur le pont d'Austerlitz (photo 1).


1. le pont d'Austerlitz

A gauche du pont, l'entrée de l'Institut Médico-Légal (photo 2).


2. l'entrée de l'Institut Médico-Légal

Ensuite, nous allons nous rendre au centre de la ville en longeant la Seine: le bas des quais est aménagé, en moins en partie, pour les piétons, avec de la verdure, du gazon et des fleurs, tandis que la circulation est très dense en haut des quais, et peu accueillante pour les promeneurs. Donc, après avoir traversé le pont d'Austerlitz, nous passons au bas du quai Saint-Bernard: au début du Jardin Tino Rossi est amarré le bateau de la Brigade fluviale de la Préfecture de police. Au bord de l'eau, nous croisons quelques péniches (ah, Maigret !). Nous traversons le jardin du Musée des sculptures en plein air, avant de rejoindre le haut du quai.

Laissant à notre droite le pont de Sully, nous empruntons le boulevard Saint-Germain, très touristique. A notre guise, nous déambulons dans les rues, en choisissant l'itinéraire que nous voudrons à travers le quartier latin: plusieurs endroits évoquent quelque chose pour les lecteurs de Maigret et / ou les amateurs d'histoire parisienne: la place Maubert, la rue des Ecoles, le boulevard Saint-Michel, le musée de Cluny, le jardin du Luxembourg. On pourra chercher, derrière le jardin du Luxembourg, le 33 rue Vavin, où fut donné le fameux bal anthropométrique: aujourd'hui, il n'y a plus qu'une grille devant une vitrine vide, et plus de trace du cabaret de la Boule blanche… Nous pourrons ensuite prolonger jusqu'au boulevard Montparnasse, et passer devant la Coupole, la brasserie où se déroule une bonne partie de l'action de La Tête d'un Homme.

Nous montons ensuite au Panthéon, que nous contournons pour rejoindre la rue Lhomond. Difficile d'y localiser l'action de Maigret en meublé, car les maisons ont l'air d'avoir beaucoup changé. De plus, Simenon, dans les romans, écrit souvent: "c'était à deux pas" de telle ou telle rue. Sur place, c'est moins évident: est-ce que la rue Lhomond est vraiment "à deux pas " du boulevard Saint-Germain ? Deux grands pas, alors!

Après la rue Lhomond, nous remontons la rue Mouffetard: touristes, boutiques et bistrots, avant d'arriver à la petite place de la Contrescarpe. De là, nous prenons la rue du Cardinal-Lemoine; au numéro 48, au fond d'une cour, nous allons y chercher la Bibliothèque des Littératures Policières (BILIPO), un endroit que l'on se doit de ne pas rater quand on est Maigretphile ou simenonien: dans cette petite bibliothèque tranquille, on trouve tout ce qui concerne Simenon et son personnage: tous les écrits ayant paru sur l'auteur, depuis les biographies, les essais, le Télérama hors-série sur Maigret, jusqu'aux numéros de la revue TRACES et les Cahiers Simenon. De plus, les amateurs de littérature policière y découvriront nombre de références sur le sujet, y compris des livres sur les séries télévisées, des ouvrages de criminologie et tant d'autres choses…

 

Parcours B: l'île de la Cité

Quand nous aurons contenté notre soif de littérature, nous reprendrons notre chemin par la rue des Fossés Saint-Bernard. Dédaignant la passerelle de fer du pont de Sully, nous repassons au bord de Seine, sous le quai de la Tournelle. Nous apercevons, au-delà du pont de la Tournelle, le chevet de Notre-Dame (photo 3).


3. le chevet de Notre-Dame

Empruntons ce pont de pierre pour nous rendre sur l'île Saint-Louis. Nous traversons la rue Saint-Louis-en-l'île, très touristique, mais jolie. Au bout de la rue, le pont Saint-Louis qui nous amène sur l'île de la Cité. Nous voilà au chevet de Notre-Dame.

Nous longeons la cathédrale et nous arrivons sur la place du Parvis. Au bout de celle-ci, la Préfecture de police (photo 4)


4. la Préfecture de police

avec la queue des gens qui viennent chercher qui un passeport, qui un permis de circulation, qui un papier quelconque...Prenons la rue de la Cité à notre droite, puis le quai de la Corse. Nous voilà sur le boulevard du Palais, avec devant nous le Palais de Justice. Continuons par le quai de l'Horloge, la Conciergerie (photo 5),


5. la Conciergerie

remarquons les nombreux policiers en faction, et nous arrivons rue de Harlay. En face du grand escalier du Palais de Justice (photo 6),


6. le Palais de Justice

la Place Dauphine est là, avec la maison du Barreau, c'est-à-dire l'ancienne brasserie Aux trois Marches, autrement dit la Brasserie Dauphine (photo 7)


7. l'ancienne brasserie Aux trois Marches, autrement dit la Brasserie Dauphine

Poussons une pointe sur la place du Pont-Neuf: à la droite du Pont, une vue sur la statue du roi Henri IV, la Samaritaine et au fond St-Germain-l'Auxerrois (photo 8).


8. la statue du roi Henri IV

Derrière nous, la taverne Henri IV (photo 9).


9. la taverne Henri IV

Si nous traversons le pont à gauche, nous arriverons rue Dauphine, et à la Chope du Pont-Neuf (photo 10).


10. la Chope du Pont-Neuf

La soif de Maigret apaisée après le passage dans les trois bistrots, nous voilà prêts à longer le quai des Grands-Augustins, à la recherche des "Caves du Beaujolais", d'où le petit Albert a téléphoné à Maigret (Maigret et son mort). Un café nommé "Le Bistro des Augustins" évoque assez la chose: depuis là, on voit les fenêtres du Quai des Orfèvres (et celle de Maigret ?), et l'intérieur du café correspond assez à l'idée que l'on peut se faire en lisant le roman…

Nous pouvons longer le quai des Grands-Augustins jusqu'au pont Saint-Michel, y photographier l'horloge qui se trouve à côté de l'entrée du métro (photo 11),


11. l'horloge qui se trouve à côté de l'entrée du métro

ainsi que prendre une vue sur la Tour Pointue (photo 12),


12. une vue sur la Tour Pointue

puis traverser le pont et nous retrouver sur le quai des Orfèvres. Il n'y a plus qu'à longer celui-ci pour trouver –enfin ! – notre mythique bâtiment, et le photographier sous toutes les coutures (photos 13 à 17).


13. le Quai des Orfèvres


14. le Quai des Orfèvres


15. le Quai des Orfèvres


16. le Quai des Orfèvres


17. le Quai des Orfèvres

N'oublions pas l'écusson qui explique l'histoire du bâtiment et qui mentionne le commissaire Maigret ! (photos 18-19)


18. l'écusson qui explique l'histoire du bâtiment


19. l'écusson qui explique l'histoire du bâtiment

Lorsque nous aurons tout admiré, nous irons prendre le Pont-au-Change, qui est en face du pont Saint-Michel, et depuis là nous aurons deux itinéraires possibles, selon que nous prendrons à droite ou à gauche après le pont.

 

Parcours C: Louvre et Tuileries

Commençons par la gauche: nous voici quai de la Mégisserie, qui comporte encore quelques marchands d'oiseaux, mais surtout des boutiques de fleuristes. Après avoir passé devant l'église de Saint-Germain-l'Auxerrois (photo 20),


20. l'église de Saint-Germain-l'Auxerrois

nous longeons le quai du Louvre, avant de prendre à droite afin de nous retrouver entre le palais du Louvre et le jardin des Tuileries (photos 21-22).


21. entre le palais du Louvre et le jardin des Tuileries


22. entre le palais du Louvre et le jardin des Tuileries

Nous traversons ce dernier et nous arrivons place de la Concorde: elle a effectivement des dimensions "planétaires" comme l'écrit Simenon dans Maigret et son mort, mais elle n'a rien de désertique en pleine journée, au contraire: cela grouille de touristes, et la circulation débouchant du pont de la Concorde est terriblement dense. Sur la place, le portier de l'Hôtel Crillon est rutilant dans son uniforme…

D'ici, nous avons le choix: les amateurs d'art pourront se rendre au pont Alexandre III, manifestation de grandiloquence inouïe, bien en accord avec l'architecture du Palais de la Découverte, érigé pour l'Exposition Nationale de 1900, comme la gare d'Orsay. Si on traverse le pont, on arrivera au musée du Quai d'Orsay, qui renferme les trésors de la peinture impressionniste… De là, on pourra emprunter le passage Solférino, la passerelle Senghor, piétonnière et qui permet de traverser la Seine en évitant la circulation automobile des ponts. Nous revoici devant le jardin des Tuileries et libre à nous de reprendre un des parcours proposés, D, F ou G

 

Parcours D: les "beaux quartiers"

Pour notre part, nous resterons de ce côté de la Seine, et nous nous engagerons sur l'avenue Winston-Churchill et la place Georges-Clemenceau (notons au passage la présence des statues des deux grands hommes): au loin, nous découvrons la perspective des Champs-Elysées, avec, tout au fond, l'Arc de Triomphe. Hélas, impossible d'en faire une photographie depuis le trottoir: pour bien voir l'Arc de Triomphe, il faudrait se mettre au milieu de la route, une entreprise plus que dangereuse au vu de la circulation dense qui y règne, ce qui nous amène à penser que les réalisateurs qui ont filmé cette perspective l'ont fait soit très tôt le matin, soit ils ont fait bloquer la circulation !

Ensuite, nous nous rendons, par la rue de notre choix, à l'église Saint-Philippe du Roule, puis nous empruntons la rue de Courcelles, qui va nous amener au parc Monceau. On comprend aisément pourquoi ce parc est un endroit de rêve pour Maigret: les arbres y sont magnifiques, on y jouit d'une grande tranquillité, et cela évoque en effet la vie "paisible" des quartiers riches (photo 23).


23. le parc Monceau

Après une pause dans ce parc, et la dégustation, si c'est la bonne heure, d'un sandwich dont le pain baguette se rapproche du croustillant des sandwichs dévorés par Maigret, nous aurons à choisir de nouveau un itinéraire: soit nous redescendons vers la Seine, soit nous remontons en direction de Montmartre. Je vous présenterai ici les deux variantes, et à vous de choisir celle que vous voudrez, en fonction de vos envies!

 

Parcours E: Montmartre

Depuis le parc Monceau, nous prenons le boulevard de Courcelles, dont les immeubles cossus évoqueront pour nous aussi bien Fumal dans Un échec de Maigret, que Nicole Prieur dans Maigret se défend; nous continuons par le boulevard des Batignolles, et nous ne manquerons pas le "pèlerinage" obligé devant l'hôtel Bertha, rue Darcet, l'endroit où Simenon a débarqué le 11 décembre 1922: l'hôtel porte toujours le même nom, et il ne paie pas de mine!

Nous voici à la place Clichy, qui va nous permettre de monter la rue Caulaincourt et nous rendre à Montmartre. Au coin de la rue Joseph-de-Maistre, un hôtel qui se trouve, d'après Michel Carly, à l'emplacement de la boucherie Moncin (Maigret tend un piège). Nous continuons de monter la rue Caulaincourt, et nous arrivons devant le Cépage Montmartrois, la brasserie qui correspond à Chez Manière, où Maigret a mangé plus d'une fois. A franchement parler, ce restaurant n'évoque qu'avec difficulté (du moins pour moi!) celui fréquenté par le commissaire… et je préfère en garder l'image que je m'en fais à travers les romans! La place Constantin-Pecqueur n'est pas non plus très "inspirante" (mais où donc pourrait bien habiter ce bougre de Lognon ?!)…

Nous prendrons ensuite les escaliers du Mont-Cenis qui nous amèneront place du Tertre: la place est "bourrée" de touristes, au milieu se trouve un restaurant, dont les tables extérieures sont presque cachées par les "peintres du dimanche" qui offrent leurs toiles aux chalands… De la place du Tertre, nous rejoindrons l'avenue Junot, très calme, si calme qu'on comprend que ce soit cette rue que les frères Mori aient choisi pour y déposer le cadavre de Marcia (Maigret et l'indicateur) ! La maison de Norris Jonker (Maigret et le fantôme) nous parle moins : la fameuse "baie vitrée" est vraiment petite et on imaginait "l'atelier de peintre" plus grand ! Par contre, la maison en face pourrait bien correspondre à l'immeuble habité par Marinette Augier ! De là, on pourra prendre par exemple la rue Lepic, qui nous amènera à la basilique du Sacré-Cœur, où nous aurons une "vue plongeante" sur Paris: on devine à gauche les tours de Notre-Dame, le reste est plus difficile à localiser, car noyé dans la "brume", pour ne pas dire le nuage de pollution…

Puis, pour marcher dans les traces de Maigret et de sa femme (Maigret s'amuse), on pourra redescendre par les escaliers Saint-Pierre, puis prendre la rue Steinkerque, une vraie "trappe à touristes" qui regorge de boutiques offrant, à quelques variantes près, les mêmes "souvenirs de Paris" plus ou moins kitsch… Mais ne boudons pas notre plaisir, puisque cela fait partie du jeu…

Au bas de la rue, nous arriverons au square d'Anvers: Très "provincial", très familial avec sa place de jeux, sa jolie vue sur le Sacré-Cœur et son kiosque de style 1900 (photo 24).


24. le square d'Anvers: un kiosque de style 1900

On comprend que l'endroit ait plu à Madame Maigret (L'Amie de Madame Maigret) ! Imaginons que son dentiste ait son cabinet dans l'un de ces deux immeubles (photos 25-26),


25. les immeubles du square d'Anvers


26. les immeubles du square d'Anvers

et puisque c'est l'heure de son rendez-vous, quittons Louise et prenons l'avenue Trudaine, qui nous mène à la place Lino Ventura, un minuscule triangle un peu tristounet et perdu au milieu de la circulation. Enfin, consolons-nous en nous disant que cet immense acteur a au moins une place à son nom ! De là, nous prenons la rue des Martyrs, puis le Faubourg Montmartre. Nous quittons ainsi Montmartre, un endroit relativement paisible, à part le grouillement des touristes, un peu en dehors de l'agitation des boulevards, et qui fait effectivement penser, comme l'a écrit Simenon, à un "village" en-dehors de la ville…

D'ici, nous pourrons emprunter le parcours G, qui sera décrit plus loin…

 

Parcours F: le faubourg Saint-Honoré

Ce parcours sera décrit en partant du parc Monceau, mais il pourrait très bien être fait dans l'autre sens, à partir du parcours C…

Depuis le parc Monceau, il s'agit de rejoindre, par la rue de notre choix, le faubourg Saint-Honoré: ici, tout évoque la richesse: les maisons sont belles, opulentes, le quartier est calme. Dans la rue Saint-Honoré, c'est le défilé des grands noms de la mode: boutiques de confection, bijouterie, horlogerie, sans oublier la place Beauveau, le ministère de l'Intérieur, l'arrière du palais de l'Elysée, la rue des Saussaies et l'ambassade d'Angleterre, le tout bien gardé par de nombreux policiers en faction. Et n'oublions pas les hôtels à 4 ou 5 étoiles, comme le Bristol, dont le portier galonné et à casquette pousse un chariot à bagages doré… Dans cette rue, nous pourrons faire un crochet par la place Vendôme, toute dorée de richesse, Dior au coin de la place… Que nous continuions par la rue Saint-Honoré ou que nous reprenions la rue Royale et ensuite la Rue de Rivoli, nous arriverons au Palais Royal, où nous admirerons la magnifique cour d'honneur, et où nous pourrons déambuler sous les arcades, en retrouvant les images vues dans l'épisode "Maigret et la jeune morte" dans la série avec Jean Richard…

A choix, depuis ici nous pourrons prendre le parcours G ou alors prendre la rue Richelieu et nous retrouver sur les Grands Boulevards (décrits dans le parcours I)

 

Parcours G: le Marais

A faire à partir du parcours F ou C ou B

Que nous venions depuis le Palais Royal (parcours F), ou depuis les Tuileries (parcours C), ou encore depuis le Pont-au-Change (parcours B), nous allons nous rendre au Forum des Halles, et photographier ce qui reste des anciennes halles (photo 27),


27. ce qui reste des anciennes halles

et évoquer "Le Ventre de Paris" d'Emile Zola. D'ici, soit nous empruntons la rue Montmartre, à l'entrée de laquelle se trouve un "mini marché" aux couleurs et aux senteurs qui rappelleront peut-être celles des halles, et nous pouvons soit monter le faubourg Montmartre, c'est-à-dire accomplir le parcours E dans l'autre sens; soit emprunter la rue Rambuteau et déboucher sur la place Beaubourg et découvrir le célèbre Centre Georges Pompidou, avant de sillonner à notre guise les rues alentour, qui constituent le Marais, doté d'une architecture bien conservée.

La rue des Francs-Bourgeois, au cœur du Marais, est bordée de fort beaux bâtiments. Elle nous mène tout droit à la place des Vosges, le plus bel endroit de Paris selon moi (photos 28-29) !


28. la place des Vosges


29. la place des Vosges

Tôt le matin, c'est une oasis de calme au cœur de Paris. Accordons-nous une pause pour admirer les marronniers en fleurs au centre de la place, faisons une photographie des fenêtres du numéro 21 où habita Simenon (et Maigret…) (photo 30),


30. les fenêtres du numéro 21 où habita Simenon (et Maigret…)

puis rejoignons la rue de Turenne pour retrouver le "Royal Turenne" (photo 31),


31. le "Royal Turenne" (autrement dit le Grand Turenne)

autrement dit le Grand Turenne, le café où les inspecteurs établissent leur QG dans L'Amie de Madame Maigret… La rue du Roi-de-Sicile a beaucoup changé depuis Maigret et son mort: on voit que cette rue est parallèle à la fois à la rue de Rivoli, rue riche et au Marais, devenu un quartier assez "chic". De là, nous prendrons la rue Saint-Paul, puis le quai des Célestins, après avoir fait un petit détour par le Pont-Marie, et repéré l'angle du Quai d'Anjou où Simenon avait amarré l'Ostrogoth (photo 32),


32. l'angle du Quai d'Anjou où Simenon avait amarré l'Ostrogoth

puis le quai Henri IV, ou mieux, pour éviter la circulation, très dense à cet endroit (la voie est faite pour rejoindre les périphériques), la rue de Sully et la rue Morlay, ce qui nous fera rejoindre l'angle du boulevard de la Bastille et du quai de la Rapée, afin de commencer le parcours suivant.

 

Parcours H: boulevard Richard-Lenoir et quai de Valmy

Ce parcours, à la suite du précédent, peut aussi être fait à partir du parcours A, où, à la sortie de la gare de Lyon, au lieu d'emprunter le pont d'Austerlitz, nous prendrons le boulevard de la Bastille. La voie automobile est bordée d'une voie piétonnière fort agréable, pleine de verdure (photos 33-34).


33. la voie piétonnière du boulevard de la Bastille


34. la voie piétonnière du boulevard de la Bastille

Place de la Bastille, la colonne de Juillet brille comme dans les romans… Nous empruntons à présent le Boulevard Richard-Lenoir, lui aussi plein de verdure (photos 35-37).


35. le Boulevard Richard-Lenoir


36. le Boulevard Richard-Lenoir


37. le Boulevard Richard-Lenoir

A l'entrée du métro Bréguet-Sabin, quittons un moment le boulevard pour prendre la rue du Chemin-Vert. A l'angle que fait celle-ci avec la rue Popincourt, devrait se trouver l'immeuble où habite le docteur Pardon. Difficile de repérer un tel bâtiment, la seule maison dans l'angle est un petit bâtiment de deux étages dont le rez-de-chaussée abrite un bar. Je n'imaginais pas vraiment la maison des Pardon ainsi… et c'est plutôt boulevard Voltaire que nous trouverons des maisons plus proches de celles des romans… Ce boulevard Voltaire est ce qui me paraît le mieux représenter les immeubles du temps de Maigret, avec ses balcons en fer forgé (photo 38).


38. le boulevard Voltaire

Retrouvons le boulevard Richard-Lenoir, toujours aussi fleuri au-dessus des bouches de métro. A la hauteur de l'entrée du métro Richard-Lenoir, une façade qui ressemble à celle de "Catoire et Potut" (photo 39),


39. l'entrée du métro Richard-Lenoir

et, en face, environ à la hauteur du numéro 62, un immeuble qui aurait pu être celui de Maigret (photo 40).


40. en face d'entrée du métro Richard-Lenoir

Rendons-nous jusqu'au numéro 132, beaucoup plus loin, mais cette maison me paraît moins correspondre à celle des romans (photo 41).


41. numéro 132, boulevard Richard-Lenoir

C'est un peu comme si Simenon avait fait un amalgame entre l'entrée du métro, la façade de "Catoire et Potut", et une adresse "trop éloignée" de là, mais un numéro 132 plus vraisemblable si Maigret habite "à deux pas" de l'avenue de la République…

Tout au bout du boulevard Richard-Lenoir, le quai de Valmy et le quai de Jemmapes. Difficile d'y retrouver l'ambiance de Maigret et le corps sans tête, car le quartier a subi de grandes transformations au niveau des bâtiments. Heureusement, il reste la poésie du canal Saint-Martin et de l'écluse (photos 42-44),


42. le canal Saint-Martin et l'écluse


43. le canal Saint-Martin et l'écluse


44. le canal Saint-Martin et l'écluse

et le restaurant "L'Atmosphère" (photo 45),


45. le restaurant "L'Atmosphère" qui correspond au bar "Chez Popaul" du roman

qui correspond au bar "Chez Popaul" du roman.

Depuis ici, on pourra au choix rejoindre le parcours E par la rue La Fayette, soit entamer le parcours I.

 

Parcours I: les Grands Boulevards

A faire depuis le parcours H, ou depuis le parcours F

Depuis la place de la République, nous empruntons la rue René-Boulanger, ancienne rue de Bondy. Nous y trouvons l'un ou l'autre bâtiment qui aurait pu être celui de "Kaplan et Zanin" (Maigret et l'homme du banc). Nous arrivons devant la Porte Saint-Martin (photo 46)


46. la Porte Saint-Martin

et le Théâtre de la Renaissance (est-il encore hanté par l'ombre de Sarah Bernhardt ?) (photo 47).


47. le Théâtre de la Renaissance

Puis nous partons à la recherche du banc où s'est assis Louis Thouret: eh bien, en parcourant tout le Boulevard Bonne-Nouvelle, et tout le Boulevard Saint-Martin, nous n'avons trouvé qu'un seul banc (photo 48) !


48. le banc où s'est assis Louis Thouret !

Il est situé juste en face du Théâtre de la Porte Saint-Martin. Un peu plus loin sur le boulevard Saint-Martin, un "passage Meslay" qui pourrait correspondre à l'impasse où on a retrouvé le cadavre de Thouret.

Il faut beaucoup "naviguer" dans ces boulevards pour retrouver les lieux de l'action décrits dans Maigret et l'homme du banc; c'est un peu comme si Simenon avait fait un amalgame entre différents endroits des Grands Boulevards, pour en tirer la description d'une rue mi-imaginaire, mi inspirée du réel…

Conclusion

Voilà donc quelques idées de balades à travers Paris, agrémentées des impressions recueillies au cours de mon séjour. J'aimerais terminer par quelques réflexions plus générales à propos de la ville.

Pour découvrir Paris, il est nécessaire de se munir d'un plan: la ville est grande! Un bon plan est nécessaire pour déambuler comme je l'ai fait, et de préférence aussi un bon sens de l'orientation…

Les Parisiens aiment les fleurs (nombreuses boutiques de fleuristes, fleurs des quais et du boulevard Richard-Lenoir) et les arbres (nombreux parcs, jardins, squares et allées); les petits marchés de fruits se rencontrent à tous les coins de rues.

Si l'on cherche un peu d'air et de fraîcheur en cas de chaleur, rejoindre les berges de la Seine, ou les hauteurs (Montmartre, par exemple), ou les musées…

Pour découvrir la ville sous un autre visage, on peut aussi s'offrir un tour en "batobus", les bateaux qui sillonnent la Seine depuis la Tour Eiffel, jusqu'au bout de l'île Saint-Louis, qu'ils contournent avant de longer l'autre rive. On peut y monter ou en descendre à sa guise à l'étape que l'on veut.

Je comprends que Maigret s'arrête souvent dans les bistrots: la soif est constante, à la fois à cause de la chaleur, de la poussière et de la marche: se munir de boissons peut s'avérer utile…

Il est assez difficile de retrouver l'atmosphère des rues décrites dans les Maigret, car non seulement elles ont beaucoup changé, mais elles ont aussi été idéalisées par Simenon. En traversant certaines rues, on pourrait se croire dans n'importe quelle ville française, mais c'est le talent – et le génie – de Simenon d'avoir fait de ces rues quelque chose de poétique et d'unique, magnifié par l'écriture…

J'ai aussi l'impression qu'il va être de plus en plus difficile pour le touriste maigretphile de retrouver la ville de Maigret: qu'en restera-t-il dans une vingtaine d'années ? Il faut espérer que certains bâtiments soient bien protégés par un plan urbanistique, et que les Parisiens n'oublieront pas trop leur histoire au profit de la modernité…

Si je suis contente d'avoir pu "mettre un visage" sur certaines rues et bâtiments décrits par Simenon, je crois que sa "ville idéalisée" continuera à me parler tout autant que la "vraie ville"… L'imaginaire va continuer de jouer son rôle, et il faut se dire que le Paris de Maigret – et de Simenon – est surtout dans les romans, avec sa propre véracité et sa propre authenticité romanesque…

Murielle Wenger
avril 2007

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