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Le consentement à l’activité sexuelle:
l’enseignement de Georges Simenon

Gilles Renaud

Juge - Cour de justice de l’Ontario (division provinciale)

le 20 août 1998

1) Introduction:

Bien que la phrase “Mais la raison n’est pas ce qui règle l’amour(1) illustre bien la question épineuse du consentement libre et entier à l’activité sexuelle, le Code criminel cherche néanmoins à définir la portée du consentement qu’une personne puisse former. De fait, les modifications récentes apportées à cette loi ont créé une nouvelle infraction: soit le crime d’exploitation sexuelle d’une personne handicapée. L’art. 153.1 vise à réprimer le crime d’exploitation sexuelle des personnes ayant une déficience mentale ou physique. Il s’agit de proscrire l’abus d’une situation d’autorité; en d’autres mots, le législateur a cherché à protéger les personnes qui vivent une situation de dépendance.(2) Le para. (2) contient une définition du "consentement", à savoir: “sous réserve du paragraphe (3), le consentement consiste, pour l’application du présent article, en l’accord volontaire du plaignant à l’activité sexuelle. Le paragraphe 3 traite de la restriction de la notion de consentement. Cette disposition législative calque presque parfaitement les alinéas de l’art. 273.1 du Code criminel portant sur le consentement aux activités sexuelles.

Il sera donc utile d’examiner de quelle façon le législateur a cherché à restreindre le consentement que ces personnes puissent donner à l’activité sexuelle. Notre objectif est de tenter de mieux comprendre les multiples facettes de la notion du consentement, tel que prévu par le texte législatif qui a été sanctionné le 12 mai 1998. Toutefois, il ne s’agit pas de revoir en enfilade la jurisprudence qui se dégage de l’interprétation de dispositions semblables portant sur les aggressions sexuelles. Bien que fort utile, cette méthode nous semble moins intéressante qu’une revue de citations tirées de romans de Simenon, autant psychologiques que policiers. Par exemple, s’il était question de la possibilité d’abus sexuel par une personne jouissant d’un ascendant qui découle de facteurs économiques et de l’âge, il serait opportun de citer La reine c. Ewanchuk (1998), 13 C.R. (5th) 324 (C.A. Alta.). Cependant, nous croyons qu’il est plus aisé de retenir en mémoire les notions de base d’une telle situation d’abus à la lecture de passages tirés de romans. Citons, en guise d’exemple, ce qui suit: “... nous savions que les femmes se donnent quand elles ont faim.(3) Ainsi, notre plan nous verra regrouper ces facettes de façon thématique conformément aux alinéas a) à e) du para. 153.1(3) afin d’illustrer des situations qui peuvent empêcher la formation d’un consentement libre ou entier. Bien sûr, il est difficile de repérer des exemples d’abus de personnes ayant une déficience mentale ou physique. Donc, la plupart des renvois illustrent des situations d’abus par des personnes en situation d’autorité.

2) Les restrictions de la notion du consentement:

a) Est nul le consentement qui est exprimé par un tiers:

L’al. 153.1(3)(a) énonce ce qui suit: Le consentement du plaignant ne se déduit pas, pour l’application du présent article, des cas où: a) l’accord est manifesté par des paroles ou par le comportement d’un tiers. Ainsi, le consentement qu’une personne qui est en situation d’autorité pourrait soulever en réponse à une accusation en vertu de l’art. 153(1) est vicié ab initio s’il n’est pas donné par la personne ayant une déficience mentale ou physique. Par exemple, dans La vieille,(4) il est question d’une jeune femme qui doit subir des aggressions sexuelles de la part de personnes chez qui elle doit porter une lettre, qui est écrite par son compagnon, et au moyen de laquelle il cherche à quémander de l’argent. Ainsi, les prêteurs interprêtent sa présence chez eux comme une invitation à l’activité sexuelle qui leur est faîte par le compagnon. Il serait d’autant plus répréhensible si la personne qui devait livrer la lettre était frappée d’une déficience mentale ou physique car elle serait encore moins apte à se défendre.

Et que dire de l’exemple que nous offre Simenon dans son roman La porte où le parent d’une jeune fille déclare: “Ainsi, c’est vous qui voulez m’enlever ma fille!... Elle me jure que vous avez l’intention de l’épouser devant le maire... C’est vrai, ça"... Cela ne vous suffit pas de la trousser comme les autres"(5) S’agissant d’une personne visée à l’art. 153.1 ou pas, on peut facilement concevoir une situation d’abus sexuel découlant d’une telle “permission” ou “invitation”.

Enfin, citons un passage que l’on retrouve dans L’aîné des Ferchaux: “On l’accusa ... d’avoir abusé à maintes reprises de son ascendant sur les femmes de ses employés.(6) Ainsi, si le conjoint avait “offert” son épouse au patron, et que celle-ci était visée à l’art 153.1, l’accord de celle-ci ne serait pas valable. De fait, la situation serait la même avec une personne qui n’est pas visée par ce texte mais on peut envisager qu’elle ne serait pas aussi vulnérable, de façon générale. Seule la personne qui participe à l’activité sexuelle peut donner un consentement plein et entier.

b) La situation d’une personne incapable de former tout accord

L’al. 153.1(3)(b) énonce ce qui suit: Le consentement du plaignant ne se déduit pas, pour l’application du présent article, des cas où: b) il est incapable de le former. Un premier exemple implique la personne qui est endormie. Tel que discuté dans le roman La vieille, précité, aux pages 284-5, une jeune femme se réveille et se rend compte qu’il y a trois personnes couchées avec elle dans son lit. Elle ne peut pas donné un accord à son insu, lors de son sommeil. Aussi, dans L’ours en peluche(7), on peut lire: “Quand il s’était penché pour lui toucher l’épaule, elle ne s’était pas éveillée. Elle avait seulement frémi des pieds à la tête, comme si cet attouchement venait s’insérer dans son rêve.” Encore une fois, de tels gestes sont illégaux même si la personne impliquée n’ést pas visée à l’art. 153.1. Par ailleurs, Le coup de vague nous livre cet exemple d’une personne incapable de consentir par raison d’ivresse: “On l’avait soûlée. Puis, comme Jourin voulait la prendre devant les autres et qu’elle s’était débattue, on l’avait attachée sur le lit, les mains et les pieds aux quatre coins.(8) En ce sens, l’adage que cite Simenon dans Les cent mille francs de p’tite madame à l’effet que “Qui ne dit mot consent” n’a pas sa place dans une société civilisée.(9)

Quant à une victime qui est handicapée, citons l’exemple tirée du roman L’écluse no 1: “Peut-être n’a-t-il même pas eu besoin d’user de la force, car elle n’a pas conscience de ses actes.(10)

c) L’abus de confiance ou de pouvoir vicie le consentement

Tel que discuté ci-dessus, le législateur a imposé une restriction de la notion de consentement afin de nullifier tout accord s’il est, primo, manifesté par des paroles ou par le comportement d’un tiers et, secundo, si la personne impliquée dans l’activité sexuelle est incapable de le former. Le législateur a également déclaré au moyen de l’al. 153.1(3)(c) que le consentement du plaignant ne se déduit pas, pour l’application du présent article, des cas où l’accusé l’engage ou l’incite à l’activité sexuelle par abus de confiance ou de pouvoir. Il est d’intérêt de noter que la version anglaise traduit “l’engage” au moyen du vocable “counsels”.

Ainsi, est coupable d’une aggression sexuelle contrairement à l’art. 153.1 une personne qui est en situation d’autorité ou de confiance vis-à-vis d’une personne ayant une déficience mentale ou physique ou à l’égard de laquelle celle-ci est en situation de dépendance et qui l’engage ou l’incite à l’activité sexuelle suite à l’abus de cet ascendant. En guise d’exemple, relevons qu’une prostituée déclare que: “... je suppose que je dois faire ça avec le fils de la patronne.(11) Non seulement peut-on prétendre à bon droit la nullité d’un tel accord dans le cas d’une personne adulte qui n’est pas protégée par la refonte du Code criminel qui est l’objet de cet article, mais à plus forte raison dans le cas d’exploitation sexuelle d’une personne handicapée. Simenon reprend souvent le thême du patron qui exploite sexuellement ces employées mineures, comme le font foi les exemples qui suivent. Notons en premier un M. Clément qui exploite sexuellement ses bonnes dans le roman Marie qui louche;(12) deuxièmement, relevons le cas de Charlotte, la domestique, qui est aggressée par son patron dans L’escalier de fer et qui s’attendait à ce qui allait arriver; un troisième exemple nous vient du roman Maigret se trompe où il est question d’un médecin qui abuse de son autorité au point ou une infirmière déclare: “Je savais, comme tout l’hôpital, que la plupart des infirmières y passaient un jour ou l’autre...”.(13) Laissant de côté la question évidente à savoir si de tels gestes constituent des agressions sexuelles au sens de l’art. 271 du Code criminel s’il s’agit de personnes adultes ne souffrant pas d’handicaps, peut-on douter de la réponse dans le cas de personnes ayant une déficience mentale ou physique?

De fait, cette phrase que nous retrouvons dans le roman Les témoins résume bien cette idéologie qui justifie l’abus: “Elle avait dû être surprise qu’il ne lui demande rien et, au début, chaque fois qu’il leur arrivait d’être seuls, elle semblait attendre le geste auquel elle était tellement habituée. Dans son esprit, n’était-ce pas la timidité, ou la peur de sa femme, qui empêchait son patron d’agir comme les autres"?(14)

Le monde du romancier nous offre aussi maints exemples de pupilles de l’Aide à l’enfance ou d’orphelinats qui sont exploitées, exemples qui pourraient aussi bien être puisés parmi les receuils de jurisprudence. Ainsi, un personnage de Simenon déclare: “J’avais douze ans quand mon oncle a commencé à me caresser en me forçant à le caresser aussi ... A treize ans et demi, il m’a prise et m’a fait très mal... Recueillie chez eux par charité, je ne pouvais pas refuser...”.(15) La page 134 du roman Le suspect fait état de l’abus d’une pupille de l’assistance publique: “... quand elle avait douze ans, on avait découvert que le fermier abusait d’elle...”.(16) De même, dans Le riche homme, il est question de l’abus systématique d’une jeune fille de 15 ans qui est orpheline et qui a été placée chez un fermier à titre de bonne.(17) L’idée ne lui vient pas à l’esprit de se plaindre...

Au sujet de l’incapacité de se plaindre de ces jeunes victimes vulnérables, voir Long cours, “Quand je suis arrivé à Paris, je suis entrée comme bonne à tout faire ... Une cuisine d’un mètre de large, sans air, sans lumière. N’empêche que le patron y accourait dès que sa femme était sortie. ... Vous devinez la suite, n’est-ce pas" Je n’ai pas osé refuser. J’étais bête.(18) Le bourgmestre de Furnes contient aussi le récit d’un employeur qui a des rapports sexuels avec domestique qui “... ne dit rien”.(19) Citons aussi La veuve Couderc: “Vous vous souvenez de la pauvre Juliette"... Une gamine de quatorze ans, qui n’avait ni père ni mère... Elle avait encore l’âge de jouer à la poupée et la pauvre petite n’osait rien dire, tant elle avait peur...”.(20)

Enfin, un exemple puisé dans le roman Le suspect qui implique une pupille de l’assistance publique: “... quand elle avait douze ans, on avait découvert que le fermier abusait d’elle...”.(21)

d) Les cas où l’absence d’accord est communiquée à l’autre partie

L’al. 152.1(3)(d) manifeste l’intention du législateur de nullifier tout consentement possible dans les cas où le plaignant manifeste, pas ses paroles ou son comportement, l’absence d’accord à l’activité. D’emblée, il est souvent difficile d’évaluer le comportement d’une personne qui n’a pas dit un mot avant l’activité sexuelle et qui n’a pas semblé s’y opposer. Il est vrai que le monde du romancier nous offre plusieurs exemples de consentements muets, de consentements qui sont communiqués au moyen des yeux. Par exemple, le contravenant dans Lettre à mon juge relate au juge d’instruction que “Alors, des yeux, rien que des yeux, elle a eu l’air de me poser une question, de me demander pourquoi je ne venais pas m’asseoir à côté d’elle. J’ai hésité. ... Gauchement, j’ai traversé l’allée qui nous séparait.” “Vous permettez?” “Un oui des yeux, toujours des yeux."(22)

Le train, à la page 50, nous livre l’exemple suivant: “Nos bouches se sont rencontrées, aussi mouillées l’une que l’autre. Je n’ai pas pensé à lui demander, comme au cours de mes expériences de jeune homme: "Je peux?’ Je pouvais, puisqu’elle ne s’inquiétait pas, puisqu’elle ne me repoussait pas, qu’elle me retenait au contraire en elle".(23) Simenon discute aussi de cette question aux pages 472-473 du roman Une vie comme neuve:(24)

“C’est lui qui vous l’a demandé?” ... “Non.” “C’est vous?” “Non plus.” “Alors?” “Il m’a regardée en devenant un peu rouge et a retiré ses lunettes. Puis il a toussoté et a posé ses deux mains sur mes hanches.” “Comment savait-il?” “Que je voulais bien?” “Oui.” “Il m’avait regardée et il avait compris.” “C’est magnifique!”

Au contraire, certaines situations laissent voir sans ambages que la personne a été agressée, qu’importe les gestes ou les paroles exprimés. Parmi les exemples de ces viols ou d’aggressions sexuelles que nous livre Simenon retenons Maigret au Picratt’s. Il n’y avait aucun doute que la victime avait été agressée en raison de son désarroi et des marques de violence que portaient ses vêtements.(25) Un policier consigne les commentaires qui suivent à la page 827 du roman Feux rouges: “Elle s’est défendue courageusement, comme le prouve l’état de ses vêtements et les meutrissures qu’elle a sur le corps".(26)

Et, comme de raison, la vie de tous les jours et les romans nous offrent des exemples de consentements qui sont pleins et entiers et qui sont le résultat d’une demande explicite. Dans Marie qui louche,(27) nous pouvons lire: “Simplement, sans aucune gêne, il avait demandé en tendant la main vers son corsage: On peut toucher?” La réponse: “Si vous y tenez.” À ce sujet, il faut prendres des mesures raisonnables, dans les circonstances, pour s’assurer du consentement. Voir le para. 265(3) du Code criminel. De façon particulière, il faut contrôler le sens véritable des mots. Par exemple, dans Maigret et l’homme du banc, une prostituée demande à Maigret: “Vous voulez?” Il répond, “Merci.” Elle questionne donc en demandant: “Merci, oui?” et Maigret répond: “Merci, non".(28)

L’al. 152.1(3)(d), à notre sens, cherche à interdire l’activité sexuelle dans les cas où le plaignant a manifesté l’absence d’accord, soit de façon verbale, soit autrement.

e) Le consentement devient nul si l’accord est rompu

Au demeurant, grâce à l’al. 153(1)(3)(e), le législateur a déclaré qu’une personne peut changer d’avis et ainsi mettre fin à l’accord intervenu entre les parties. Cette disposition prévoit que le consentement du plaignant ne se déduit pas, pour l’application du présent article, des cas où: e) après avoir consenti à l’activité, il manifeste, par ses paroles ou son comportement, l’absence d’accord à la poursuite de celle-ci. Il importe de soulever que nous prenons pour acquis que tout geste sexuel antérieur était sous la coupe d’un consentement valable, et non pas le type de “faux” consentement décrit par Simenon dans le roman Les clients d’Avrenos: “Elle n’avait qu’à dire non! Je ne l’aurais pas prise de force!"(29)

Deux types de cas sont bien connus. Soit qu’à une étape ou l’autre de l’activité, une personne manifeste, par ses paroles ou son comportement, l’absence d’accord à la poursuite de celle-ci. Il se peut qu’elle croyait donner son accord à un ou des gestes précis, et ne croyait pas qu’il y aurait un autre type d’activité sexuelle. Soit que la personne ait tout simplement décidée de ne pas poursuivre l’activité. Dans un cas comme dans l’autre, lorsqu’elle manifeste son choix de mettre fin à l’activité, l’accord est rompu et tout geste à caractére sexuelle qui s’ensuit serait à l’encontre du Code criminel.

Plusieurs problèmes se posent à ce niveau. Nous allons tenter de les identifier brièvement, en enfilade. Premièrement, est-ce que l’autre partie à l’activité sexuelle doit accepter cette décision de mettre fin à l’accord sur-le-champ" Peut-elle chercher à convaincre son partenaire à reprendre l’activité et même d’entreprendre d’autres activités sexuelles? Dans Les gens d’en face nous lisons: “Adil bey avait l’habitude de la guetter, au moment où elle allait partie, à la soirée. Elle répondait oui d’un signe de tête, avec toujours le même sourire, ou bien elle disait: Non Et, quand elle avait dit non, elle n’écoutait pas ses prières. C’était non!(30)

Un deuxième problème est soulevé par la soumission. Si une personne est disposée à être impliquée à des activités sexuelles pour une raison quelconque mais sa participation est si passive qu’il semble qu’elle ne fait que subir les gestes, peut-on prétendre à bon droit qu’elle manifeste ainsi qu’elle retire son accord? Il nous semble que non. Un excellent exemple de cette situation se retrouve à la page 448 du roman Le chat: “Au début, ils avaient essayé d’avoir les mêmes rapports intimes. Cela n’avait pas marché. Intimidés tous les deux, ils avaient l’impression qu’à leur âge les gestes qu’ils faisaient maladroitement devenaient ridicules... Qui sait? Aux yeux de Marguerite, c’était peut-être un sacrilège. ... Elle était résignée. Puisqu’ils étaient mariés, son nouveau mari avait le droit de disposer de son corps.(31) Le coup de lune nous fournit un autre exemple. “Avait-elle deviné son désir? Était-elle amoureuse ou simplement docile, parce qu’il était un blanc?(32) Peut-on invoquer la résignation, la docilité comme étant des éléments du consentement valable? Si oui, il faut aussi poursuivre l’analyse et se demander à quelle étape cette participation passive manifeste l’absence d’accord de poursuivre l’activité sexuelle.

Un dernier problème, qui s’apparente à celui de la soumission, est celui de la résignation. Il sera utile de souligner qu’il nous semble impossible, hormis de très rares exceptions, d’invoquer la résignation comme un élément permettant de prétendre qu’il y avait accord au début de l’activité. Et, de toute façon, lorsqu’il est évident qu’il y a situation de résignation, tout accord est rompu. Un exemple tiré de la page 184 du roman Le testament Donadieu illustre bien qu’il y a peu de différence entre la résignation et l’absence d’accord à l’activité sexuelle: “Il voyait que Nine, après s’être farouchement raidie, au point qu’il sentait jaillir tous ses muscles, se résignait d’un air morne et regardait de côté, pour ne pas apercevoir son visage".(33)

3) Conclusion:

Il est difficile pour un juge, pour des raisons évidentes, de livrer des conclusions qui pourraient être controversées. Notre objet étant de fournir un survol de situations de faits afin d’illustrer la complexité des notions du consentement plein et entier aux activités sexuelles, il incombe maintenant aux avocat(e)s de faire avancer la jurisprudence grâce à leurs plaidoiries...


(1) Voir le Misanthrope de Molière (1666), à l’acte 1, scène 1, vers 248.

(2) Voici le texte du para. 153.1(1): “Est coupable soit d’un acte criminel et passible d’un emprisonnement maximal de cinq ans, soit d’une infraction punissable sur déclaration de culpabilité par procédure sommaire et passible d’un emprisonnement maximal de dix-huit mois, toute personne qui est en situation d’autorité ou de confiance vis-à-vis d’une personne ayant une déficience mentale ou physique ou à l’égard de laquelle celle-ci est en situation de dépendance et qui, à des fins d’ordre sexuel, engage ou incite la personne handicapée à le toucher, à se toucher ou à toucher un tiers, sans son consentement, directement ou indirectement, avec une partie du corps ou avec un objet.

(3) Voir Les trois crimes de mes amis, Tout Simenon, Volume 21, Presses de la Cité, 1992, Paris, à la p. 56. Voir aussi La neige était sale, Tout Simenon, Volume 3, Presses de la Cité, 1988, Paris, à la p. 144: “Kromer est vicieux. Il court après les gamines, surtout les gamines pauvres parce que c’est plus facile, et il les choisit très jeunes.” Le chien jaune, Tout Simenon, Volume 16, Presses de la Cité, 1991, Paris, nous fournit cet exemple, à la p. 313: “N’empêche qu’ils abusaient un peu, quand ils débauchaient toutes les gamines des usines... Il y a du chômage... Alors, avec de l’argent... toutes ces filles”. Enfin, voir L’outlaw, Volume 22, Tout Simenon, Presses de la Cité, 1992, Paris, à la p. 639: “N’avait-il pas des droits, puisqu’il l’avait recueillie, quasi mourante de faim?”

(4) Tout Simenon, Volume 10, Presses de la Cité, 1990, Paris, à la p. 301.

(5) Voir Tout Simenon, Volume 11, Presses de la Cité, 1990, Paris, à la p. 227. Le soulignement est de nous.

(6) Tout Simenon, Volume 25, Presses de la Cité, 1992, Paris, à la p. 304.

(7) Tout Simenon, Volume 10, Presses de la Cité, 1990, Paris, à la p. 553.

(8) Tout Simenon, Volume 21, Presses de la Cité, 1992, Paris, à la p. 804. Voir Le petit restaurant des Ternes, Tout Simenon, Volume 5, Presses de la Cité, 1988, Paris, à la p. 221: “Elle était vautrée -- oui, vautrée -- sur la banquette cramoisie du Monaco, et il n’y avait plus besoin de lui mettre son verre en main ... Après chaque rasade, elle éclatait de rire ...”.

(9) Tout Simenon, Volume 22, Presses de la Cité, 1992, Paris, à la p. 1100.

(10) Tout Simenon, Volume 18, Presses de la Cité, 1991, Paris, à la p. 530.

(11) Voir La neige était sale, précité, à la p. 187.

(12) Tout Simenon, Volume 5, Presses de la Cité, 1988, Paris, à la p. 646.

(13) Tout Simenon, Volume 7, Presses de la Cité, 1989, Paris, à la p. 39.

(14) Tout Simenon, Volume 7, Presses de la Cité, 1989, Paris, à la p. 648. Voir aussi Le grand Bob, Tout Simenon, Volume 7, Presses de la Cité, 1989, Paris, à la p. 767: “... qu’il lui arrivait d’aller retrouver l’une ou l’autre des ouvrières dans sa chambre. Adeline, la dernière venue, à peine âgée de vingt ans, était du nombre.”

(15) Voir Les anneaux de Bicêtre, Tout Simenon, Volume 11, Presses de la Cité, 1990, Paris, à la p. 802.

(16) Tout Simenon, Volume 21, Presses de la Cité, 1992, Paris.

(17) Tout Simenon, Volume 15, Presses de la Cité, 1991, Paris, aux pp. 13-14 et 70-71.

(18) Tout Simenon, Volume 19, Presses de la Cité, 1992, Paris, à la p. 584

(19) Tout Simenon, Volume 22, Presses de la Cité, 1992, Paris, à la p. 60.

(20) Tout Simenon, Volume 23, Presses de la Cité, 1992, Paris, à la p. 137.

(21) Tout Simenon, Volume 21, Presses de la Cité, 1992, Paris, à la p. 134.

(22) Tout Simenon, Volume 1, Presses de la Cité, 1992, Paris, à la p. 655.

(23) Tout Simenon, Volume 11, Presses de la Cité, 1990, Paris.

(24) Tout Simenon, Volume 5, Presses de la Cité, 1988, Paris.

(25) Tout Simenon, Volume 5, Presses de la Cité, 1988, Paris, à la p. 332.

(26) Tout Simenon, Volume 6, Presses de la Cité, 1988, Paris.

(27) Précité, aux pp. 719-720.

(28) Tout Simenon, Volume 6, Presses de la Cité, 1989, Paris, à la p. 419. Un exemple semblable se retrouve à la p. 456 du roman Antoine et Julie: “Du café.” “Merci.” “Merci, oui?” “Merci, non.” Tout Simenon, Volume 6, Presses de la Cité, 1989, Paris.

(29) Tout Simenon, Volume 19, Presses de la Cité, 1992, Paris, à la p. 361.

(30) Tout Simenon, Volume 18, Presses de la Cité, 1991, Paris, à la p. 682.

(31) Tout Simenon, Volume 13, Presses de la Cité, 1990, Paris.

(32) Tout Simenon, Volume 18, Presses de la Cité, 1991, Paris, à la p. 335.

(33) Voir Tout Simenon, Volume 20, Presses de la Cité, 1992, Paris. Voir également La Marie du port, Tout Simenon, Volume 21, Presses de la Cité, 1992, Paris, à la p. 535: “... elle était déjà résignée ...”.

 

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