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Ciné-Révélation
N° 216, pp 20-25
May 22, 1958

 

Maigret tend un piège

Maigret sets a trap

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"... after my father's death the Maurin Butcher Shop became the Barberot Butcher Shop... But you're not going to tell me that you suspect Barberot of these murders? That fool!... Oh no, that would be too much!"
 
—... à la mort de mon père, la boucherie Maurin est devenue la boucherie Barberot... Mais n'allez pas me dire que vous soupçonnez Barberot de ces meurtres ? Cet imbécile !... Ah non... ce serait trop drôle !...

The policemen gone, Yvonne returns to her room, where her husband joins her.
"Where were you last night? I called the Martin-Prévels — they were in bed! You too? Where? With whom?"

"I was followed all night long by the inspector — I didn't want to bring him here... I killed time..."

 
Les policiers sont partis. Yvonne regagne sa chambre. Son mari l'a rejointe.
—Où étais-tu cette nuit ? J'ai appelé les Martin-Prével : ils étaient couchés ! Toi aussi ? Où ? Avec qui ?

—J'ai été suivie toute la nuit par l'inspecteur. Je ne voulais pas l'amener ici... J'ai perdu du temps !...

"With what kind of tough? Admit it, you little tramp! You had to start again! You love them, don't you, your stevedores and ruffians! You like apes? You want me to slap you around? You know you deserve it, don't you?"
 
—Avec quel genre de frappe ? Avoue donc, petite saleté ! Alors, il a fallu que tu recommences ! Tu les aimes, hein ! les débardeurs, les brutes ? Ça te plaît, les singes ? Tu veux que je te gifle ? Reconnais que tu le mérites ?...

Devastated, Marcel collapses in tears on the bed.
"It's okay, it's over, don't cry. Does it hurt so bad? There... there... it's all right... you're burning up... my baby..."
 
Telle une loque, Marcel s'effondre en sanglotant sur le lit.
—Oui... Allons, c'est fini, ne pleure pas. Tu as donc tant de peine ? Là... là... c'est fini... tu es brûlant... mon tout petit...

Meanwhile, Maigret is knocking on another door, that of the widow Maurin, Marcel's mother.
"Do you want to see me? About what? Yes, I am the owner of the building. Barberot told you? That grotesque, with his Mauricette, the tramp he married!
 
Maigret frappe à une autre porte : Celle de Madame veuve Maurin, la mère de Marcel.
—Vous désirez me voir ? A quel sujet ? Oui, je suis la propriétaire de l'immeuble. Barberot vous l'a dit ? Ce grotesque, avec cette Mauricette, la traînée qu'il a épousée !

"A portrait of you done by your son? That must have left a gap in your life, his leaving... Ah! When children get married! Such a charming boy..."

"He did it at fourteen years! Fourteen! But, you know him? What does he have to do with you?"

 
—C'est votre portrait fait par votre fils ? Ça a dû vous faire un vide, son départ ? Ah ! Quand les enfants se marient !... C'est un garçon charmant ...

—Il a fait cela à quatorze ans ! Oui, à quatorze ans ! Mais, vous le connaissez ? Qu'a-t-il à faire avec vous ?

"Ach... always this investigation. We interrogate left and right, him... you... I see he didn't go into his father's work..."
 
—Bah... toujours cette enquête. On interroge à droite, à gauche, lui... vous... Maintenant, je comprends qu'il n'ait pas pris la suite du papa...

"Marcel, a butcher? A butcher! Painting, sculpture, music... he has all the gifts! All, you hear!
Excuse me... the doorbell."

 
—Marcel, Boucher... Boucher ! La peinture, la sculpture, la musique... il a tous les dons ! Tous ! Vous entendez !...
Excusez-moi... on sonne.

"They want you on the phone at the butcher's," says Mme Maurin dryly.
Lucas, one of Maigret's men, has found Yvonne Maurin's companion of the night before, a gigolo, Georges Vacher, known as "Jojo".

As he listens, Maigret regards Mauricette, aware of the fact that she had been the mistress of Émile Maurin, Marcel's father.

"I've seen Mme Maurin. He's quite an artist, her son!"

"To have seen him with his mother! Poor child, he wasn't allowed to play, or anything... Yet, I had to slap him one day. He threw himself on me to kiss me. He was thirteen..."

 
—On vous demande au téléphone chez le boucher, a dit Mme Maurin sèchement.
Lucas, un homme de Maigret a retrouvé le compagnon de la nuit précédente d'Yvonne Maurin. C'est un gigolo qui se nomme Georges Vacher, dit "Jojo"...

En l'écoutant, Maigret regarde Mauricette. Il n'ignore pas qu'elle fut autrefois la maîtresse d'Émile Maurin, le père de Marcel.

—J'ai vu Mme Maurin. Dites donc, c'est un artiste, son fils !

—Il en a vu, avec sa mère ! Pauvre gosse, il n'avait pas le droit de jouer ni rien... Pourtant, un jour, j'ai dû le gifler. Il s'était jeté sur moi pour m'embrasser. Il avait treize ans...

Leaving the talkative Mauricette, Maigret goes to Jojo's hotel.
"Maigret... P.J... close it! I know your papers — Georges Vacher also known as 'Jojo the tomcat' and 'Cuddles,' age 37... charm dancer. Where were you last night?

"I ate at La Cucaracha. I left at one o'clock — classic story... housewife on a spree..."

 
En quittant la loquace Mauricette c'est à l'hôtel de Jojo que se rend le commissaire.
—Maigret... P.J... ferme-la ! Je connais tes papiers : Georges Vacher dit Jojo-le-Matou, dit Bébé-le-câlin... 37 ans... danseur de charme. Où étais-tu la nuit dernière ?

— J'ai dîné à la "Cucaracha." J'en suis reparti à une heure... histoire classique... bourgeoise en goguette...

"Their husbands ignore them... so one night they offer themselves an hour of dreams... all the same. Still, I'd be astonished to see her again..."

"She doesn't have any luck... a husband who ignores her... a lover who disappoints her... poor woman!"

 
—Un mari qui les délaisse... un soir, elles s'offrent une heure de rêve... Toutes les mêmes... enfin, je ne la reverrai plus ou ça m'étonnerait...

—Elle n'a pas de chance... un mari qui la délaisse... un amant qui la déçoit... pauvre femme !

"I never had the chance to disappoint her! Last night, nothing happened. I insisted — the cuddly side — but nothing... Women — it's bizarre!"

"There must be a reason! I hope you haven't been feeding me a line! I'll let you go... for today."

 
—J'ai pas pu la décevoir ! La nuit dernière, il ne s'est rien passé. J'ai insisté, le côté câlin... mais rien... C'est bizarre, les femmes !

—Faut se faire une raison ! J'espère que tu ne m'as pas raconté de craques ! Je te laisse... pour aujourd'hui...

Just as Maigret leaves the hotel, a taxicab stops. And Yvonne barely has time to get away without being noticed.
"I... I forgot something. Take me back to the quai de Blériot!"
 
A l'instant où Maigret sort de l'hôtel, un taxi s'arrête. Et Yvonne, pour se dissimuler à ses yeux, n'a que le temps de se rejeter en arrière.
—Je... J'ai oublié quelque chose. Ramenez-moi quai Blériot !

It looks like a restful evening for the commissioner. He has just finished dinner and is smoking his pipe, watching television, when the doorbell rings. Mme Maigret opens the door to an unexpected visitor.
"I... I came to exonerate myself in your eyes, to explain myself. May I? I'm not a petite bourgeoise who goes slumming... this is hard to say..."

"Well, since you're here, why not just tell me about it..."

 
Ce soir s'annonce paisible pour le commissaire. Il vient d'achever de dîner et fume la pipe en regardant la télévision quand un coup de sonnette attire Madame Maigret à la porte.

Celle-ci s'ouvre sur une visiteuse inattendue.

—Je... je suis venue me disculper à vos yeux, m'expliquer. Je peux ? Je ne suis pas la petite bourgeoise qui s'encanaille... c'est difficile à dire...

—Puisqu'on y est, le mieux serait peut-être de s'en débarrasser !


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