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Maigret of the Month: Maigret et le marchand de vin (Maigret and the Wine Merchant)
12/21/09 –

The entire structure of this novel is built on a binary principle of opposition, of contrast. Here are some determining elements...

  • First, the novel opens on a "parallel investigation" by Maigret, who is interrogating young Stiernet, even though it isn't this affair of the murder of an elderly woman which will occupy most of the plot.

  • Next, if at first the Chief Inspector focuses his investigation on the wine merchant, in other words, on the entourage of the victim, soon his attention will become concentrated on the murderer, and he will take first place in Maigret's preoccupations. Once more, the Chief Inspector will be interested in the reasons that push a man to commit a murder, which will lead him, if not to excuse, at least to understand those reasons. From there the novel concentrates on the relationship between the murderer and the Chief Inspector, and Simenon renews the thread used in the preceding novel, to the point of reusing similar elements, such as the phone calls from the murderer to Maigret, and the final visit to the Chief Inspector's home.

    However, with certain nuances... If, in TUE, Maigret – and Simenon behind him - were ready to excuse the Robert Bureau's action (his murderous impulses were caused by mental illness), in this novel, the Chief Inspector, while he feels a certain sympathy for Pigou, is however less prepared to admit that one can kill for humiliation. Maigret had certainly listened to Pigou, agreed with him that Chabut was someone hard, but the Chief Inspector tells him that Chabut himself had been humiliated, and that murder wasn't justified. Two passages in the novel apply here... In Ch. 7, Maigret says to Pigou: "He [Chabut] also needed to reassure himself... Each of us is more or less to be pitied. I try to understand. I make no attempt to assign responsibility to everyone." Maigret, it appears, had felt, if not sympathy, at least a certain attraction to Chabut's personality, and if he pitied Pigou, he did not excuse his actions. Consider the second passage, the last lines of the novel, which we can contrast with those of TUE:

    "From his box, Bureau found Maigret eyes, and give him a resigned smile. He seemed to say, "As I expected, isn't it?" When Maigret left, his shoulders were a little heavier." (TUE)

    "On the landing, Pigou turned. He had tears in his eyes. He looked at Maigret once more, as if to give himself courage. But wasn't it by self-pity that he was moved?" (VIN)

    These last words are significant. Maigret feels compassion for Pigou, but recognizes that Pigou had seen but his own humiliation when he had killed Chabut, and that he hadn't hesitated to end a human life to avenge that humiliation.

  • Other elements of the principle of contrast are presented. For example, the opposition between two worlds, two social levels. On one hand, the opulent world into which Chabut had introduced himself "by his own strength", a world summed up by images of the Place des Vosges apartment, the Avenue de l'Opéra offices, Mme Blanche's, and the fashionable relationships of Mme Chabut; and on the other hand, the world of Chabut's roots, represented by his father's little bistro, and the warehouses of Quai de Bercy.

  • And finally we note the opposition between the cold and snowy world of December, the world of outdoors, and the world of "inside", that of the cozy apartment where Maigret takes refuge, filled with the odors of framboise, the Sunday roast, which brings to the Chief Inspector "whiffs of his childhood". Between these two worlds, Maigret brings his cold, protected by the muffler knitted by Mme Maigret, and his cold gives him an excuse to let himself be "pampered" by his wife, a pleasure he seems to grudgingly accept... "pretending to grumble".
Murielle Wenger

translation: S. Trussel
Honolulu, December 2009

original French

Maigret of the Month - December 2009: Maigret et le marchand de vin (Maigret and the Wine Merchant)
1/5/10 – Photos of locations where some of the action takes place in Maigret et le marchand de vin...

rue Fortuny


A building on rue Fortuny - "The house was in the 1900s style, with sculpted stone around the windows, and arabesques"


Quai de la Tournelle


Quai de la Tournelle from a nearby bridge


Place des vosges

Jérôme

Maigret of the Month: Maigret et le marchand de vin (Maigret and the Wine Merchant)
12/21/09 –

Toute la construction de ce roman repose sur un principe binaire d'opposition, de contraste. Voici quelques éléments déterminants:

  • D'abord, le roman s'ouvre sur une "enquête parallèle" de Maigret, qui interroge le jeune Stiernet, alors que ce n'est pas cette affaire du meurtre d'une vieille mercière qui va occuper l'essentiel de l'intrigue.

  • Ensuite, si dans une première phase, le commissaire va focaliser son enquête sur le marchand de vin, autrement dit sur l'entourage de la victime, bientôt son attention va se concentrer sur le meurtrier, et celui-ci va prendre la première place dans les préoccupations de Maigret; une fois de plus, le commissaire va s'intéresser aux raisons qui poussent un homme à commettre un meurtre, ce qui va le conduire, sinon à l'excuser, du moins à comprendre ses raisons. Le roman se concentre dès lors sur la relation entre le meurtrier et le commissaire, et Simenon renouvelle la trame déjà utilisée dans le roman précédent, jusqu'à en reprendre des éléments fort semblables, tels que les coups de téléphone du meurtrier à Maigret, et la visite finale au domicile du commissaire. Avec des nuances cependant: si, dans TUE, Maigret – et Simenon derrière lui - était prêt à excuser le geste de Robert Bureau (ses pulsions meurtrières étant celles d'un malade), dans ce roman-ci, le commissaire, s'il éprouve pour Pigou une certaine sympathie, est cependant moins prêt à admettre que l'on puisse tuer quelqu'un par humiliation: Maigret a certes écouté Pigou, a admis avec lui que Chabut était quelqu'un de dur, mais le commissaire lui dit que Chabut lui-même a été humilié et que le crime ne se justifiait sans doute pas: deux passages du roman sont à ce titre significatifs: au chapitre 7, Maigret dit à Pigou: "- Lui [Chabut] aussi avait besoin de se rassurer [...] Chacun de nous est plus ou moins à plaindre. J'essaie de comprendre. Je n'ambitionne pas de fixer les responsabilités de chacun." Maigret, semble-t-il, a ressenti, sinon de la sympathie, du moins une certaine attirance envers la personnalité de Chabut, et s'il plaint Pigou, il n'excuse pas son geste: voir le second passage, qui constitue les dernières lignes du roman, qu'on opposera aux dernières lignes de TUE:

    " Dans son box, Bureau cherchait Maigret des yeux et lui adressait un sourire résigné. Il semblait dire: «Je l'avais prévu, n'est-ce pas ?» Quand Maigret sortit, il avait les épaules un peu plus lourdes." (TUE)

    "Sur le palier, Pigou se retourna. Il avait les larmes aux yeux. Il regardait encore une fois Maigret comme pour se donner du courage. Mais n'était-ce pas sur lui-même qu'il s'attendrissait ?" (VIN)

    Ce dernier mot est significatif: Maigret éprouve de la compassion pour Pigou, mais se rend compte que ce dernier n'a vu que sa propre humiliation lorsqu'il a tué Chabut, et qu'il n'a pas hésité à supprimer une vie humaine pour venger cette humiliation.

  • D'autres éléments sont présentés sur le principe du contraste: par exemple, l'opposition entre deux mondes, deux couches sociales: d'une part, le monde cossu dans lequel Chabut s'est introduit "à la force du poignet", monde résumé par les images de l'appartement place des Vosges, les bureaux de l'avenue de l'Opéra, la maison de Mme Blanche, et les relations mondaines de Mme Chabut; et d'autre part, le monde d'où Chabut est issu, représenté par le petit bistrot du père Chabut, et par les entrepôts du Quai de Bercy.

  • On notera enfin l'opposition entre le monde neigeux et froid de décembre, le monde du dehors, et le monde du "dedans", celui de l'appartement douillet où Maigret se réfugie, plein des odeurs de framboise, de rôti du dimanche, qui rappellent au commissaire des "bouffées de son enfance". Entre ces deux mondes, Maigret promène son rhume, protégé par le bouclier de l'écharpe tricotée par Mme Maigret, et ce rhume lui donne le prétexte de se laisser "chouchouter" par sa femme, un plaisir dont il fait semblant de se défendre en "feignant de grogner"...
Murielle Wenger

English translation

 

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