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Maigret of the Month: Stan le tueur (Stan the Killer)

5/25/11 –

This story is particularly interesting because it evokes several themes that we find in other texts of the Maigret corpus. To begin with, it takes place in a district of Paris often frequented by Maigret in his investigations, the Marais, and the entire affair evolves between three streets which form a rectangle parallel to the Place des Vosges: Rue Saint-Antoine, Rue de Birague, and Rue des Tournelles.

In the corpus, Simenon describes this quarter as he knew it in the years 1920-1930, peopled with colonies of immigrants, especially populations from Eastern Europe... Poles, Czechs, Russians and Jews. Rue Saint-Antoine, which crosses Rue de Birague, also borders the Saint-Paul district, meeting further along Rue du Roi-de-Sicile, which Maigret visited in Maigret and the Enigmatic Lett , when he was searching there for the hotel that Fédor Yourovitch and Anna Gorskine lived in. Rue Saint-Antoine is in a way the primary artery, "wide, bright, with its trams, its show window displays" (LET), with its crush of carts and stalls, serving the small back streets, cul-de-sacs where "one sensed the human swarm, a shifty, shameful life" (LET).

We will meet nearly the same Poles as those on Rue de Birague in Maigret and the Spinster [CEC] – this time, Janvier doesn't play a waiter at "Tonnelet-Bourguignon", but is sitting at a table in the "Vieux Normand", from which he watches, not the Hotel Beauséjour, but the Hotel des Arcades. Lucas is in his disguise as an old invalid, installed at the window of a neighboring apartment, and the gang of Poles is again led by a young woman. But, engaged in his investigation of Cécile's murder, this is not yet the time for the Chief Inspector to occupy himself with the gang.

We find another reference to this investigation in Maigret and the Surly Inspector [mal] – the phone call which reports the death of the diamond dealer reminds Maigret of another case... "that had inevitably taken place in a little hotel at the corner of Rue de Birague and Faubourg Saint-Antoine, where a dangerous Polish criminal, who had attacked numerous farms in the north, had taken refuge." This time the author adds, however, that the chief of the gang is a man named Stan, and that he killed himself rather than be arrested.

We must wait unil Maigret's Dead Man [MOR] for the affair of the Poles to reach its denouement, thanks to the intervention of Little Albert in this story... If, this time, the seedy hotel is situated on Rue du Roi-de-Sicile, if its name is Lion-d'Or, and that the gang is Czech and not Polish, it's still the same story: a gang pillaging farms in the north of France, led by a woman, the dark-haired Maria replacing the blonde Stéphanie.

And finally, it's in Maigret's Memoirs [MEM] that we find two more references to this case... the first at the beginning of the novel, when the head of the PJ asks the Chief Inspector, "Well, Maigret, haven't you arrested your Pole on Rue de Birague yet?", and the other near the end of the novel, when Maigret, to "inaugurate" his assignment to the Special Brigade, is entrusted with the arrest of a Czech, in a furnished room on Rue du Roi-de-Sicile.

The originality of the current story is the introduction of the character Ozep, Stéphanie's former husband. This person is rather astonishing, both cunning and very intelligent, but also weak, who wants at the same time to bring justice himself, but who can't find the courage to do so until pressed by circumstances.

Another pleasing touch in this story is the author's "impressionistic" descriptions, filled with colors, odors and sounds, as for example that of Rue Saint-Antoine, where "the sun streamed down from a clear sky on the little carts filled with fruits and vegetables", "artichokes were handled, cherries tasted", "the odors of cheese in front of the dairy, and further along the scent of roasted coffee", "the clangs of cash registers and the heavy sounds of the passage of the bus".

Lastly we note, once more, the presence of a "characteristic" Maigret, described both as a silhouette... "his hands behind his back, pipe in his teeth", pushing "his heavy bulk," and by his "methods", analyzed by the Chief Inspector himself... "the ideas and I have been muddling for some time. I go, I come, I sniff around. There are those who think I'm waiting for inspiration, but they're completely on the wrong track. What I'm waiting for, is the significant fact that never fails to arise. It all comes down to being there when it comes, and to take advantage of it...".

Murielle Wenger

translation: S. Trussel
Honolulu, May 2011

original French

Maigret of the Month: Stan le tueur (Stan the Killer)

5/25/11 –

Cette nouvelle est particulièrement intéressante, car elle évoque plusieurs thèmes qu'on retrouve dans d'autres textes du corpus des Maigret. D'abord, elle se déroule dans un quartier de Paris souvent fréquenté par Maigret dans ses enquêtes, celui du Marais, et toute l'intrigue va se concentrer entre trois rues qui décrivent comme un carré parallèle à la Place des Vosges: rue Saint-Antoine, rue de Birague, rue des Tournelles.

Dans le corpus, Simenon nous décrit ce quartier tel qu'il l'a connu dans les années 1920-1930, habité par des colonies d'immigrés, en particulier des populations venues de l'est de l'Europe, Polonais, Tchèques, Russes et Juifs. La rue Saint-Antoine, qui croise la rue de Birague, longe aussi le quartier Saint-Paul, et retrouve plus loin la rue du Roi-de-Sicile, que Maigret a visitée dans Pietr le Letton, quand il y cherche l'hôtel habité par Fédor Yourovitch et Anna Gorskine. La rue Saint-Antoine est en quelque sorte l'artère principale, "large, claire, avec ses tramways, ses étalages" (LET), avec sa cohue de charrettes et d'éventaires, qui dessert les petites rues mal famées, impasses où "on devinait un grouillement humain, une vie sournoise, honteuse" (LET).

Les Polonais de la rue de Birague, on va les retrouver, quasi tels quels, dans Cécile est morte: cette fois, Janvier ne joue plus les garçons de café au "Tonnelet-Bourguignon", mais il est attablé au "Vieux Normand", d'où il surveille, non plus l'hôtel Beauséjour, mais l'hôtel des Arcades. Lucas est toujours déguisé en vieil infirme, installé à la fenêtre d'un immeuble voisin, et la bande des Polonais est toujours dirigée par une jeune femme. Mais, pris par son enquête sur le meurtre de Cécile, ce n'est pas encore cette fois que le commissaire va s'occuper de la bande.

On retrouve encore une allusion à cette enquête dans Maigret et l'inspecteur malgracieux: le coup de téléphone qui annonce la mort du diamantaire rappelle à Maigret une autre enquête: "Cela se passait, fatalement, dans un petit hôtel du coin de la rue de Birague et du faubourg Saint-Antoine, où un dangereux malfaiteur polonais, qui avait attaqué plusieurs fermes dans le Nord, s'était réfugié." L'auteur ajoute cependant, cette fois, que le chef de la bande est un homme, prénommé Stan, et qu'il se suicide après son arrestation.

Il faudra attendre Maigret et son mort pour que l'affaire des Polonais se dénoue enfin, grâce à l'intervention du petit Albert dans cette histoire... Si, cette fois, l'hôtel miteux est situé dans la rue du Roi-de-Sicile, qu'il se nomme l'hôtel du Lion-d'Or, et que la bande est tchèque et pas polonaise, c'est cependant bien de la même histoire qu'il s'agit: une bande qui pille les fermes du Nord, menée par une femme, la brune Maria remplaçant la blonde Stéphanie.

Et enfin, c'est dans Les Mémoires de Maigret qu'on trouve encore deux allusions à cette enquête: la première au début du roman, quand le chef de la PJ demande au commissaire: "-Alors, Maigret, vous n'avez pas encore arrêté votre Polonais de la rue de Birague ?", et une autre vers la fin du roman, quand Maigret, pour "étrenner" sa nomination à la Brigade spéciale, se voit confier l'arrestation d'un Tchèque, dans un garni de la rue du Roi-de-Sicile.

L'originalité de la nouvelle qui nous occupe, c'est d'introduire le personnage d'Ozep, ex-mari de Stéphanie. Ce personnage est très étonnant, à la fois rusé et très intelligent, mais aussi faible, qui veut en même temps faire justice lui-même, mais qui n'en trouvera le courage que poussé par les circonstances.

Ce qui est aussi plaisant dans cette nouvelle, ce sont les descriptions "impressionnistes" de l'auteur, chargées de couleurs, d'odeurs et de sons, comme par exemple celle de la rue Saint-Antoine, "avec du soleil qui ruisselait d'un ciel clair sur les petites charrettes chargées de fruits et de légumes", "des artichauts qu'on soupèse et des cerises que l'on goûte", "des odeurs de fromage devant une crémerie, et plus loin des relents de café grillé", "le timbre des caisses enregistreuses et le lourd passage des autobus".

Et enfin, on notera, une fois de plus, la présence d'un Maigret "caractéristique", décrit à la fois par une silhouette: "les mains derrière le dos, la pipe aux dents", poussant "sa lourde masse" et par ses "méthodes", analysées par le commissaire lui-même: "les idées et moi sommes brouillés depuis longtemps. Je vais, je viens je renifle. Il y en a qui croient que j'attends l'inspiration, mais ils se fourrent le doigt dans l'œil. Ce que j'attends, c'est le fait significatif qui ne manque jamais de se produire. Le tout, c'est d'être là quand il a lieu et d'en profiter...".

Murielle Wenger

English translation

 

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