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Maigret of the Month: L'improbable Monsieur Owen (The Unlikely M. Owen)

10/29/11 –

This story, like all those examined so far, appeared first in the weekly, Police-Film, in 1938. This series of stories, and those written in 1936 for another journal, Paris-Soir-Dimanche, were collected into the anthology, Les Nouvelles Enquêtes de Maigret, published in 1944 by Gallimard.

But why was Monsieur Owen, along with Ceux du Grand-Café, excluded from the published anthology? (The public had to wait until 1967 for their appearance in a volume published by Rencontre.)

I have no answer to this question, for nothing in the story, it seems to me, justifies its exclusion. On the contrary, it's a very good story, where we discover, once more, Maigret in a new light, and an unexpected one... He's retired, and happily so, basking in the Mediterranean sun (though he hadn't cared much for this hot, lazy idleness when he was on active duty (see Mon ami Maigret, for example)!). A Maigret who spends his time sunbathing, with good food and drink, showing off fashionably by wearing outfits unexpected of this retired Chief Inspector... white flannel trousers, red and white shoes... and even six different ties! And for lounging on the beach, a bathing suit and a red bathrobe!

But his true nature will soon reappear, and when the mystery of the affair that Louis keeps pestering him about becomes enticing enough, we see him quickly dropping his "bored listener" role, and taking up once more the habits of "when he was at the Quai". And while sipping a beer in a little bar near the port, the ex-Chief Inspector's "gaze became at the same time heavy and acute, as renowned at the P.J., and he took on that strange placidity which seized him precisely when his spirit was working most actively. " (Ch. 2 of the story).

We also learn, in this story, some small details which add a touch to the Chief Inspector's portrait. For example, that Mme Maigret had eleven aunts (The Alsatian dynasty of Kurt and the Léonards was rather prolific...). In examining the corpus, we find the names of three of these aunts: Emilie (the one concerned with in this story) who lives in Quimper; Géraldine, married to Anselme Léonard, at whose house the young Jules Maigret had made the acquaintance of a certain Louise (see Les mémoires de Maigret)...; and Cécile, who passed her time regarding herself in the mirror (see Maigret et la jeune morte).

And further, we'll learn that the young Maigret at school was not talented at languages (that, we already knew... see for example, Le revolver de Maigret or Maigret, Lognon et les gangsters), and that his three prize subjects were French composition, oratory (and so perhaps we better understand the Chief Inspector's gift for handling the language when he interrogates suspects...), and, more surprisingly, gymnastics... However, in the end, it's not so surprising as all that... If the Chief Inspector is recognized for his heaviness, we also know that he can provide proof, when he wants to, and when necessary, of a certain agility. Consider his "acrobatic prowess" in his pursuit of Pietr on the beach at Fécamp (Pietr le Letton), or in certain turbulent arrests (for example, Bronsky in Maigret et son mort).

Finally, we note the very special atmosphere of this story, where Maigret solves a case by a rather original method (pretending to be a blackmailer), extracting from the clues that which could be useful in discovering the truth, all in a luminous setting bathed in the glitter of the sea, the luxurious background of the Côte d'Azur, barely out of reach of the echoes of the popular Front...

To conclude, I can only encourage you to see the adaptation (free enough...) made of this story for an episode in the series with Bruno Crémer. In spite of all the deviations from the text, it remains a very good episode, scattered with touches of humor, as is this story...

Murielle Wenger

translation: S. Trussel
Honolulu, October 2011

original French

Maigret of the Month: L'improbable Monsieur Owen (The Unlikely M. Owen)

10/29/11 –

Cette nouvelle a paru, comme les nouvelles étudiées jusqu'ici, pour la première fois dans l'hebdomadaire Police-Film, en 1938. Comme on le sait, cette série de nouvelles, avec celles écrites en 1936 pour un autre journal, Paris-Soir-Dimanche, furent regroupées dans le recueil Les Nouvelles Enquêtes de Maigret, édité en 1944 chez Gallimard.

Mais pourquoi cette nouvelle-ci, ainsi que la nouvelle Ceux du Grand-Café, ont-elles été écartées pour la publication en recueil ? (Il faudra attendre en effet 1967 et la publication dans le volume des éditions Rencontre pour voir réapparaître ces deux textes).

Je n'ai pas de réponse à cette question, car rien dans la nouvelle, me semble-t-il, ne justifie cette mise à l'écart. Au contraire, c'est une très bonne nouvelle, où l'on découvre, une fois de plus, Maigret sous un jour nouveau, et assez inattendu: celle d'un retraité, et heureux de l'être, qui se prélasse au soleil de la Méditerranée (alors qu'il n'aimait pas tellement cette atmosphère de chaude paresse au temps de son activité (voir Mon ami Maigret, par exemple) !), et qui passe son temps à se dorer au soleil, à bien boire et bien manger, et à faire étalage de mode en revêtant des tenues plutôt imprévues pour cet ancien commissaire; qu'on en juge: pantalon de flanelle blanche, souliers blanc et rouge, sans compter une panoplie de six cravates différentes, et, pour le farniente sur la plage, maillot de bain et peignoir rouge !

Mais le "naturel" reprendra bientôt le dessus, et, quand le mystère de l'affaire que lui met Louis sous le nez l'aura assez alléché, on le verra bientôt quitter son "oreiller de paresse", et retrouver ses bonnes vieilles habitudes de "quand il était au Quai": tout en sirotant une bière dans un petit bar près du port, l'ex-commissaire retrouve "son coup d'œil à la fois pesant et aigu, resté fameux à la PJ, et cette étrange placidité qui s'emparait de lui quand, justement, son esprit travaillait le plus activement" (chapitre 2 de la nouvelle).

On apprend aussi, dans cette nouvelle, quelques petits détails qui ajoutent une touche au portrait du commissaire. Par exemple, que Mme Maigret a onze tantes (la dynastie alsacienne des Kurt et des Léonard est plutôt prolifique...). En parcourant le corpus, on trouvera le prénom de trois de ces tantes: Emilie (celle dont il est question dans cette nouvelle) qui habite Quimper; Géraldine, mariée à Anselme Léonard, chez qui le jeune Jules Maigret a fait la connaissance d'une certaine Louise (voir Les mémoires de Maigret)...; et Cécile, qui passait son temps à se contempler dans les miroirs (voir Maigret et la jeune morte).

Ou encore, on saura aussi que le petit Maigret, à l'école, n'était pas doué pour les langues (ça, on le savait déjà: voir par exemple Le revolver de Maigret ou Maigret, Lognon et les gangsters), et que ses matières de prédilection étaient la composition française, la déclamation (on comprendra mieux peut-être ainsi le don du commissaire pour le maniement de la langue quand il interroge des suspects...), et, plus étonnant, le prix de gymnastique... Quoique, finalement, ce n'est peut-être pas si étonnant que cela: si on connaît le commissaire pour sa lourdeur, on sait aussi qu'il peut faire preuve, quand il le veut et quand il le faut, d'une certaine agilité: voir les "prouesses acrobatiques" dans sa poursuite de Pietr sur la plage de Fécamp (Pietr le Letton), ou dans certaines arrestations mouvementées (par exemple, Bronsky dans Maigret et son mort).

Enfin, on notera l'atmosphère très particulière de cette nouvelle, où Maigret résout un enquête par une méthode plutôt originale (se faire passer pour un maître-chanteur), triant dans les indices ce qui peut lui être vraiment utile à découvrir la vérité, le tout dans un paysage lumineux baigné du scintillement de la mer, sur le fond luxueux de la Côte d'Azur, où ne parviennent que faiblement les échos des débuts du Front populaire...

Et pour terminer, je ne peux que vous engager à voir l'adaptation (assez libre...) qui a été faite de cette nouvelle pour un épisode de la série avec Bruno Crémer: malgré les écarts pris avec le texte, cela reste un très bon épisode, parsemé de touches d'humour, comme l'est aussi cette nouvelle...

Murielle Wenger

English translation

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