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Maigret of the Month: Maigret et l'inspecteur malgracieux (Maigret and the Surly Inspector)

3/25/12 –

While the stories which will be studied in the next three MoMs (cho, obs, pau) are part of a 1947 collection with the same title as the first edition of this story, this one, written in 1946, has a unique history. Indeed, it is said that the collection was first entitled Maigret et l'inspecteur malchanceux [Maigret and the Unlucky Inspector] "because of a typesetter's error". That although Simenon had wanted the error corrected for the second printing, it appeared in 1952 with the same title. It wasn't until its republication in 1956 that the final title appeared. And we note also that the erroneous title appeared not just on the cover, but on the title page within the book as well...


malchanceux
first edition, 1947

malchanceux
1952

malgracieux
1956


1952

later edition

This collection is the third Maigret published by Presses de la Cité, after La pipe de Maigret and Maigret à New York [NEW], which, like Maigret et l'inspecteur malgracieux, was written in Canada. The following novel, Les vacances de Maigret [VAC], was the first of 22 volumes of the Maigret corpus written in the USA.

This story is also the first "official" appearance of Inspector Lognon, whom we will meet later in several novels (see the study dedicated to this character on this site). From this first text, we discover the ambiguous relationship that Maigret has with the inspector. The Chief Inspector is annoyed by Lognon's behavior, but he recognizes his qualities as a policeman, and in the end rather pities him, allowing his sensitivity to "deprive him of the pleasures of an investigation" for the benefit of Inspector Surly.

The plot of the story takes up several characteristic themes of the Chief Inspector's cases, from the characters, the Commodore, a famed international thief, Stan, the Polish killer, and one of Maigret's nephews (a certain Daniel), to the reminiscences of other texts, such as the map of Paris at Police-Emergencies, a veritable reflection of the "criminal geography of the capital, or the classic "ménage à trois", with the sister-in-law in love with her sister's husband (see bea or SCR).

The text of the story is constructed on a theme of contrast — contrast between the needy life of the little Montmartre diamond seller and the luxurious life of the Commodore, who lives in the grand hotels. Contrast between the two sisters, Mme Goldfinger, apparently sickly but hiding well her game, and her young sister Eva, in love and determined. (Simenon is careful to emphasize the contrast between their different features, Mathilde, a brunette with almost black eyes, Eva, blonde with blue eyes...) Contrast between Lognon's "method"... industriously tracking down clues like a bloodhound, and the "method" of Maigret, trusting his intuitions, impregnating himself with a milieu and putting himself into the skins of the characters he meets.

Lastly, I like this story because it is scattered with little annotations, little descriptions, like these two examples...

"...you saw the rain falling in torrents, a summer rain, long and very fluid, etching lines through the night."

"Maigret had taken the bus, and he was standing on the platform, contemplating vaguely the morning Paris, the trash bins through streaks of rain, all the workers moving like ants toward their offices, their shops."

Simple words, and no more is necessary to imagine the scene... a description that could be called "poetic", typical of the author, who knows how to relate an "atmospheric landscape", or a "view of Paris" in a few lines...

Murielle Wenger

translation: S. Trussel
Honolulu, March 2012

original French

Maigret of the Month: Maigret et l'inspecteur malgracieux (Maigret and the Surly Inspector)

3/25/12 –

Cette nouvelle, écrite en 1946, ainsi que les trois autres qui seront étudiées dans les prochains MoM (cho, obs, pau) fait partie d'un recueil portant le même titre, dont l'édition originale, parue en 1947, a une histoire particulière: en effet, on raconte que le recueil, "par la faute d'un linotypiste distrait", s'est intitulé d'abord Maigret et l'inspecteur malchanceux. Simenon demanda que l'erreur soit corrigée lors de la première réédition, mais celle-ci, datant de 1952, comportait toujours le même titre. Ce n'est que lors de la deuxième réédition en 1956 que le titre définitif apparaît. A noter aussi que le titre erroné apparaît également sur la page de garde, à l'intérieur du livre.


édition originale de 1947

réédition de 1952

réédition de 1956


édition de 1952

édition postérieure

Ce recueil est le troisième Maigret à paraître aux Presses de la Cité, après La pipe de Maigret et Maigret à New York. Ce dernier, ainsi que Maigret et l'inspecteur malgracieux, ont été écrits au Canada. Le roman suivant, Les vacances de Maigret, sera le premier des 22 volumes du corpus Maigret écrits aux USA.

Cette nouvelle est aussi la première apparition "officielle" de l'inspecteur Lognon, qu'on retrouvera par la suite dans plusieurs romans (voir l'étude consacrée au personnage sur ce site). Dès ce premier texte, on découvre la relation ambiguë que Maigret entretient avec l'inspecteur: le commissaire est irrité par le comportement de Lognon, mais il reconnaît ses qualités de policier, et finit par avoir plutôt pitié de lui, ménageant ses susceptibilités, "se privant des joies d'une enquête" pour en laisser le bénéfice au Malgracieux.

L'intrigue de la nouvelle reprend plusieurs thèmes caractéristiques des enquêtes du commissaire, depuis les personnages: le Commodore, fameux escroc international, Stan le tueur polonais, un neveu de Maigret (un certain Daniel), jusqu'aux réminiscences d'autres textes, tels le plan de Paris de Police-Secours, véritable mémoire de la "géographie criminelle de la capitale, ou le classique "ménage à trois", avec la belle-sœur amoureuse du mari de sa sœur (voir bea ou SCR).

Le texte de la nouvelle est construit sur le thème du contraste: contraste entre la vie besogneuse du petit diamantaire de Montmartre et la vie luxueuse du Commodore qui habite les grands hôtels; contraste entre les deux sœurs, Mme Goldfinger, apparemment maladive mais cachant bien son jeu, et sa jeune sœur Eva, amoureuse et décidée (Simenon prend d'ailleurs le soin de souligner ce contraste par les différences physiques: Mathilde est brune aux yeux presque noirs, Eva est blonde aux yeux bleus); contraste entre la "méthode" de Lognon, besogneux, suivant les indices "à la trace" comme un chien limier, et la "méthode" de Maigret, se fiant à ses intuitions, s'imprégnant du milieu et se mettant dans la peau des personnages qu'il croise.

Enfin, j'aime bien cette nouvelle car elle est parsemée de petites annotations, de petites descriptions, tels ces deux exemples:

"on voyait la pluie tomber à torrents, une pluie d'été, longue et très fluide, qui mettait des hachures claires dans la nuit"

"Maigret avait pris l'autobus, et il restait debout sur la plate-forme, à contempler vaguement le Paris matinal, les poubelles dans les hachures de pluie, tout un petit peuple gravitant comme des fourmis en direction des bureaux et des magasins."

Des mots simples, et il n'en faut pas plus pour qu'on s'imagine le décor; une description qu'on pourrait qualifier de "poétique", bien dans la manière de l'auteur, qui sait raconter un "paysage atmosphérique", ou une "vue de Paris" en quelques lignes...

Murielle Wenger

English translation

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