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Maigret of the Month: La fenêtre ouverte (The Open Window)
7/8/10 –

After having discovered Maigret on the job outside Paris (Two bodies on a barge), then during an interrogation intra muros in his office at the PJ [bea], now we find Maigret at work in his city of Paris, on a street of that mythical district, Montmartre. Let us note, however, that we see almost nothing of the ambiance of the street in this story, hardly a mention outside of the building where the offices of Laget are located. The entire case will unfold in these very offices, Maigret leading his investigation by immersing himself in the place, and coming to the truth thanks to an olfactory clue (the odor of cooling powder) and a sensation (the current of air from the open window).

In this story, Simenon attempts a "locked-room murder", a technique dear to English authors, and Maigret must use his intuition and knowledge of people (whose failings he detects through interrogations where he has the art of asking – with an innocent air – most unsettling questions) to come to a discovery of a murder disguised as a suicide.

We can remark several touches used by the author to make the reader understand and feel that he is actually in a "condensation of Maigret's world"... the presence of Sergeant Lucas and Inspector Janvier, Maigret's "familiar" attitude... "sniffing around, observing his surroundings, his hands always in his pockets, hat pushed back on his head", the stove in Mme Laget's office, that Maigret can't help poking at, and the furtive appearance of the men from Forensics and the Prosecutor's office.

Another interesting point to underline is the allusion to World War I, and above all to its aftermath. Allusions to this war are relatively infrequent in the Maigrets, and it's probably intentional that this story goes into a little more detail. He wrote the text in 1936... if the memory of WWI was beginning to fade into time, the specter of a second World War was beginning to slowly rise...

Finally, I encourage you, if you have the opportunity, to view the adaptation of this story made for the Bruno Crémer television series. It's one of the better episodes, and the screenwriters have stuck to the basic framework, keeping to the facts of the text.
(Note in particular how Laget's creditors have been transformed into a gallery of more or less colorful characters... a woman nightclub manager, a young couple who want to start a television company, a survivor of the "death camps"... And how the sentence "We'll have to go through the buildings, the hallways, examine the two building completely" is rendered in the onscreen images... how the clues about the murder weapon and the open window are treated... and how Maigret, alias Crémer, remarks that the investigation is like a "locked-room murder" à la Agatha Christie.)
At the same time it highlights some of the recurring themes of the series, for example, the allusions to WWI allow speaking of the Second... The episode is supposed to be set in the early '50s.

In fact, the episode ends with a scene were Maigret walks the concierge's little boy to school... and the Chief Inspector learns that the boy, he too, is called Jules...

Murielle Wenger
translation: S. Trussel
Honolulu, July 2010

original French

Maigret of the Month: La fenêtre ouverte (The Open Window)
7/8/10 –

Après avoir découvert Maigret en mission hors Paris (La péniche aux deux pendus), puis lors d'un interrogatoire intra muros dans son bureau à la PJ, voici maintenant le commissaire enquêtant dans sa ville de Paris, dans une rue d'un quartier mythique, Montmartre. Notons cependant qu'on ne verra presque rien, dans cette nouvelle, de l'ambiance de la rue, à peine une notation sur l'immeuble où se trouvent les bureaux de Laget, et toute l'enquête va se dérouler dans ces bureaux mêmes, Maigret menant son investigation en s'imprégnant des lieux, et parvenant à la vérité grâce à un indice olfactif (l'odeur de poudre refroidie) et sensitif (le courant d'air provoqué par la fenêtre ouverte).

Dans cette nouvelle, Simenon s'essaie à l'écriture d'un "meurtre en chambre close", technique chère aux romanciers anglais, et il faudra que Maigret use de son intuition et de sa connaissance de l'être humain (dont il détecte les failles par des interrogatoires où il a l'art de poser – d'un air innocent – les bonnes questions déroutantes) pour parvenir à découvrir le crime maquillé en suicide.

On notera quelques touches utilisées par l'auteur pour faire comprendre et sentir au lecteur qu'il est bien dans un "condensé du monde de Maigret": la présence du brigadier Lucas et de l'inspecteur Janvier, l'attitude "familière" de Maigret: qui "reniflait, observait tout autour de lui, les mains toujours dans les poches, le chapeau un peu en arrière", le poêle du bureau de Mme Laget, que Maigret ne peut s'empêcher de tisonner, et l'apparition furtive des gars de l'Identité judiciaire et de ces messieurs du Parquet.

Autre point intéressant à souligner, l'allusion à la Première Guerre Mondiale, et surtout aux séquelles qu'elle laissa. Les allusions à cette guerre sont relativement peu fréquentes dans le cycle des Maigret, et ce n'est sans doute pas un hasard si dans cette nouvelle-ci, l'auteur en parle un peu plus en détails: il écrit ce texte en 1936: si le souvenir de la Première Guerre Mondiale commence à s'éloigner dans le temps, le spectre de la Deuxième commence lentement à se lever...

Enfin, je vous encourage, si vous en avez la possibilité, à visionner l'adaptation qui a été faite de cette nouvelle pour la série télévisée avec Bruno Crémer: c'est un des très bons épisodes, et les scénaristes ont bien usé de la trame de base, à la fois pour réutiliser les données du texte (voir en particulier comment les créanciers de Laget ont été transformés en une galerie de personnages plus ou moins pittoresques: une tenancière de boîte de nuit, un jeune couple qui veut monter une affaire de télévision, un rescapé des "camps de la mort"; ou comment la phrase "Il faut traverser des bâtiments, des couloirs, faire tout un tour à travers les deux immeubles"a été rendue par les images du film; ou encore comment les indices sur l'arme du crime ou sur la fenêtre ouverte ont été adaptés; ou encore comment Maigret, alias Crémer, fait allusion à cette investigation du "meurtre en chambre close" à la façon Agatha Christie), et à la fois pour mettre en avant quelques thèmes récurrents de la série: par exemple, les allusions à la Première Guerre Mondiale permettent de parler de la Deuxième, l'épisode étant censé se passer au début des années 50.

Au fait, l'épisode se termine par une scène où Maigret emmène à l'école le petit garçon de la concierge: le commissaire vient d'apprendre que l'enfant, lui aussi, s'appelle Jules...

Murielle Wenger

English translation

 

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