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Maigret of the Month: L'affaire du boulevard Beaumarchais (The Mysterious Affair in the Boulevard Beaumarchais)
6/20/10 –

After the life of canals and barges, here is another setting characteristic of Maigret's world, that of his office, and the locales of the PJ, with all the indispensable ingredients of the scene of an interrogation... an office filled with pipe smoke, the rain streaming on the windows, and a silent witness opposite Maigret, the two awaiting the sandwiches and beer which will be brought up from the Brasserie Dauphine... The scene thus set, we can imagine a story, in this case taking up one of Simenon's classic themes - that of a "triangle", comprising a couple, in which the wife has a sister who is herself in love with her brother-in-law. The theme will appear at least twice more in the corpus... first in the story, Maigret and the Surly Inspector [mal], but above all a second time in Maigret has Scruples [SCR], where it will be amply developed.

Another theme evoked to set the scene, is that of All Saints' Day, which, for Simenon, is often there to give a feeling of grayness, of gloomy sadness, mediocrity, here making an echo of the mediocrity of the characters, particularly Ferdinand Voivin, this dull man who could inspire, to Maigret's astonishment – and Simenon's – great passion.

If, in the preceding story (Two Bodies on a Barge [pen]), we see Maigret above all "ruminating" over his case, asking but a few questions of various witnesses, but rather immersing himself in the setting, the atmosphere of the canal and the barge, to discover the truth, in this story, the essential part of the Chief Inspector's work is in the form of interrogations, of "getting someone to sing", first off of Nicole, which allows him to understand the relationships which existed in the "triangle", and then that of Ferdinand Voivin, where Maigret is satisfied to ask one or two questions, the responses to which are enough for him to confirm his hypotheses. And it's the Chief Inspector himself, who, as is often the case, provides a "verbal reconstruction" of what actually took place.

Finally we note that during the second interrogation, Maigret does something we will see numerous times during other interrogations - offering a caved-in suspect a glass of brandy. I'd like to cite here a book by Paul Mercier, entitled "La botte secrète de Maigret: le verre de cognac (Maigret's Secret Weapon: the glass of brandy"), published by Le cercle noir in 2009 for the 14th Detective Fiction Fair at Cognac. This little book, very well done, is difficult to find, but I had the luck to get one... Paul Mercier, in this work, analyses the use that Maigret makes of the glass of brandy in various interrogations. Here are two extracts...

"The glass of alcohol facilitates the transition to confession of a repentant criminal who will finally come clean. It relieves the craving alcoholic. It supplies punctuation in a confession which begins to get long, permitting a mid-point break. But also, it gives comfort in a moment of distress and suffering, and so seems more a humanitarian act than a simple gesture of normal courtesy. So the bottle of brandy, from time to time, filled a great variety of functions in Maigret's office."

"The closet existed from the Fayard period... but simply for washing his hands or cooling his face at the enamel fountain, or for dry clothes, when he was soaked with rain... From 1951 to 1991, [the act of taking out the bottle of brandy] is frequent, occurring more than 20 times in 49 novels... The closet and the bottle are missing in the stories, with one significant exception - they make their appearance in "The Mysterious Affair in the Boulevard Beaumarchais"... Maigret interrogates a certain Voivin, a diamond dealer whose wife has been poisoned. The dealer is innocent, he didn't kill his wife to marry his sister-in-law. As for his conjugal setting, he also appears to be easy prey for the feminine sex... to escape from the jealousy of his wife, he had considered suicide. After drinking Maigret's brandy, he is still not free, now subject to the fiery assaults of his young sister-in-law..."

Murielle Wenger
translation: S. Trussel
Honolulu, June 2010

original French

Maigret of the Month: L'affaire du boulevard Beaumarchais (The Mysterious Affair in the Boulevard Beaumarchais)
6/20/10 –

Après la vie des canaux et des péniches, voici un autre décor caractéristique du monde de Maigret, celui de son bureau, et des locaux de la PJ, avec tous les ingrédients indispensables à une scène d'interrogatoire: un bureau plein de fumée de pipe, la pluie qui roule sur les fenêtres, et un témoin silencieux en face de Maigret, tous les deux attendant les sandwiches et la bière qu'on va monter de la Brasserie Dauphine... Le décor ainsi posé, on peut imaginer une histoire, qui reprend en l'occurrence un thème classique chez Simenon: celui du "triangle", composé par un couple, dont la femme a une sœur, elle-même amoureuse de son beau-frère: le thème sera repris au moins deux fois dans le corpus: une première fois dans la nouvelle Maigret et l'inspecteur malgracieux, mais surtout une deuxième fois dans Les scrupules de Maigret, où il sera amplement développé.

Un autre thème évoqué pour poser le décor, c'est celui de la Toussaint, qui, chez Simenon, est souvent là pour donner une notion de grisaille, de tristesse morne, de médiocrité, faisant ici écho à la médiocrité des personnages, en particulier celui de Ferdinand Voivin, ce bonhomme terne capable d'inspirer, à l'étonnement de Maigret – et de son auteur – une grande passion.

Si, dans la nouvelle précédente (La péniche aux deux pendus), on voit Maigret surtout en train de "ruminer" son enquête, ne posant que quelques questions aux divers témoins, mais s'imprégnant principalement du décor, de l'atmosphère du canal et de la péniche, pour découvrir la vérité, dans cette nouvelle-ci, l'essentiel du travail du commissaire se passe sous forme d'interrogatoires, "à la chansonnette", d'abord celui de Nicole, qui lui permet de comprendre les relations qui existaient dans le "triangle", ensuite celui de Ferdinand Voivin, où Maigret se contentera de poser une ou deux questions, dont les réponses lui suffiront pour étayer ses hypothèses; et c'est le commissaire lui-même qui, comme souvent, fera la "reconstitution verbale" de ce qui s'est réellement passé.

Notons enfin que, lors de ce second interrogatoire, Maigret fait un geste qu'on reverra plusieurs fois lors d'autres interrogatoires, celui d'offrir au témoin effondré un verre de cognac. J'aimerais vous citer ici le livre de Paul Mercier, intitulé "La botte secrète de Maigret: le verre de cognac", édité par Le cercle noir, et sorti en 2009 à l'occasion du 14e Salon du Polar de Cognac. Ce petit livre, fort bien fait, est difficile à se procurer, mais j'ai eu la chance d'en recevoir un... Paul Mercier, dans cet ouvrage, analyse l'usage que fait Maigret du verre de cognac lors de ses interrogatoires. En voici deux extraits:

"Le verre d'alcool facilite le passage aux aveux d'un criminel repentant qui va enfin se mettre à table. Il soulage l'alcoolique en état de manque. Il offre une ponctuation dans une confession qui commence à durer en permettant de faire le point à mi-parcours. Mais aussi, il réconforte dans un moment de détresse et de souffrance et tient alors de l'acte humanitaire plus que du simple geste de courtoisie mondaine. Le cognac remplit tour à tour une grande variété de fonctions dans le bureau de Maigret."

"Le placard existe dès la période Fayard [...] il ne sert qu'à se laver les mains et à se rafraîchir le visage à la fontaine d'émail ou à prendre des vêtements secs, quand il est trempé de pluie. [...] De 1951 à 1991, [le geste de prendre la bouteille de cognac] est fréquent [...]: il apparaît plus d'une vingtaine de fois sur 49 romans [...]. Le placard et la bouteille sont absents des nouvelles, à une exception près et qui est de taille: ils font en effet leur apparition dans "L'Affaire du Boulevard Beaumarchais"[...] Maigret interroge un certain Voivin, un courtier en diamants, dont la femme est morte empoisonnée. Le courtier est innocent, il n'avait pas tué sa femme pour épouser sa belle-sœur. Sur ce plan conjugal, il apparaît aussi comme une proie facile pour la gent féminine; pour échapper à la jalousie de son épouse, il avait envisagé de se suicider. Après avoir bu la fine de Maigret, il n'en est pas vraiment quitte, le voilà livré aux assauts fougueux de sa jeune belle-sœur..."

Murielle Wenger

English translation

 

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