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Maigret of the Month: La vieille dame de Bayeux (The Old Lady of Bayeux)
3/27/11 –
This story is set in the city of Caen, where Maigret has been sent to reorganize the Flying Squad (Brigade mobile). This pretext permits the author to explain the presence of the Chief Inspector in Normandy, while in theory, he was limited to investigations in Paris. In fact, Maigret already knew the city from his investigation of the Death of a Harbormaster [POR]... It was the family home of the mayor of Ouistreham, M. Grandmaison, which provided Simenon the opportunity to sketch in a few strokes the atmosphere of provincial city, "a peaceful street, with such stately mansions as you only find in the provinces. The house, of age-blackened stone, was fronted by a courtyard" (POR, chap. 12)... We encounter that same atmosphere immediately in the present story, with it's country upper bourgeoisie, who, behind their austere facades and opulence, hide a full measure of secrets and depravities...

Simenon had gotten to know the town a little in the fall of 1931, when the Ostrogoth was moored at Ouistreham (while aboard, he'd written At the Gai-Moulin [GAI] and The Bar on the Seine) [GUI], and that November he'd sold the boat at Caen, before "heading south" to set himself up in Antibes.

This story puts Maigret up against a determined young woman, whose name, Cécile, reminds us of another young woman, whom Maigret will meet some time later in a novel (CEC). Unlike the unassuming Cécile Boynet, Cécile Ledru is self-assured, and is physically attractive... she's "very good", in Maigret's words, "almost too good", and she hides under her innocent demeanor some little secrets... which doesn't prevent her from actually being right, that the murder she suspected had actually taken place. Above all, she'll give Maigret the chance to plunge himself into the affair as he likes, where he must sniff around, scratching the polished surface to reveal the less shiny underparts of this class of bourgeoisie that he particularly dislikes. He feels at home in this sordid atmosphere, as shown by the fact that while he may be ill at ease in aristocratic circles, where he doesn't always know how to act (see Maigret on Home Ground [FIA], Maigret in Society [VIE], etc.), when on the other hand it's a matter of the upper bourgoisie, he handles the humor and irony with ease, playing with his pipe as well he knows how... While he might have been afraid of leading a "pipeless investigation", he manages to get one all the same...: "Was Maigret's indignation real, or admirably played... It's true that he took advantage of it to take his pipe from his pocket with a perfectly innocent air, as if he had forgotten the sumptuous surroundings in which he found himself", "Maigret, as if mechanically, though perhaps with malicious intent, proceeded to fill his pipe while pacing the office", two scenes which remind us of a similar one which took place in Coméliau's office (COR).

And we also note the contrast in Maigret's attitude, as it appears, for example, in the story Maigret's Mistake [err], where we saw a Chief Inspector beside himself, almost fierce, and the Maigret such as we find in this story, where the discovery of the unsavory secrets of the upper bourgeoisie, rather than infuriating him, makes him even calmer, working with "an almost voluptuous slowness", pretending "to be even denser than usual", hiding under his "good-old-boy" appearance, a sharpness of mind all the more acute...

And to close, I can't encourage you enough to see the television adaptation made of this story by Bruno Crémer, in the episode entitled "Maigret et la demoiselle de compagnie (Maigret and the Lady's Companion)", one of the best in the series...

Murielle Wenger

translation: S. Trussel
Honolulu, March 2011

original French

Maigret of the Month: La vieille dame de Bayeux (The Old Lady of Bayeux)
3/27/11 –

Cette nouvelle se déroule dans la ville de Caen, où Maigret est envoyé pour réorganiser la Brigade mobile. Ce prétexte permet à l'auteur d'expliquer la présence du commissaire en Normandie, alors qu'en théorie il ne peut enquêter qu'à Paris. En fait, Maigret connaît déjà la ville, où il a enquêté lors de l'affaire du Port des brumes: c'est là que se situe la maison familiale du maire de Ouistreham, M. Grandmaison. C'est l'occasion pour Simenon de brosser en quelques lignes l'atmosphère d'une ville provinciale, avec "une rue calme, bordée de ces graves hôtels particuliers qu'on ne trouve plus qu'en province. La maison, en pierre noircies, était précédée d'une tour" (POR, chapitre 11), une atmosphère qu'on retrouve tout à fait dans la nouvelle qui nous occupe, avec ces personnages de la haute bourgeoisie provinciale, qui cache derrière les façades austères et opulentes bien des secrets et des turpitudes...

Simenon a eu l'occasion de connaître quelque peu la ville, puisqu'en automne 1931, l'Ostrogoth est amarré à Ouistreham (à son bord, l'auteur y écrit La danseuse du Gai-Moulin et La guinguette à deux sous), et c'est à Caen qu'il vendra son bateau en novembre de la même année, avant de "descendre dans le Sud" pour s'installer à Antibes.

Cette nouvelle met Maigret aux prises avec une jeune femme décidée, dont le prénom, Cécile, nous évoque une autre jeune fille, que Maigret va rencontrer quelques temps plus tard dans un roman (CEC). Au contraire de Cécile Boynet, jeune fille effacée, Cécile Ledru est sûre d'elle, elle a un physique avantageux, elle est "très bien", comme le dit Maigret, "presque trop bien", et elle cache sous des airs innocents quelques petits secrets... N'empêche qu'elle aura finalement raison, et que le meurtre qu'elle suspectait a bien eu lieu. Surtout, elle va donner l'occasion à Maigret de se plonger dans une affaire comme il les aime, où il faut renifler, gratter la surface polie pour mettre à nu les dessous peu reluisants de cette haute bourgeoisie qu'il a particulièrement en horreur. Il se sent dans son élément dans cette atmosphère sordide, la preuve, c'est qu'alors qu'il peut être si mal à l'aise dans les sphères aristocratiques, où il ne sait pas toujours comment se comporter (voir L'affaire Saint-Fiacre, Maigret et les vieillards, etc.), lorsqu'au contraire il a affaire aux grands bourgeois, il manie avec aisance l'humour et l'ironie, jouant de sa pipe comme il sait le faire dans ces occasions-là: alors qu'il a craint de devoir mener une "affaire sans pipe", il se débrouille pour se servir quand même de son "brûle-gueule": "Ou l'indignation de Maigret était réelle, ou elle était admirablement jouée. Il est vrai qu'il en profitait pour tirer sa pipe de sa poche avec un air parfaitement innocent, comme s'il oubliait l'endroit fastueux où il se trouvait", "Maigret, comme machinalement, mais peut-être avec une intention maligne, se mit à bourrer sa pipe en arpentant le bureau", deux scènes qui nous en rappellent une semblable qui se déroule dans le bureau de Coméliau (COR).

On notera aussi le contraste dans l'attitude de Maigret, tel qu'il apparaît par exemple dans la nouvelle Une erreur de Maigret, où on voyait un commissaire hors de lui, quasi hargneux, et le Maigret tel qu'on le rencontre dans cette nouvelle-ci, où la découverte des dessous peu ragoûtants de la haute bourgeoisie, au lieu de l'indigner, le rend d'autant plus placide, travaillant avec "une lenteur quasi voluptueuse", affectant "d'avoir l'air plus bête que nature", cachant sous ses allures de "bon gros" une finesse d'esprit d'autant plus aiguë qu'elle est dissimulée...

Et pour terminer, je ne saurais trop vous conseiller de voir l'adaptation télévisée qui a été faite de cette nouvelle pour la série avec Bruno Crémer, dans l'épisode intitulé "Maigret et la demoiselle de compagnie", un des très bons épisodes de cette série...

Murielle Wenger

English translation

 

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