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Maigret of the Month: Jeumont, 51 minutes d'arrêt ! (Jeumont, 51 minutes stop)
9/25/10 –

We encounter once more, in this story, a setting typical of Maigret – and, we may say, of Simenon – that of a railway station. The cases that Maigret investigates in stations or trains are numerous, and we've already touched on this subject more than once in the Maigrets of the month. The "body on a train" is a theme we know from the beginning of the corpus: cf. Maigret and the Enigmatic Lett [LET]. We find additionally another reminder of that novel: the victim was killed with a needle to the heart, the same method used therein for Torrence.

The setting of this story also recurs several times in the corpus... Jeumont, this border point between France and Belgium, is a location where Maigret often finds suspects seeking to escape French justice - we can recall, for example, M. Martin in Maigret Mystified [OMB].

And yet another reminiscence in this story... its introduction. The story indeed opens with a scene found numerous times in the novels. Maigret, asleep in his bed, is awakened in the middle of the night by the ringing of his phone. But this time, rather than a call from the Quai des Orfèvres, it's his nephew who's asking for his help. So thus we learn a little more about Maigret's family, though this information does more to muddle than to clarify the family relations of the Chief Inspector and his wife. We know, through the novel Maigret Returns [MAI], the nephew, son of Mme Maigret's sister, named Philippe Lauer. So who then is this Paul Vinchon, who should also be the son a one of Mme Maigret's sisters, since Maigret himself has neither brother no sister, his mother having died giving birth (cf. Maigret's Memoirs [MEM])? We can dismiss the hypothesis of a son of Mme Maigret's brother, who couldn't have been named Vinchon, since Louise's maiden name was Léonard. So we must turn to other assumptions, which you will find in another Maigret of the month.

The plot of this story was adapted for the television series with Bruno Crémer [Un meurtre de première classe], and, in spite of some modifications in the scenario, this epidsode is one of the successes. Transposed into the 50s, the plot of the episode allows making allusions to WWII, echoing the allusions to Germany after WWI, found in the story. We should note that historical allusions are rare in the corpus, to the extent that it is said that the Maigrets exist "outside of time". This is not completely true, however, for we find all the same, here and there, some allusions to the contemporary epoque of the story. Thus, in this story, we see the beginnings of Naziism at the end of the 30s, with the first agression toward the Jews. And, in the novels toward the end of the corpus, allusions to modifications in fashion... women taking to wearing slacks, men abandoning wearing hats, etc.

The originality of this story consists of the fact that the investigation led by Maigret, in this sort of "closed-room" of the car detached from the train (the "closed room" very well rendered in the televised episode), is described in two phases which are characteristic of the Chief Inspector's "method". After the exposition of the situation, at the opening of the story, where we find Inspector Vinchon somewhat out of his depth, we await – with him – the arrival of Maigret, the only one capable of untangling the intrigue. The first phase of the investigation led by Maigret comprises the interrogations of the occupants of the car, interrogations to which is added the information Maigret has gotten on these characters, along with the search of their baggage. Then, without transition, we move to the second phase of the investigation, which is at the same time its conclusion. Maigret, without showing us in the text his manner of thinking, exposes his deductions to his dazzled nephew. In other words, Simenon doesn't describe the development of the Chief Inspector's thinking, how he arrived at his deductions, what reasoning or which clues he followed. Following his habitual "technique", Maigret is content to go to dinnner – alone – at the station buffet, and while he digests his food, he mulls over the case, resulting in his reconstruction of the facts, such as they must have occurred. Vinchon has nothing to do but follow Maigret's advice: find the weapon (the hatpin) and have the suspect believe that they'd been found out. And, by this "old trick", as Simenon writes, like a magic trick, the guilty party must simply confess – they cannot deny the evidence, since it was presented by Maigret....

Murielle Wenger
translation: S. Trussel
Honolulu, September 2010

original French

Maigret of the Month: Jeumont, 51 minutes d'arrêt ! (Jeumont, 51 minutes stop)
9/25/10 –

Nous retrouvons, dans cette nouvelle, un lieu typiquement maigretien – et typiquement simenonien, peut-on dire – celui de la gare et du train. Les enquêtes qui conduisent Maigret dans les gares ou les trains sont nombreuses, et on a déjà plus d'une fois abordé le sujet dans les Maigret of the month. Le "cadavre dans un train" est un thème déjà connu au début du corpus: cf. Pietr le Letton. On trouve d'ailleurs une autre réminiscence de ce roman dans cette nouvelle-ci: la victime a été tuée à l'aide d'une aiguille plantée dans le cœur, selon la même méthode utilisée pour Torrence dans Pietr le Letton.

L'endroit où se passe cette nouvelle revient, lui aussi, à plusieurs reprises dans le corpus: Jeumont, ce "point-frontière" entre France et Belgique, est un endroit où Maigret retrouve souvent des suspects qui ont cherché à échapper à la justice française: on peut penser par exemple à M. Martin dans L'ombre chinoise.

Autre réminiscence dans cette nouvelle, son introduction: la nouvelle, en effet, s'ouvre sur une scène vue maintes fois dans les romans: Maigret, couché dans son lit, se fait réveiller en pleine nuit par un coup de téléphone. Mais cette fois, au lieu qu'il s'agisse d'un appel venu du Quai des Orfèvres, c'est son neveu qui lui demande son aide. C'est ainsi qu'on en apprend un peu plus sur la famille de Maigret, encore que cette information nous embrouille plus qu'elle ne nous éclaire sur les relations familiales du commissaire et de sa femme: on connaissait, par le roman Maigret, le neveu, fils de la sœur de Mme Maigret, nommé Philippe Lauer. Qui, alors, est ce Paul Vinchon, qui doit, forcément, être aussi un fils d'une sœur de Mme Maigret, puisque Maigret lui-même n'a ni frère, ni sœur, sa mère étant morte en couches (cf. Les mémoires de Maigret) ? On peut aussi écarter l'hypothèse d'un fils d'un frère de Mme Maigret, qui ne pourrait pas s'appeler Vinchon, le nom de jeune fille de Louise étant Léonard. On en vient alors à d'autres hypothèses, que vous retrouverez dans un autre Maigret of the month.

L'intrigue de cette nouvelle a été adaptée pour la série télévisée avec Bruno Crémer, et, malgré quelques modifications dans le scénario, cet épisode fait partie des bonnes réussites. Transposée dans les années cinquante, l'intrigue de l'épisode permet de faire des allusions à la deuxième guerre mondiale, faisant écho aux allusions à l'Allemagne d'après la première guerre mondiale, qu'on trouve dans la nouvelle. Il est d'ailleurs à remarquer que les allusions historiques sont rares dans le corpus, au point qu'on a pu dire que les Maigret étaient situés "hors du temps", ce qui n'est pas tout à fait vrai, car on trouve tout de même, par-ci par-là, quelques allusions à l'époque contemporaine de l'écriture: ainsi, dans cette nouvelle, les débuts de l'Allemagne "nazie" de la fin des années 30, avec les premières hostilités envers les Juifs; ou, dans les romans de la dernière partie du corpus, des allusions aux modifications de la mode: port du pantalon pour les femmes, abandon du chapeau pour les hommes, etc.

L'originalité de cette nouvelle consiste en le fait que l'enquête menée par Maigret, dans cette sorte de "huis-clos" que consiste le wagon détaché du train (huis-clos fort bien rendu dans l'épisode télévisé), est décrite en deux phases qui sont caractéristiques de la "méthode" du commissaire: après l'exposition de la situation, en ouverture de la nouvelle, où on voit l'inspecteur Vinchon quelque peu dépassé par cette situation, on attend – avec lui – l'arrivée de Maigret, le seul homme capable de débrouiller l'intrigue. La première phase de l'enquête menée par Maigret constitue en les interrogatoires des occupants du wagon, interrogatoires auxquels s'ajoutent les renseignements pris par Maigret sur ces personnages, ainsi que la fouille des bagages. Ensuite, on en vient, sans transition, à la deuxième phase de l'enquête, qui en est en même temps sa conclusion: Maigret, sans qu'il nous soit fait part dans le texte de sa façon de "cogiter" sur le sujet, expose devant son neveu ébloui ses déductions: autrement dit, Simenon ne décrit pas le cheminement de la pensée du commissaire, comment il en arrive à ses déductions, quels raisonnements il fait ou quels indices il privilégie: selon sa "technique" habituelle, Maigret se contente d'aller déjeuner – tout seul – au buffet de la gare, et en même temps que sa digestion se fait la rumination de son enquête, dont le résultat est la reconstitution des faits, tels qu'ils ont dû forcément se passer: Vinchon n'a plus qu'à suivre le conseil de Maigret: trouver l' "arme du crime" (l'épingle à chapeau) et faire croire à la suspecte qu'on l'a démasquée. Et, par ce "vieux truc", comme l'écrit Simenon, comme par un tour de magie, la coupable n'a plus qu'à avouer: on ne peut pas nier les évidences, lorsque celles-ci sont posées par Maigret....

Murielle Wenger

English translation

 

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