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Maigret of the Month: L'amoureux de Mme Maigret (Madame Maigret's Admirer)
2/26/11 –

1) This story is part of the series of 10 stories written during the winter of 1937-1938 at Porquerolles, and which appeared in 1938-1939 in the volumes of Police-Film and Police-Roman (see this site for the original covers). Madame Maigret's Admirer [amo] is actually the last to have appeared in this series (see here for the publication dates).

If we compare this second series of stories with the preceding, one fact is immediately striking — their lengths. They are noiceably more sizable than those of the first series. In the Édition Rencontre collection of these stories, the first have an average of 13 pages, while the second average 38 pages. This higher number of pages results in the author dividing his texts into chapters, between three and four according to the story.

While the two stories written in 1939 (The Man in the Street [hom] and Sale by Auction [ven]) are again shorter (around 17 pages each), the stories of 1945 and 1946 are noticeably longer (averaging 42 pages), and the last story written by Simenon (Maigret's Christmas) [noe] is even longer (70 pages), to the extent that i's difficult to decide whether to call it a story or a novel (see here).

Here is a summary graph:

Édition Rencontre page count is at left; along the bottom, the stories in order of appearance.

2) This story shows us the Maigret couple in a new light, with a Mme Maigret who plays a larger role, leading her own investigation in parallel with that of her husband, who, moreover, is somewhat irritated by this, feeling that she's encroaching on his territory... To make matters worse, not only was it thanks to her that he was set on the right track, but he couldn't avoid feeling a certain admiration for Mme Maigret's intuitions...

3) You are probably astonished to find that, in this story, the Maigrets are living on Place des Vosges... Simenon himself later offers an explanation for this "incongruity", in Maigret's Memoirs, where he writes, through the intermediary of his Chief Inspector,

"In several of his books Simenon described us as living on Place des Vosges, without offering the slightest explanation... It is quite true that for a number of months we lived on Place des Vosges. But we were not in our own home. That year our landlord had at last decided to get the building refaced, which it had been needing for some time... We had been promised that it would take three weeks at most. After two weeks they had got nowhere, and just at that time a strike was declared in the building trades, and nobody knew how long it might last. Simenon was just off for Africa, where he was to spend nearly a year. "Why don't you move into my apartment on Place des Vosges until the job's finished?" And so it happened that we went to live there, at Number 21, to be exact, without incurring the reproach of disloyalty to our dear old boulevard. "

Simenon must have felt some pleasure at conveying this idea that the Maigrets had lived "chez lui", for we find the same affirmation in Maigret on the Defensive [DEF] (to Vivier who gave him Mlle Motte's address, Rue des Francs-Bourgeois, Maigret responds that he knew the building, for he had "lived nearby for a while on Place des Vosges"). And in Maigret and the Bum [CLO] ("During the several months that Maigret had lived on Place des Vosges, while his apartment on Boulevard Richard-Lenoir was being renovated, they often went, he and his wife, for evening walks around the Île Saint-Louis."). And in Maigret and the Killer [TUE] ("He knew fairly well the Île Saint-Louis for they had lived on Place des Vosges, and in those days they often had occasion, in the evening, to walk arm in arm around the isle.").

On the other hand, except for the present story, I've found no trace of this move of the Maigrets to Place des Vosges except in a single novel, before the explanation we find in Maigret's Memoirs, and that's in Maigret in Retirement [FAC]: Maigret, retired, telephones his femme who is at Meung to have her come Paris to deal with Georges-Henry Malik. He told her to go to Place des Vosges, to "their old Parisian home, which they'd kept."

Finally, as an anecdote, we note that if the Maigrets had lived on Place des Vosges during Simenon's travels to Africa, that would place the affair in 1932 (it was in fact from May to September of that year that the author traveled the dark continent for the magazine Voilà), but we know that at that date, Simenon no longer lived at Pplace des Vosges, since he had moved to La Richardière (Marsilly, near La Rochelle) in February 1932...

Murielle Wenger

translation: S. Trussel
Honolulu, February 2011

original French

Maigret of the Month: L'amoureux de Mme Maigret (Madame Maigret's Admirer)
2/26/11 –

1) Cette nouvelle fait partie de la série de 10 nouvelles, écrites durant l'hiver 1937-1938 à Porquerolles, et qui parurent en 1938-1939 dans les fascicules Police-Film et Police-Roman (voir ce site pour les couvertures originales). L'amoureux de Mme Maigret est en réalité la dernière à avoir paru dans cette série (voir ici pour les dates de parution).

Si l'on compare cette seconde série de nouvelles à la précédente, une chose saute immédiatement aux yeux: c'est la longueur de ces nouvelles: elles sont sensiblement plus conséquentes que celle de la première série. Dans l'édition Rencontre qui regroupe ces nouvelles, les premières ont une moyenne de 13 pages, tandis que les secondes ont une moyenne de 38 pages. Ce nombre plus élevé de pages fait même que l'auteur divise son texte en chapitres, entre trois et quatre selon les nouvelles.

Alors que les deux nouvelles écrites en 1939 (hom et ven) sont à nouveau plus courtes (environ 17 pages chacune), les nouvelles de 1945 et 1946 sont sensiblement plus longues (moyenne de 42 pages), et la dernière nouvelle écrite par Simenon (Un Noël de Maigret) est encore plus conséquente (70 pages), au point qu'on hésite à la classer entre nouvelle et roman (voir ici).

Ci-dessous, un graphique qui résume ces éléments:

En ordonnée, le nombre de pages dans l'édition Rencontre; en abscisse, les nouvelles selon l'ordre de parution.

2) Cette nouvelle nous montre le couple Maigret sous un jour nouveau, avec une Mme Maigret qui prend une plus grande place, menant elle-même l'enquête en parallèle de celle de son mari, ce qui, d'ailleurs, irrite quelque peu celui-ci, qui trouve qu'on empiète sur ses prérogatives... Il n'en pardonnera pas moins à sa femme, parce que, d'une part, c'est grâce à elle qu'il est mis sur la bonne piste, et, d'autre part, il ne peut se défendre d'une certaine admiration devant les intuitions de Mme Maigret...

3) On s'étonnera peut-être de voir, dans cette nouvelle, le couple Maigret habiter place des Vosges... Simenon lui-même s'est expliqué plus tard sur cette "incongruité": en effet, dans Les mémoires de Maigret, il écrit ceci, par l'intermédiaire de son commissaire:

"Dans plusieurs de ses livres, Simenon nous faisait vivre place des Vosges dans fournir la moindre explication. [...] Il est exact que, pendant un certain nombre de mois, nous avons habité la place des Vosges. Mais nous n'étions pas dans nos meubles. Cette année-là, notre propriétaire s'était enfin décidé à entreprendre le ravalement dont l'immeuble avait besoin depuis longtemps. [...] On nous avait promis que cela durerait trois semaines au plus. Après deux semaines, on n'était nulle part, et juste à ce moment-là, une grève s'est déclarée dans le bâtiment, grève dont il était impossible de prévoir la durée. Simenon partait pour l'Afrique où il devait passer près d'un an. «-Pourquoi en attendant la fin des travaux, ne vous installeriez-vous pas dans mon appartement de la place des Vosges ?» C'est ainsi que nous y avons vécu, au 21, pour être précis, sans que l'on puisse nous taxer d'infidélité à notre bon vieux boulevard."

Simenon devait trouver un certain plaisir à véhiculer cette idée que les Maigret avaient habité "chez lui", puisqu'on retrouve la même affirmation dans Maigret se défend (à Vivier qui lui donne l'adresse de Mlle Motte, rue des Francs-Bourgeois, Maigret répond qu'il connaît l'immeuble, car il a "habité un certain temps à deux pas, place des Vosges"), dans Maigret et le clochard ("Pendant les quelques mois que Maigret avait habité la place des Vosges, alors qu'on remettait à neuf l'immeuble du boulevard Richard-Lenoir, ils allaient souvent, sa femme et lui, se promener le soir autour de l'île Saint-Louis.") et dans Maigret et le tueur ("Il connaissait d'autant mieux l'île Saint-Louis qu'ils avaient habité la place des Vosges et qu'à cette époque il leur arrivait souvent, le soir, de se promener, bras dessus, bras dessous, autour de l'île.").

Par contre, à part dans cette nouvelle qui nous occupe, je n'ai trouvé trace de ce passage des Maigret place des Vosges que dans un seul roman, avant l'explication qu'on trouve dans Les mémoires de Maigret: c'est dans Maigret se fâche: Maigret, qui est à la retraite, téléphone à sa femme restée à Meung pour la faire venir à Paris, afin qu'elle s'occupe de Georges-Henry Malik. Il lui dit de se rendre place des Vosges, où se trouve "leur ancien domicile parisien, qu'ils avaient conservé."

Enfin, pour l'anecdote, signalons que si les Maigret ont habité place des Vosges pendant le voyage de Simenon en Afrique, cela nous situerait l'affaire en 1932 (c'est en effet de mai à septembre de cette année-là que l'auteur parcourt le continent noir pour le magazine Voilà), mais remarquons qu'à cette date, Simenon ne logeait déjà plus place des Vosges, puisqu'il s'était installé à La Richardière (Marsilly, près de La Rochelle) depuis février 1932...

Murielle Wenger

English translation

 

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