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le match de la semaine
Paris Match   (N° 346)
26 novembre 1955, p 90-95

 

Simenon passe aux aveux

André Parinaud

Reportage photographique
Jean-Paul Ollivier
Edward Quinn

English translation

En six bobines de confession à la radio
l'écrivain aux 164 romans révèle
les secrets de sa création


Les « Entretiens avec Georges Simenon », série d'émissions diffusée tous les vendredis sur la Chaîne Nationale, sont le grand événement littéraire de la saison radiophonique, comme le furent, il y a trois ans, les confidences de Paul Léautaud recueillies par Robert Mallet. André Parinaud, qui a enregistré cette émission et fut l'interlocuteur du romancier le plus fécond de notre temps, vous en donne l'avant-première.

 

POUR la deuxième fois, l'opérateur cria de la terrasse : « Moteur ! »

Assis de l'autre côté de sa petite table de travail, Georges Simenon avait disposé devant le micro son pot à tabac en émail blanc, deux bouteilles de Coca-Cola, cinq pipes et, méthodiquement, allumait la sixième. Ce n'est que lorsqu'il eut soufflé l'allumette que l'on put compter : cinq, quatre, trois...

Il était 8 h 30 d'un radieux matin de la Côte d'Azur.

L'entretien se déroulait dans la chambre haute de la villa « La Gatounière », sur la route de Cannes à Mougins, où la famille Simenon depuis des mois s'enchantait de longues vacances.

...Deux, un, zéro ! Le marathon commença. Il durera huit heures quarante minutes. Simenon, l'homme aux 164 romans, aux 250 ouvrages populaires, traduit dans vingt-sept pays, dont chaque livre tire à 2 millions d'exemplaires, devait battre un nouveau record : le roman de sa vie et de son œuvre — douze entretiens de 400 questions, enregistrés en une seule journée !

La légende veut que Simenon ait autrefois écrit un roman en trois jours dans une cage de verre. Comme tous les mythes, celui-ci a un fond de vérité. Aux alentours de 1930, le directeur d'un journal du soir avait engagé Simenon comme attraction publicitaire. Et il avait fait construire une cage dans le hall de son journal où Simenon devait, sous les yeux du public, rédiger sans discontinuer un feuilleton. La veille du grand jour, le journal fit faillite. Simenon fit le livre dans sa chambre.

L'enquête tentée par la radio avait comme but principal de révéler la prodigieuse mécanique de création de Simenon.

« Tout commence, dit le romancier, lorsque je me sens mal à l'aise dans ma peau. » Un jour, il devient grognon, « pas content » de lui-même — « comme une chatte qui miaule en frottant les murs ; alors je ne m'y trompe pas, je suis en besoin d'écrire. »

Pour tous ses proches, pour lui-même — et le symptôme se manifeste chaque mois — l'indice est clair. Alors commence une série d'opérations très précises, au nombre de dix, qui sont les étapes obligatoires de tous ses romans.

Tout d'abord Simenon se décharge de tout souci pour une dizaine de jours : pas de contrat, de visite, de courrier important. Sa femme montera une garde vigilante. Simenon ne répond jamais lui-même au téléphone, n'ouvre pas une lettre. Puis il fait venir le médecin qui examine le romancier et sa petite famille. S'il advenait qu'un de ses enfants tombât malade « en cours de roman », le père serait dans l'incapacité de poursuivre et porterait « le remords de personnages perpétuellement en purgatoire, un peu comme un guérisseur qui n'achèverait pas une cure ». Le médecin doit tranquilliser l'auteur... ou lui conseiller d'attendre quelques jours, s'il considère que l'état physique d'un membre de la famille n'est pas satisfaisant. Et Simenon rongera son frein, anxieux parce que son aîné souffre d'un rhume ou que le petit dernier a mal à l'oreille. Son affection pour sa famille est voisine de l'hypersensibilité.

« Si tout va bien la veille de se mettre au travail », Simenon accomplit seul une promenade dans un lieu écarté. Il cherche à se « mettre en train, à créer en lui un vide qui permet à n'importe quoi d'entrer ». Car il sait qu'il doit écrire, mais n'a aucune idée du sujet ni des personnages. Seul en lui un instinct puissant s'est éveillé, exigeant et presque fatal qui va déclencher des forces subconscientes.

Chaque heure est une cérémonie, chaque jour un chapitre

Le quatrième point de « l'opération création » consiste à laisser « surgir et s'épanouir les souvenirs ». La moindre impression a dans sa mémoire une extraordinaire résonance : une branche qui bouge, l'image d'un champ de blé, un vol d'oiseaux, le dessin d'un nuage, des odeurs souvent éveillent des associations brusques d'idées et le plongent « dans des états anciens » évoquant des épisodes de sa vie passée. C'est la clé déterminante. Il a gagné. Car c'est dans les trésors de sa mémoire enfantine que Simenon a accumulé la prodigieuse réserve de son talent : un univers entier de sons, d'odeurs, de vie, d'êtres qui attendent pour surgir, un signe, l'état de transe ayant pour but la recherche du fil d'Ariane. Quelques heures y suffisent, quelquefois deux ou trois jours sont nécessaires. Durant ce temps, Simenon marche.

Il ne se souvient ni des noms ni des chiffres

UN fait curieux se produit alors. Les heures qui précèdent la découverte de la clé des souvenirs vont constituer un film indélébile que Simenon ne peut plus oublier et chaque jour il sera obligé de parcourir les mêmes lieux, d'accomplir les mêmes gestes, de regarder les mêmes paysages « comme pour obéir à un rite sacré ». Le roman achevé, l'obsession cesse.

Dès qu'il a pu pénétrer dans l'univers de ses souvenirs se présente alors le cortège des personnages qu'il a connus dans la situation évoquée. La mémoire de Simenon est rétive à toute abstraction. Il ne se souvient ni des noms, ni des chiffres. Mais le moindre détail : une tache de soleil, une odeur, un bruit, une couleur, un accent lui sont présents à l'esprit. Durant quelques heures, il va revivre tel ou tel des moments les plus précieux de sa vie et « tout naturellement » les tics de l'un, la chevelure de l'autre, les vêtements du troisième, une certaine façon de poser les pieds sur le sol d'un autre vont se détacher, devenir sensibles... l'intéresser à nouveau. Le personnage central du futur roman, composé souvent de la superposition de six ou huit personnages réels, vient de naître.

Simenon utilise « le résidu des détails révélés » pour créer les personnages secondaires « utiles au premier chapitre ». Il inventera les autres selon le même procédé au fur et à mesure de l'action.

Il s'agit maintenant de choisir un état civil à ces inconnus. Simenon dispose d'une collection complète d'annuaires de tous les pays. Il va rechercher environ trois cents noms qu'il recopie. Une heure durant, en marchant dans son bureau, il lit les noms à haute voix, « les vérifiant avec l'image du personnage. Soudain l'un d'eux apparaît définitif ».

Sur une enveloppe jaune de format commercial — la couleur et la forme en sont superstitieusement décidées une fois pour toutes — Simenon va inscrire le nom, l'âge, le numéro de téléphone, l'adresse du personnage principal, le nom de sa femme, l'âge de celle-ci, le nom et l'âge des enfants, s'il en a, un diagnostic médical sur son personnage (s'il a mal au foie par exemple). Il procédera plus sommairement pour les comparses.

Enfin, il va dessiner le plan de la maison où va se dérouler l'action « parce que je dois savoir quand mon héros rentre, s'il pousse la porte à gauche ou à droite et sur quelle vue donnent les fenêtres. »

A ce stade de l'opération, le romancier se pose une question qui aurait enchanté Balzac : « Etant donné cet homme, l'endroit où il se trouve, sa profession, sa famille, que peut-il arriver qui l'obligera à aller au bout de lui-même ? » Il s'agit de jouer le Destin, de donner à une vie le coup de pouce qui crée le drame. Deux ou trois heures suffisent à échafauder la situation.

Dès ce moment, Simenon est son personnage, l'incarne et finit même par lui ressembler : s'il marche voûté et les mains derrière le dos, traînant sur certains mots, Simenon fera de même.

Le premier chapitre sera écrit en trois heures ; les suivants en deux, à raison d'un chapitre par jour.

La journée de Simenon commence à 6 heures. Il se lève le premier, prépare son café et travaille jusqu'à 9 heures environ. Puis, selon le rite minutieux du premier jour, accomplit sa promenade jusqu'à midi, déjeune en famille, fait une sieste d'une heure, repart se promener en compagnie de sa femme. Ils converseront en chemin de « choses anodines », mais absolument pas du roman. Ils rentreront pour le dîner. Si c'est un « roman non dur » — un Maigret par exemple — Simenon regardera la télévision en famille et lira les journaux. Si c'est un « roman dur », depuis Lettre à mon juge, le romancier, avant de se coucher, écrit au crayon trois ou quatre pages du prochain chapitre. Mais il ne les relira même pas le lendemain et tapera directement à la machine.

Quand il fait un roman, Simenon dort parfaitement, généralement sans rêve, mais sa tension va en croissant de jour en jour jusqu'à l'hypertension. Robert Brasillach s'interrogeait pour savoir « quand l'inventeur de Maigret écrirait le grand roman qu'on peut espérer de lui ». « Jamais, répond Simenon. Mes romans auront toujours neuf ou dix chapitres, écrits en neuf ou dix jours, car je suis incapable de tenir le coup plus longtemps. »

« Je ne suis qu'un artisan, dit-il encore, j'ai besoin de la machine pour sentir si la vie y est. J'envie les peintres parce qu'ils se battent avec la matière. Si je pouvais graver mes romans dans la pierre, je serais encore plus heureux. » Il est vrai sans nul doute que sans machine à écrire nous n'aurions pas le même Simenon, non seulement par le style mais par l'inspiration. Simenon maniant le porte-plume se confesserait plus intimement. Tapant à la machine, il peint. Les touches ont dans l'opération un rôle de filtre. Elles lui imposent même un rythme de phrases. Simenon a forgé son style et sa fortune selon les cadences de son « usine à clavier » d'où sont sortis en quarante ans deux cent cinquante ouvrages représentant plus d'un million de dollars.

Simenon a parfaitement conscience du pouvoir un peu médiumnique dont il dispose. Au point même que « toute nouvelle envie d'écrire — et cela chaque fois — déclenche une véritable panique, un trac épouvantable. Le miracle s'est produit cent soixante-quatre fois. Mais c'est fini, je ne pourrai plus... » Ce n'est qu'au troisième chapitre que la confiance revient. Elle redisparaîtra le livre achevé. « Mon Dieu ! que c'est mauvais. Celui-là est loupé. Mais le livre est envoyé à l'éditeur ; il est publié. Je ne suis pourtant pas rassuré et ne peux me réconcilier avec mon roman qu'environ deux ans plus tard lorsqu'il a été traduit en deux ou trois langues et qu'il me revient à travers le public. »

Simenon venait de terminer sa dernière pipe et il coulait des regards expressifs vers le pot à tabac. C'est le moment que choisit l'opérateur pour clamer du dehors : « Eh ! la bobine est terminée, vous trouvez pas qu'il fait soif ' »

Un moment la petite pièce fut pleine d'ombre. Simenon s'était levé et de toute sa carrure obstruait l'unique meurtrière qui servait de fenêtre. Puis il ouvrit la porte et sa silhouette éclaboussée de soleil se découpa sur le seuil. Il cligna des yeux. Son visage se contracta et un instant, avec sa pipe vissée dans la bouche, son large cou, son regard un peu lourd qui filtrait des paupières, une certain attitude du corps brusquement massif : « Il fut Maigret... » tel sans doute qu'il l'a rêvé et a réussi à en imposer l'image dans l'imagination de millions d'hommes.

A 12 ans, il voulait être prêtre ou officier

CAR la grande ambition de cet homme tranquille qui s'est « voué » au roman depuis l'âge de douze ans — il voulait alors être prêtre ou officier, imaginant que seuls ces deux métiers procuraient assez de loisirs pour écrire — est d'« être lu par le monde entier », que chaque livre ait la même résonance à New York, à Chicago, à Londres, à Paris et à Tokyo. Et les puristes qui l'accusent de mal écrire devraient étudier l'étonnante technique qu'il a mise au point et qui lui permet par exemple dans une même phrase de juxtaposer les temps présent, passé et futur pour donner une sensation de vie permanente, sans pour cela faire perdre à son style plus de 2 % à la traduction dans quelque langue que ce soit lorsque la plupart des auteurs perdent 30 %. Mais les préoccupations littéraires des écrivains d'hier et d'aujourd'hui ne le concernent pas : la recherche du style pour le style, les intentions morales, la beauté du mot rare, autant de raisons pour hausser ses épaules ! « Le style, dit-il, c'est avant tout le mouvement. L'ordre des mots a une importance non par rapport à la syntaxe, à l'élégance du vocabulaire, au rythme poétique, mais par rapport à la vie qu'il faut traduire, faire passer... Je n'emploie que des mots-matière qui ont le même sens dans vingt-cinq villes de dix pays différents. »

Et contrairement au principe, qui veut qu'un écrivain enrichisse sans cesse son vocabulaire (dès l'école le maître ne répète-t-il pas cet excellent conseil : Enrichissez votre vocabulaire) Simenon simplifie sans cesse le sien, le réduit constamment, le purifie « afin d'assouplir l'instrument que constitue l'écriture et réussir plus efficacement à établir la communication avec le public ».

Simenon avait quitté la France en 1940 pour les U.S.A., accompagné de cette prédiction de Gide : « Vous êtes le premier romancier populaire universel et vous serez reconnu un jour comme le plus grand de tous, le plus vraiment romancier que nous avons... » Il a vécu dix ans aux Etats-Unis, changeant onze fois de domicile, surtout il y a « rencontré le bonheur » et l'espérance est entrée dans ses romans à la date de son mariage, qui sera aussi un événement pour son œuvre, marquant le tournant souhaité par Gide.

Le héros secret de son œuvre : son père

MAIS Simenon ne se doute de rien. Il ne veut pas faire école, il ne s'inscrit dans aucun mouvement. Il est seul et travaille obscurément. Ainsi depuis un an il est en France « pour retrouver des souvenirs et en faire naître d'autres » en quêtant silencieusement comme Maigret. « je n'ai qu'un vœu, dit-il, vivre assez vieux pour reprendre jusqu'au bout le cycle des personnages romanesques que j'ai fait naître. »

Il était déjà un peu plus de midi et le dialogue se poursuivait presque sans interruption depuis le matin, Simenon parlait d'une voix un peu grave, lente, calme, sans une hésitation, chargée de temps à autre d'une curieuse inflexion belge, mais qui ne trahissait aucune lassitude. Puis, soudain à la question : « N'y a-t-il pas dans votre vie un événement qui explique pourquoi les mêmes personnages reviennent toujours dans votre œuvre à des années de distance et sous des noms différents? » « Je ne sais pas », dit-il, et il demanda d'interrompre. Pour la première fois Simenon ne répondait pas, alors qu'on venait d'aborder l'événement même de ces entretiens : « Le secret de Simenon », la clé qui n'explique ni son talent ni ses dons, mais sans la connaissance de laquelle l'unité de ses 164 romans ne peut apparaître... un vieux et terrible souvenir qui fut livré au micro bribes à bribes par le jeu courtois et obstiné des questions et des réponses.

Il y a un rêve de conquête dans l'ambition de Simenon, dans sa volonté de se « faire lire dans le monde entier », mais ce n'est pas un rêve de puissance, c'est une volonté d'amour, un vœu qu'il accomplit.

Un certain jour de l'année 1916, le médecin de la famille Simenon fit appeler le jeune Georges pour lui dire un peu solennellement et très ému qu'un an ne se passerait pas sans que son père ne meure et qu'il lui fallait travailler. Cette révélation devait bouleverser la vis de Simenon.

Qu'on imagine l'année qui suivit, la si courte suite de jours dont chacun marquait l'approche d'une fin irrémédiable et quels yeux extatiques le petit Georges posait sur les faits et gestes de son père adoré comme pour graver dans sa mémoire les images d'une vie qui fuyait.

Le choc causé par cette disparition devait être déterminant, car c'est à partir de cet instant que le père mort a commencé à vivre dans l'esprit de Georges Simenon, que ce père silencieux, bon, pudique, presque ignoré des siens durant sa vie — à cause justement de la délicatesse et de la force tranquille de ses vertus — est devenu l'exemple idéal dans l'esprit de Georges adolescent puis homme et qui ne s'est jamais soustrait à son prestige tutélaire.

Plusieurs fois dans la vie de Georges Simenon, le souvenir de son père, l'idée qu'il avait de son père l'a guidé, inspiré. « C'est à sa mémoire, dit-il, que je dois de n'avoir pas mal tourné à certaine période grave », mais il y a plus. Ce n'est pas un hasard si Simenon revient toujours au cœur de son enfance, si cet univers passé l'obsède ! Ce n'est pas un hasard non plus si tous ses romans sont toujours une sorte de quête où les mêmes personnages reviennent sans cesse mais à des âges différents sous d'autres noms, dans diverses situations, comme si Simenon ne pouvait se détacher des six ou sept ombres qui gravitaient autour de son père, qui l'ont connu, aimé, vu vivre ! Ce n'est pas un hasard si les personnages de Simenon sont toujours prêts à tout fuir, à voir s'écrouler leur univers sentimental en jugeant que tout est absurde, mais qu'il s'agit — comme le petit Georges le jour où le médecin lui apprit la tragique nouvelle — de trouver au fond de son désespoir le simple courage de rester debout ! C'est le respect sacré de la mémoire de son père qui, à travers les arcanes du subconscient, a conduit Simenon sur les chemins de la gloire.

A la fin de la dernière bobine, le 165e roman

UN psychanalyste pourrait expliquer comment chacun des romans de Simenon est un hommage rendu au père, selon des rites particuliers. Georges Simenon n'a peut-être pas vaincu ses fantômes, mais il a su faire d'un envoûtement un charme pour le plaisir de tous.

Le soir tombait lorsque la dernière bobine de magnétophone fut scellée dans sa boite de fer. Un opérateur mit la main sur la machine surchauffée et laissa échapper une exclamation. Simenon semblait s'intéresser à la scène du démontage des appareils mais ses yeux restaient fixes avec une curieuse lueur dans la pupille.

Mme Simenon vint vers son mari, petite silhouette claire dans l'ombre qui s'épaississait, et s'appuya tendrement à son bras.

— Tu es content, Georges ? interrogea-t-elle.

Il ne répondit pas, puis : « Demain, je crois que je commencerai un autre roman. »



Sa recette pour avoir les idées claires le matin:
trois minutes d'abdominaux sur un chevalet spécialement conçu.


La première tasse de café. Levé a 6 heures, il la prépare lui-même et la boit installé a sa machine. Il se donne jusqu'a 9 heures pour écrire un chapitre entier. Il ne travaille qu'a la lumière électrique.


9 H. 30   Il se promène dans le patio de sa maison de Cannes. Personne d'autre n'y a accès.


10 H. 30   Il caresse un collier d'ambre, cadeau reçu à 20 ans, sésame de son inspiration.


11 H. 30   Il va faire son marché avec sa poussette, ou la 4 CV de sa femme, selon les jours.


14 H.   Après le déjeuner, il rejoint un moment au salon sa femme Denise, Canadienne d'origine, ses trois enfants, Marie-Jo, deux ans, Jean, six ans, Marc, seize ans (de g. à dr.) et son caniche Mister. Après avoir fumé une pipe, il ira faire une sieste d'une heure. Le soir, après dîner, la famille se réunira de nouveau autour de la télévision.


16 H. 30   En attendant le dîner, il se promène avec sa femme. Elle est sa première lectrice. Il lui soumet le matin son chapitre quotidien. Pour l'après-midi, ils ont fait un pacte : défense de parler roman.


21 H.   Avant de se coucher, il écrit au crayon le début du chapitre qu'il tapera le lendemain sans relire.


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