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Simenon Exposition brochure

Introduction

A la question posée le 26 septembre 1979: « Pourquoi un Centre Culturel de la Communauté Française de Belgique à Paris? » ont répondu deux saisons regroupant les disciplines les plus diverses; du ballet au théâtre, de la chanson au jazz, du lyrique au classique, des arts plastiques aux grandes expositions thématiques, du cinéma à la photo, de l'édition au colloque.

La volonté de témoigner à Paris de la vitalité de nos créateurs artistiques et de la qualité de notre patrimoine culturel s'est affirmée à chacune de ces manifestations dont l'audience, sans cesse élargie, a contribué à mieux faire connaître la spécificité tant politique que culturelle de notre Communauté belge de langue française, aujourd'hui inscrite dans la réalité des institutions et des faits.

Si la France, à laquelle nous lie profondément une communauté de langue et de culture, fut au cours des siècles une terre d'accueil, sinon d'élection, pour nombre d'artistes de nos régions, les Français, eux, ignorent pour la plupart que bien des artistes ou musiciens, créateurs ou écrivains dont ils apprécient l'originalité et le talent, sont issus de nos provinces. Quelle ne fut pas notre satisfaction de leur faire mieux connaître un Namurois nommé Félicien Rops, un Dinantais du nom d'Adolphe Sax, le Bruxellois Hergé, le Liégeois Georges Nagelmackers et aujourd'hui, un autre citoyen illustre de la Cité Ardente: Georges Simenon.

Multiplier des actions culturelles de qualité qui permettront à notre Communauté de prendre la place à laquelle elle peut prétendre dans le concert international de la Francophonie était l'objectif du premier Président du Centre, feu le Gouverneur Pierre Falize. A mesurer l'intérêt que nos manifestations rencontrent à l'étranger, c'est là un objectif sur la voie duquel nous nous sommes résolument placés. Mais, ce souci de réfléter au mieux l'expression culturelle de la Wallonie et de Bruxelles ne peut s'accomplir sans le concours de ceux qui, en Belgique francophone, gue ce soient les Communes, les Villes, les Provinces ou, à Bruxelles, la Commission Française de la Culture, entendent stimuler cette orientation de valorisation culturelle.

Et plus particulièrement, le CACEF (Centre d'Action Culturelle de la Communauté d'Expression Française), fut fondé en 1966 à l'initiative des Provinces wallonnes et du Brabant dans le but de faire rayonner la vie culturelle de notre communauté d'expression française au travers du prisme provincial et régional. Cette activité se traduit notamment par l'organisation, seul ou avec d'autres composantes, de manifestations représentatives du patrimoine culturel de notre communauté. La place qu'occupe le CACEF dans cette dynamique culturelle, ses nombreuses réalisations dans toutes les disciplines artistiques, la qualité de ses entreprises, en font, tout naturellement, un partenaire priviligié pour le Centre Culturel de la Communauté Française de Belgique à Paris.

L'action que nous entendons développer à Paris trouve encore des relais des plus appréciés, sinon décisifs, auprès d'organismes qui, sans être directement liés aux Provinces, aux Villes ou aux Communes ont, par leur spécificité, acquis un rôle moteur dans la dynamique culturelle ou dans la sauvegarde du patrimoine. Au nombre de ceux-ci: le Fonds Simenon inauguré le 3 novembre 1977 à la Bibliothèque Générale de l'Université de Liège. Le romancier fit don de l'ensemble de ses archives littéraires, manuscrits, éditions originales, traductions, correspondance, cassettes, photos, etc..., au Centre d'études Georges Simenon installé à l'Université de sa ville natale. La collection du Fonds, placé sous la direction du Professeur Maurice Piron, s'est avéré être d'un apport déterminant à la réussite de cette manifestation. Les conseils scientifiques du Professeur Piron et de ses collaborateurs ont permis l'approche originale de l'écrivain telle que nous souhaitions pouvoir la dégager.

Réduire la personnalité de Georges Simenon à celle du Commissaire Maigret, lequel sans doute contribua pour une large part à son succès de librairie, ne présentait qu'un intérêt mineur, important, certes mais tronquant par ailleurs toute la dimension de l'homme et de l'écrivain. Il est d'autres éclairages à apporter sur cette œuvre et sur cette vie. On ne peut passer sous silence la plume acerbe de l'adolescent de seize ans qui, dans un journal liégeois, publie un billet quotidien, melangé de satire et de fantaisie, « Hors du Poulaillier », qu'il signe « Monsieur le Coq ». Il y a tout ce travail de journaliste: les grands reportages, l'entretien avec Trotsky, les courageux papiers sur la décolonisation. Il y a encore les romans d'aventure, sentimentaux, parfois licencieux, plus de 2oo titres, qu'il publiera sous dix-sept pseudonymes différents. Comment ne pas s'arrêter à cette étonnante galerie de portraits tirés lors de voyages au fil de l'eau sur les canaux de France ou devant les témoignages d'une vie quelque peu agitée dans le Paris mondain des années folles. Il y eut encore la période américaine et, plus près de nous, les « ermitages » suisses.

Il faut cerner au plus près tous les aspects d'une vie qui, comme l'œuvre, tend à l'universel. C'est dans cette optique que nous avons conçu, en étroite collaboration avec le CACEF et le Fonds Simenon de l'Université de Liège, cette exposition. Une abondante iconographie, des documents manuscrits inédits, des ouvrages oubliés, souvent ignorés du grand public, un audiovisuel, des vidéos permettant de pénétrer dans le cabinet de travail de l'écrivain, une série de films, un colloque, font que cette manifestation, plus qu'une rencontre littéraire, constitue un dialogue vivant avec l'un des plus grands romanciers de notre époque.

FRANCIS DE LULLE
Directeur du centre culturel
de la Communauté française de Belgique à Paris

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