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Le Soir magazine
12 février, 2003

L'Année Simenon

Simenonville se souvient...
Simenon à Paris
Une star jamais honorée
Une œuvre immense
Simenon dans la Pléiade
Les trésors du Fonds Simenon
Les mémoires intimes d'un fils
Sa dernière demeure
Une vie de ruptures...
Au menu de la fête...
La production Simenon
Ils ont tous joué Maigret
Au cinéma, 57 films

Georges Simenon l'écrivain

Malgré son immense succès populaire, Simenon ne fu jamais récompensé par un prix littéraire.

Une star jamais honorée

Joëlle Smets

Fonds Simenon
Le cinéma donna une autre vie à l'œuvre littéraire de Simenon. En 1932 déjà, il travaille à l'adaptation dinématographique de la « Tête d'un homme » avec Valéry Inkijnoff.

Il ne reçut ni le Goncourt, ni le Nobel, ni aucun grand prix littéraire. Jamais de son vivant, Georges Simenon ne vit son œuvre récompensée. Il serait pourtant, avec Agatha Christie, le romancier le plus lu au monde. Simenon souffrit de cette absence de reconnaissance. Il rêva d'être considéré comme un grand écrivain. En vain. Le monde de la « grande » littérature était alors plein de préjugés, éprouvant une condescendance certaine pour le genre policier et fantasmant sur l'image de l'écrivain, homme isolé, intellectuel notoire, écrivant une œuvre, peaufinant son style mais ne pouvant en aucun cas vivre de ses livres. Comment dès lors reconnaître un auteur de polar aussi po pulaire et prolixe, qui, lui, vivait de sa plume? Comment avoir de la considération pour un auteur qui pouvait écrire 5 livres par an et ne mettait pas plus de dix jours pour venir à bout d'un roman ? Un écrivain respectable ne pouvait rien avoir de commun avec un tel « phénomène de l'écriture ». Pierre Assouline raconte d'ailleurs dans sa biographie que Simenon n'avait pas l'attitude posée et réservée des écrivains de Gallimard, lui qui dans le saint des saints littéraire qu'est la maison d'édition française, faisait du bruit, chantonnait, interpellait les secrétaires. Pourtant, c'est cet enfant terrible de l'éditeur français, celui-là même qui se disputa avec Gaston Gallimard et s'en alla à la concurrence, qui rentrera le 6 mai prochain dans la plus prestigieuse collection littéraire, celle de la Pléiade. Simenon enfin entre dans l'éternité.

Comment expliquer l'immense succès populaire de Simenon ?

Par le fait que les histoires qu'il raconte sont les nôtres, dit Benoît Denis, premier assistant en Langues et Littérature romanes à l'Université de Liège et auteur de nombreuses notices dans l'édition de Simenon de la Pléiade. À travers les centaines d'écrits de Simenon, on peut dégager une histoire récurrente, celle d'un homme, plus rarement d'une femme, qui a une vie banale jusqu'à ce que survienne un événement qui bouleverse tout. Et de raconter alors comment réagit un homme tranquille quand survient la rupture. Toute sa vie, Simenon est possédé par cette histoire qui est un peu la sienne, lui qui a tout laissé à 19 ans pour partir à Paris et n'a cessé de répéter les ruptures, en changeant sans cesse de pays et de demeures. Cette histoire de vie banale brisée par un événement est notre histoire à tous, précise Jacques Dubois, professeur émérite à l'Université de Liège et maître d'œuvre de l'édition Simenon dans la Pléiade. Elle répond à un questionnement universel : comment accepter la banalité alors que tout autour de nous dit qu'une vie est réussie quand elle se transforme en destin ?

Quels sont les thèmes récurrents de son œuvre ?

Il y a les thèmes de la déviance, de la famille, poursuit Benoît Denis. Son œuvre est un continuel roman familial qui ne reflète pas exactement sa vie. Sa création n'est pas autobiographique même si des éléments de sa vie se retrouvent dans ses romans mais complètement transfigurés comme, par exemple, l'aventure de la montre en or reçue de son père adoré et qu'il donne à une prostituée noire pour la payer. Cet événement se retrouve transfiguré dans « L'Horloger d'Everton » dans lequel un fils rompt avec son père qui est ... horloger.

Quelles qualités ont fait de lui l'écrivain qu'il est devenu ?

Simenon disait qu'il n'avait pas d'imagination, dit Benoît Denis. Il avait plutôt la faculté de combiner ses souvenirs de manière différente. Et plutôt que de force de travail, je parlerais de capacité de concentration extraordinaire puisqu'il parlait de transe quand il écrivait. Il était plongé dans son écriture au point de pouvoir pleurer ou vomir tellement il était pris par ce qu'il écrivait. Pour expliquer son incroyable réussite, je parlerais encore de sa ténacité. Très tôt, Simenon a su ce qu'il voulait devenir et même quand il fut mal accueilli, il sut se tenir à ses idées. Quand il parle à Fayard du personnage de Maigret, la maison d'édition se montre sceptique, arguant qu'un héros aussi terne ne saurait séduire le public alors que Maigret a marché immédiatement. Gide aussi lui donna de nombreux conseils littéraires, qu'il ne suivit jamais.

Le Soir magazine
12 février, 2003

L'Année Simenon

Simenonville se souvient...
Simenon à Paris
Une star jamais honorée
Une œuvre immense
Simenon dans la Pléiade
Les trésors du Fonds Simenon
Les mémoires intimes d'un fils
Sa dernière demeure
Une vie de ruptures...
Au menu de la fête...
La production Simenon
Ils ont tous joué Maigret
Au cinéma, 57 films


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