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Georges Simenon l'homme
L'un des fils de l'écrivain a repris la gestion des droits de l'œuvre.
Les mémoires intimes d'un filsPropos recueillis par Alain Van Der Eecken
Georges Simenon fit plus de 400 romans et quatre enfants: Marc, John, Marie-Jo et Pierre. Son œuvre romanesque ne cesse d'être explorée, arpentée par de savants exégètes. Lui, qui, inlassablement, chercha à faire apparaître « l'homme nu » dans son &œlig;uvre, s'est vu déshabillé par ses biographes. Son existence fut autopsiée, sans que le scalpel des spécialistes ne découvre autre chose que des lésions sans grand mystère, des blessures banales, l'ordinaire d'un « pauvre paquet de secrets ». Il est d'autres regards qui se sont posés sur cet homme, qui ont vu un autre personnage: un père. John Simenon vit aujourd'hui en Suisse où il a repris la lourde charge de la gestion de l'œuvre de son père. Fils de Denyse Ouimet, la deuxième épouse de Georges Simenon, John naît le 29 septembre 1949, à Tucson, en Arizona. Il suivra ses parents en Suisse et vivra, de 1963 à 1968, dans la maison que l'écrivain s'est fait construire à Epalinges. Georges Simenon quitta cette maison le 21 septembre 1972, trois jours après avoir pris la décision d'arrêter d'écrire. En 1995, John Simenon, à la mort de Joyce Aitken, fidèle collaboratrice de l'écrivain s'occupant de la gestion des droits et faisant tourner « l'usine Simenon », prend les affaires en mains. Sa carrière dans la production cinématographique et télévisuelle le place tout naturellement en position d'assurer cette gestion. Il quitte Paris pour s'installer dans la maison d'Epalinges, près de Lausanne. Du vivant de Simenon, cette demeure fit couler beaucoup d'encre. Immense, elle était un peu conçue comme un collège ou une clinique. Le nombre de pièces, leurs dimensions, leur équipement ultramoderne, exciteront les imaginations. La maison sera bientôt peuplée de fantasmes journalistiques. On évoque une imaginaire salle d'opération, située dans le sous-sol, venant confirmer les soucis hygiénistes du maître de céans. Cette description, ces fantasmes, agacent John Simenon qui vit depuis 8 années dans cette demeure : Vous savez, cette maison n'a rien d'extraordinaire. Je peux vous en citer plus d'une centaine autour du lac, beaucoup plus étranges, plus mystérieuses ou luxueuses mais elles sont cachées par des murs. J'ai choisi de m'installer avec ma famille, ici, par commodité. C'est en effet un peu grand, mais je ne pense pas y finir mes jours. Cet endroit n'évoque-t-il pas, pour les enfants Simenon, de mauvais souvenirs, la séparation des parents ? Les relations entre mon père et ma mère les ont conduits à se séparer et je leur sais gré d'avoir choisi pour nous la moindre des souffrances. Mais ceci fait partie de ma vie privée, d'une intimité dont je n'ai pas envie de parler Notre vie avec mon père était celle de tous les enfants. Nous allions à l'école, on se disputait avec des copains, on se réconciliait. Mon père était très présent à nos côtés. Notre école était près de la maison et nous pouvions revenir déjeuner. Mon père était là, nous pouvions discuter, de tout, très simplement. Bien sûr, parfois, il pensait à ses personnages. Nous ne l'interrogions pas sur ce qu'il écrivait. Je faisais une promenade tous les après-midi avec lui, on avait des conversations très directes, je lui parlais de mes problèmes d'enfant. Lorsqu'il avait terminé un livre, il nous donnait le « tapuscrit ». J'ai lu tous les livres qu'il a écrits à Epalinges. À cette époque, s'il nous donnait son livre, il ne nous demandait pas de le lire et de lui dire ce que nous en pensions. Lorsque je fus plus âgé, il m'arriva d'évoquer tel ou tel roman avec lui. Il écoutait beaucoup. Parfois il avait du mal à se souvenir d'une intrigue, d'un personnage. Nous n'avons jamais eu aucun problème de communication. Il prenait son rôle de père très au sérieux. Aux yeux des autres, l'homme a été occulté par le romancier La légende qu'il a parfois contribuée à bâtir sciemment ou inconsciemment l'a fait disparaître. Pour nous, ce fut un père qui nous laissa toujours libres de nos choix, mais qui nous répétait: « Avant de parler de vos droits, pensez à vos devoirs. » Cette phrase résonne encore souvent en moi. |
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