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Le Soir magazine
12 février, 2003

L'Année Simenon

Simenonville se souvient...
Simenon à Paris
Une star jamais honorée
Une œuvre immense
Simenon dans la Pléiade
Les trésors du Fonds Simenon
Les mémoires intimes d'un fils
Sa dernière demeure
Une vie de ruptures...
Au menu de la fête...
La production Simenon
Ils ont tous joué Maigret
Au cinéma, 57 films

Georges Simenon l'homme

Sa dernière demeure

Alain Van Der Eecken

Guido Marcon
Le regard de Simenon sur l'humanité fut aigu et perspicace. Parfois c'est son propre reflet qu'il aperçut.

Qui est cet homme à la fenêtre de cette petite maison étouffée par des immeubles sinistres ? L'homme aux lunettes d'écailles observe un cèdre énorme dressé exactement au milieu d'une pelouse mitée. Son regard est infiniment las, dans quelques instants il ira s'asseoir sur un fauteuil sans style.

Il posséda tout ce dont il n'avait jamais rêvé. Riche, il le fut avec jubilation. Célèbre il l'était plus qu'aucun autre exerçant la profession inscrite sur son passeport: romancier.

Dans ses dernières années, réfugié dans un quartier pavillonnaire de la banlieue de Lausanne, Simenon s'était débarrassé de ses signes extérieurs de richesse. Lui qui se vanta d'avoir possédé jusqu'à 33 maisons à travers le monde, des voitures de luxes, une domesticité, avait fini par rejoindre l'univers des personnages de ses romans, de cette foule de petites gens, engoncés dans des vies étroites, effaçant doucement sur les vitres la buée des souvenirs pour apercevoir ce qui se passe dehors.

La maison de l'avenue des Figuiers sera le dernier domicile connu de l'écrivain, une curieuse demeure tout en longueur, dominée par deux grands buildings, les tours Vidy.

Guido Marcon
Avec Teresa qui fut sa dernière épouse.

C'est dans l'une de ces tours que Georges Simenon et Teresa, son infirmière, sa gouvernante, sa dernière épouse ont élu domicile après avoir quitté la maison d'Epalinges. L'écrivain venait de découvrir qu'il n'avait plus la force d'enfanter des personnages, de leur construire un monde. Après avoir emménagé dans son duplex du 8' étage, il demande à sa fidèle collaboratrice, Joyce Aitken, de se rendre au consulat de Belgique. Il souhaite qu'à la rubrique profession n'apparaisse plus écrivain, mais que l'on inscrive désormais : sans profession.

Du haut de la tour Vidy, il observe une maison rose, vestige d'une zone pavillonnaire qui se trouve au pied de l'immeuble. Il finira par acheter cette maison, après avoir lu un fait divers relatant la mort d'une famille coincée par un incendie dans un appartement au sommet d'un immeuble.

Simenon passera ses dernières années dans cette maison, débarrassé du fatras de la notoriété, des oripeaux de la fortune.

En mai 1978, c'est au pied du cèdre qu'il disperse les cendres de sa fille Marie-Jo, qui s'est donné la mort à l'âge de 25 ans. Cet arbre, il l'épiera de sa fenêtre jusqu'à sa mort, le 4 septembre 1989. Ses cendres rejoindront celles de sa fille.

Le Soir magazine
12 février, 2003

L'Année Simenon

Simenonville se souvient...
Simenon à Paris
Une star jamais honorée
Une œuvre immense
Simenon dans la Pléiade
Les trésors du Fonds Simenon
Les mémoires intimes d'un fils
Sa dernière demeure
Une vie de ruptures...
Au menu de la fête...
La production Simenon
Ils ont tous joué Maigret
Au cinéma, 57 films


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