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Le Soir Illustré
14 septembre, 1989
N° 2986, pp 4-20

Tout Simenon

L'Album d'une vie prodigieuse

Curieux des l'enfance
Villas avec vues
Est-il communication
Trois brèves rencontres
Liège a habité Simenon
L'ambiance Simenon
Jean Richard va tourner
Je suis le dernier parisien
L'héritage à Liège
L'écrivain de l'homme nu
Son écriture révèle
English translation

Son écriture revele : prodigieusement deconcertant

L'exemplaire de l'écriture de Georges Simenon, qui est reproduit ici, date de quelque trente ans, lorsqu'il était en pleine forme, en pleine activité. Quelle densité de texte lorsqu'on voit cette toute petite écriture !

Naturellement, pas de papier ligné : le graphisme tel qu'il était, si dense, si serré ne se serait pas accommodé d'une quelconque que contrainte de lignage ou de format. Cela eût agacé considérablement le scripteur, gêné le fil de la pensée conductrice.

Le graphisme est réduit à sa plus simple expression. Le minimum de moyens, de fatigue. Ecrire tout petit permet normalement – d'écrire très rapidement. Voyez ce tracé simplifié, non pas sec cependant. Voyez ces liaisons. Tout est conçu pour la rapidité. Pour la lisibilité ? C'est une autre question. Pourtant toutes les lettres sont parfaitement formées. Peu de ratures. Tout coule d'un jet. Scrutons ce graphisme : légèrement montant, extraordinairement régulier. De menues, de fines inégalités. C'était, tout de même un être sensible et réceptif ! Il y a là non seulement tous les signes de la plus grande réceptivité mais aussi ceux d'un esprit d'observation extraordinaire.

Voyez cette écriture au trait à la fois chaud, plein et « moiré » comme on dit à présent. C'est la richesse de vie, de vitalité de l'auteur qui s'exprime ainsi. Simenon est un monde en soi. C'est aussi un être prodigieusement déconcertant : c'est, au sens caractérologique du terme, un actif-non-émotif- secondaire. Donc un flegmatique selon la classification de Le Senne. Il y a, en effet, peu d'irrégularités dans ce tracé continu sans être monotone. Où je veux insister : « non-émotif ». Il pouvait être d'une froideur glaciale quand on ne l'intéressait pas ou plus. Il était également extrêmement affable, accueillant. Pas n'importe quand, pas avec n'importe qui.

Voyez ces jambages secs, en forme de bâton : ce n'est pas là l'indice d'un jouisseur, d'un matérialiste ni d'un sensuel. Etait-ce donc un ascète ? Loin de là, la richesse de son trait prouve le contraire. Cette écriture dénote aussi un souci quasi maniaque de l'ordre et de la méthode. Et pourtant – nouvelle contradiction – cet être d'ordre, d'habitudes, presque de manies a été le plus instable qu'on puisse imaginer.

Voyons à présent sa signature : elle est large et grande, lisible (sauf pour le « G » du prénom), soulignée, remarquablement affirmée. Les chiffres ne sont pas bien formés. Dédain de l'argent ? Ou plutôt des comptes à tenir ?

Voyez encore la logique qui se dégage de ces lignes bien espacées, avec une parfaite régularité. L'esprit de détail se marque bien ici, rien n'est laissé dans l'ombre, tout est dit, clairement, expliqué. Précisé. Ce n'est pas de la simple fantaisie, c'est logique, solide, construit. Comme le graphisme tout entier.

Que conclure ? Que Simenon fut un vrai grand romancier, qui sut faire passer à des millions de lecteurs des moments réellement palpitants.

A.-M. Cobbaert.

Le Soir Illustré
14 septembre, 1989
N° 2986, pp 4-20

Tout Simenon

L'Album d'une vie prodigieuse

Curieux des l'enfance
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Est-il communication
Trois brèves rencontres
Liège a habité Simenon
L'ambiance Simenon
Jean Richard va tourner
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L'héritage à Liège
L'écrivain de l'homme nu
Son écriture révèle
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