"LE PASSAGER CLANDESTIN" (1947)

écrit à Bradenton Beach (U.s.a.)

Le bateau a fait escale à Panama avant d'arriver à Papeete, Deux irréguliers sont montés à bord: un marlou parisien, qui sévit dans les quartiers chauds de Panama, un major anglais qui gagne sa vie en trichant aux cartes dans les palaces. Ils vont s'affronter sous le ciel trop bleu, devant les lagons trop verts ...

« Parfois la route traversait un ruisseau qui allait se perdre dans le lagon et, dans le lit de ces ruisseaux, les femmes s'arrêtaient pour se rafraîchir, s'asseyant. avec leur robe, dans le liquide pailleté de soleil. Elles riaient au passage de l'auto. Elles avaient toutes le même rire qui chantait dans le fond de leur gorge.
Un village. Une église en bois, toute blanche, avec un toit rouge et une mince flèche gravée dans le ciel. Une école, en bois aussi, sur pilotis comme la plupart des maisons de l'île, où, par les fenêtres ouvertes, on voyait vingt visages d'enfants...
Ils traversèrent ainsi huit ou dix villages et, quand ils se rapprochaient du lagon, ils apercevaient des pirogues à balancier qui dérivaient lentement, un homme nu, debout, à l'arrière, son harpon à la main, prêt à plonger.
"Tu ne trouves pas, monsieur, que c'est le plus beau pays du monde ?" »