RÉACTION
ÉRIC RENETTE
Nettement
moins impliqué que son frère John dans la partie visible de la
Fondation Simenon, Pierre, le plus jeune enfant du romancier (né en
1959), vit depuis plusieurs années aux Etats-Unis. L'expo est le fruit d'un travail merveilleux, nous a-t-il confié.
J'avais déjà vu celle de 1993, et je les trouve complémentaires, assez
différentes. Je suis chaque fois étonné de voir à quel point des gens
se sont penchés sur mon père, son œuvre et son époque.
La célébration du centenaire de la naissance de son père le touche : C'est
magique, en arrivant de Malibu, de voir qu'on parle de lui dans tous
les journaux, à la télé, partout. C'est une manière très belle de dire
joyeux anniversaire. Il ne recherchait pas les honneurs, mais, là, je
sais qu'il aurait été très touché. Surpris par l'ampleur de la commémoration ? Je n'ai jamais eu du mal à accepter que mon père avait fait de grandes choses, mais, pour moi, c'était avant tout mon père.
Reste
que, confrontés à des objets personnels, à la voix omniprésente de
l'écrivain à travers l'exposition, Pierre replonge lui aussi dans ses
souvenirs : Je le dis à tout le monde, mais c'est vrai :
revoir son bureau, ça fait vraiment quelque chose. Et la chemise qu'il
mettait pour écrire. Ou même les boîtes d'allumettes, bien
caractéristiques de l'époque. Rien qu'à les voir, j'entends le bruit et
je sens l'odeur du soufre. Et puis, entendre sa voix dans l'expo...
quelques fois, j'avais envie de me retourner, comme s'il était là.
Après
avoir été avocat spécialisé dans le droit du cinéma, Pierre Simenon
explique qu'il enseigne aujourd'hui encore un peu la plongée
sous-marine, mais que, surtout, il est en train d'écrire un livre, en
anglais : J'espère qu'il sera terminé cette année. Ma fiancée
me motive beaucoup. S'il est édité un jour, certains voudront
certainement comparer avec l'œuvre de mon père. Or, ça n'a rien à voir.
Mais le plus merveilleux, de toute façon, ce sera de l'avoir écrit.