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La Revue du Cinéma
n° 454
novembre, 1989
Dossier
pp 67-72

in English

SIMENON
PAR SIMENON

Claude Gauteur


Destinées
Ciné-France
Point-Virgule
Les Mémoires de Maigret
L'énigme Georges Simenon
Box-Office Simenon
Les 10 « Maigret » du cinéma
Les « Simenon » à L'écran
Sur Jean Gabin
Sur Pierre Renoir
Sur Harry Baur
Sur Albert Préjean

Dans son vingt et unième volume de « dictées » publié, « Destinées », Simenon évoque, le 29 septembre 1979, sa vie de jeune reporter à « La Gazette de Liège », découvrant les dessous de sa ville natale et ses petits secrets, les magouilles des uns et les tripotages des autres. Par association d'images, il pense alors au cinéma, à propos duquel il résume en une centaine de lignes sa philosophie*.

 

« (...) À Paris, gagnant, au début, assez péniblement ma vie avec des contes et des romans populaires, je devais me passionner pour le cinéma que les intellectuels et les grands bourgeois de l'époque traitaient encore avec mépris.

« C'est alors que j'ai vécu ce que je pourrais appeler l'époque glorieuse du cinématographe, pour employer le mot favori de Jean Renoir.

« Je n'étais pas encore son ami mais je le voyais souvent ainsi que quelques autres, comme René Clair, Jean Epstein, Cavalcanti, d'autres encore dont j'ai oublié le nom.

Michel Simon et Georges Simenon qui disait de lui : « Il fut un extraordinaire Maigret... »

PLUS VASTE QU'UNE CATHÉDRALE...

« Certes, Il existait sur les grands boulevards d'immenses immeubles où, dans une atmosphère luxueuse, on projetait de grands films commerciaux.

« Je n'ai mis qu'une seule fois les pieds dans un de ceux-ci, le Paramount, plus vaste qu'une cathédrale et qui contenait environ trois mille spectateurs. Cet établissement avait même conçu et réalisé une immense plate-forme qui, comme un ascenseur, sortait de terre entre deux films et découvrait ainsi un orchestre d'une centaine de musiciens tandis que des « girls » dansaient sur la scène.

« Cette somptuosité ne m'attirait pas et je préférais me rendre à pied très loin sur la Rive Gauche, dans une petite salle assez miteuse qui s'appelait les Ursulines et qui était comme la pépinière des metteurs en scène d'avant-garde.

« Le premier film que l'y ai vu : Le cabinet du docteur Caligari, œuvre d'un expressionniste allemand, m'ouvrit comme à beaucoup d'autres, de nouveaux horizons. Les décors futuristes n'essayaient pas de calquer la réalité et j'y voyais comme une véritable révolution du cinéma.

« C'est aux Ursulines aussi que fut projeté le premier film de Jean Renoir : La petite marchande d'allumettes que jouait Catherine Hessling aux grands yeux de gamine éplorée.

« La aussi, le m'enthousiasmais pour Entr'acte, du jeune René Clair qui ne prévoyait pas de porter un jour l'habit vert. C'était un film loufoque, réalisé avec les moyens du bord avec l'aide de ses amis et on y voyait entre autres un enterrement, avec le corbillard classique de l'époque, suivi d'une foule dé piétons au premier rang desquels on reconnaissait les immenses lunettes de Marcel Achard. À un moment donné, le cheval du corbillard s'emballait, et tout le cortège devait se mettre à courir à une allure toujours plus précipitée.

« Le chapeau de paille d'Italie, du même René Clair, devait bientôt suivre ainsi qu'un film d'Epstein, une histoire plus ou moins sentimentale, mais dont on ne voyait, tout au long du spectacle, que les jambes et les pieds des protagonistes.

« Est-ce dans cette salle aussi que l'on donna le Metropolis de Fritz Lang, avec ses villes futuristes si semblables aux grandes villes d'aujourd'hui ? Je crois bien que j'étais amoureux de la vedette féminine au corps sculptural dont j'ai oublié le nom.

« C'était alors le saint des saints du cinéma. Comme les aficionados des corridas, une partie des spectateurs commençait à siffler tandis que d'autres s'efforçaient de les faire taire et il n'était pas rare qu'une bagarre générale s'ensuive, avec l'inévitable intervention de la police qui emmenait au petit bonheur un certain nombre de spectateurs au commissariat.

« Ce sont mes meilleurs souvenirs de cinéma. Tous les metteurs en scène que je regardais comme de jeunes dieux n'ont pas tardé a devenir mes amis, et, dans ce cas encore, je me sentais un peu dans la coulisse et considérais avec pitié ou dédain les moutons qui s'entassaient dans les salles des grands boulevards.

« Je n'ai mis les pieds qu'une seule fois, je ne sais plus pour rencontrer quel acteur ou quelle actrice, dans les studios Pathé-Nathan, à Joinville, où l'on fabriquait à la chaîne des films populaires, héroïques ou larmoyants. C'était le cinéma du grand commerce qui ne m'intéressait pas.

« Bien vite, je retournais dans la petite salle des Ursulines ou dans les deux autres salles d'avant-garde que s'étaient créées peu après, le Vieux-Colombier d'une part et le Studio 28, à Montmartre.

« À eux trois, ils réunissaient tous les amateurs du Nouveau Cinéma comme Montparnasse réunissait les peintres de l'époque, de Soutine à Vlaminck, de Foujita à Derain et à tant d'autres aux noms évoquant la plupart des pays du monde.

Fernand Ledoux et Jules Berry dans L'homme de Londres.

L'ENTRACTE AU BISTRO

« La aussi, je me sentais dans la coulisse et beaucoup de ces artistes sont devenus mes meilleurs amis.

« Plus tard, lorsque j'habitais a une dizaine de kilomètres de La Rochelle, j'ai pris l'habitude d'aller chaque samedi dans un des cinémas populaires qui donnaient deux films par soirée, sans compter le long entracte pendant lequel les spectateurs se pressaient dans le bistrot appartenant au même propriétaire et que rapportait plus que les films.

« De ces films, je ne parlerai pas. Ils correspondaient à peu prés comme qualité aux romans populaires que j'écrivais en m'efforçant d'être autant que possible dans le ton et de faire rire ou pleurer au bon moment.

« Ce que m'attirait, c'était la foule qui réagissait admirablement à toutes les petites astuces des auteurs. J'aimais aussi ce coude à coude avec un petit peuple dont je me sentais solidaire et, comme les autres, j'allais boire mon verre de bière à l'entracte.

« Depuis, je suis allé de moins en moins au cinéma, sinon pour y voir les œuvres de mes amis, et voilà plus de dix ans que je n'y ai pas mis les pieds.

« On a tiré plus de soixante films de mes romans. Je n'en ai vu que quatre ou cinq. De même je ne regarde jamais les adaptations télévisées de mes œuvres.

« Tout au moins, comme dans mon adolescence j'avais été au courant des magouilles provinciales, j'ai connu, vues du côté des metteurs en scène et des acteurs, les difficultés de réaliser une œuvre authentique et les tripatouillages des producteurs, coproducteurs, financiers et autres. »

Mona Dol, Assia Noris et Jean Desailly dans Le voyageur de la Toussaint.

UNE PIÈCE POUR CINÉMA

Excellente journaliste, Doringe recueille et publie dans « Ciné-France » (9 avril 1937) une interview capitale, jamais citée : « (... ) Ce qui m'effare, c'est qu'il y a des gens qui extraient un scénario de tel ou tel ouvrage... et puis, qui signent... comme s'ils avaient créé quelque chose. S'ils sont vraiment scénaristes, pourquoi ne font-ils pas des scénarios originaux ? (...) si un jour le cinéma m'intéresse réellement, j'apprendrai à faire un découpage, je ferai celui de mon film, quitte, bien entendu, à le revoir ensuite avec le metteur en scène. On apprend à faire un scénario comme on apprend à faire une comédie, non ? Un découpage, c'est une pièce pour cinéma au lieu d'une pièce de théâtre, avec les lois, les données, l'optique, propres au cinéma... (...) J'ai écrit moi-même la pièce tirée de "Quartier nègre" et qui a véritablement triomphé à Bruxelles. De même, si "Quartier nègre" est tiré un jour, en écrirai-je moi-même le scénario, car je ne veux pas de tripatouillages ! Et je serai auprès du metteur en scène du premier tour de manivelle au dernier. » Metteur en scène qu'il souhaité pouvoir choisir lui-même.

Il se prononce au passage pour le décor naturel, contre la toile peinte : « Pas un mois ne se passe sans qu'on me propose de tirer un film de l'un ou l'autre de mes livres. Pour ma part, je voudrais tourner « Les Pitard » — mais à Rome, à Hambourg, à Reikiawik. Fécamp, et surtout en mer je voudrais tourner « Quartier nègre, » mais à Panama. Car le théâtre admet cette convention contre laquelle il est impuissant par nature : la toile de fond. Marseille, Bourg-en-Bresse, la Pampa, Corneville ou les Tuileries : toile de fond. Mais le cinéma bouge. Ses extérieurs sont de vrais extérieurs. Pourquoi ne seraient-ils pas les vrais extérieurs. (...) Un Panama installé au cœur de le Camargue n'a rien qui me séduise ! »

Soucieux d'être associé à des « films de classe internationale », en « deux versions » (« c'est indispensable »), Simenon tient également à ce que leur financement soit sain : « "Les Pitard" comme "Quartier nègre" coûteraient trois millions. (...) je ne voudrais point que le travail soit commencé sans qu' il y ait au moins deux millions en banque. (...) Deux millions qui, bien entendu, ne nous mettraient pas sous le tutelle des distributeurs ni des exploitants. »

Car il y a anguille sous roche : « (...) les gens qui ont le feu sacré du cinéma — il y a encore quelques producteurs comme ça, de quoi faire une escouade ou deux, mais de cinq ou six nations — ont rarement assez d'argent pour faire un film de "classe internationale". Alors, au lieu de faire un film de trois millions qui en rapportera trois de plus, on fait un film de douze à quinze cent mille francs qui, avec beaucoup de chance, rapportera trois cents billets, et avec moins de chance ne couverait pas ses frais. (...) Ce film presque d'avance voué a la médiocrité, on le commence souvent avec un tout petit peu d'argent liquide. Le studio ? À crédit, donc plus cher. Le pellicule ? À crédit, donc plus cher. Les artistes? Il arrive bien qu'une partie de leurs cachets soit à crédit, sans pour cela présenter de majoration parfois même ce crédit demeure à jamais insoldé. Mais, pour la plus grande part, il faut payer comptant.

« —Avec un comptant que l'on ne possède pas.

« D'ou traites. Traites escomptées au taux le plus élevé chez de soi-disant banquiers spécialisés dans ce genre d'affaires et qui, en l'état actuel des choses. sont les seuls bénéficiaires véritables de l'industrie cinématographique. Il arrive parfois, et c'est un des plus beaux tours de la Providence, qu'un de ces messieurs, à force de manipuler les traites des producteurs, se sente assez puissamment documenté sur le cinéma, ses ressorts et ses mystères, pour vouloir se jeter lui-même dans la bagarre... et alors c'est bientôt a lui de connaître la joie des lourds escomptes.

—« A payer cette fois !...

« Comme juste. Comment voulez-vous faire de bons films s'il vous faut, pour commencer, consulter les douze distributeurs, lesquels vont, à leur tour, demander chacun l'avis d'une centaine d'exploitants ? Car, si le producteur "tire" sur le distributeur, celui-ci "se couvre" sur l'exploitant. De sorte qu'en fin de compte ce dernier devient le véritable commanditaire. Commanditaire déguisé mais conscient et dont l'opinion influence inévitablement la production. »

Une confidence rétrospectivement amusante enfin : « J'aimerais faire tourner Jean Gabin : il habillerait bien certains de mes personnages ; c'est un grand acteur, mais je déplore qu'il ne soit jamais détendu, à croire qu'il a oublié comment on sourit... Je voudrais le voir dans des minutes joviales, heureuses, à côté des moments durs et dramatiques... »

Gabin qui, depuis Le Marie du port, aura quelque dix Simenon/Maigret à son actif... 1979, dans « Point-Virgule », Simenon évoque les deux premiers Maigret. « Rondeur » imposée par son fils Jean (« snob jusqu'au bout des ongles » et rien moins qu'un « cerveau »), Abel Tarride, « un énorme bonhomme qui jouait à peu près comme on jouait jadis à la Porte Saint-Martin », « avait un ventre énorme, des bajoues : il était plutôt destiné à faire rire qu'a représenter la Police judiciaire. » Tout a l'inverse, « Pierre Renoir, bras droit de Jouvet, avait compris qu'un commissaire principal de la P.J. est un fonctionnaire. Il s'est comporté et habillé en fonctionnaire, gardant toujours sa dignité, et son regard un peu fixe et inquisiteur. » Et Simenon de conclure : « Pierre Renoir, le frère aîné de Jean » (Jean : « mon ami, sinon mon meilleur ami), « a mon avis a été le meilleur Maigret. »

Maigret à l'italienne : Gino Cervi dans Le commissaire Maigret à Pigalle (avec Christian Barbier)...

LES VISAGES DE MAIGRET

Opinion partagée par... Maigret lui-même ! (in « Les Mémoires de Maigret », 1951, chapitre II) : « C'est une drôle de sensation de voir sur l'écran, allant, venant, parlant, se mouchant, un monsieur qui prétend être vous, qui emprunte certains de vos tics, prononce des phrases que vous avez prononcées, dans des circonstances que vous avez connues, que vous avez vécues, dans des cadres qui, parfois, ont été minutieusement re-constitués.

« Encore avec je premier Maigret de l'écran, Pierre Renoir, la vraisemblance était-elle à peu près respectée. Je devenais un peu plus grand, plus svelte. Le visage, bien entendu, était différent, mes certaines attitudes étaient si frappantes que je soupçonne l'acteur de m'avoir observé à mon insu.

« Quelques mois plus tard, je rapetissais de vingt centimètres et, ce que je perdais en hauteur, je le gagnais en embonpoint, je devenais, sous les traits d'Abel Tarride, obèse et bonasse, si mou que j'avais l'air d'un animal en baudruche qui va s'envoler au plafond. Je ne parte pas des clins d'œil entendus par lesquels je soulignais mes propres trouvailles et mes finesses !

« Je ne suis pas resté jusqu'au bout du film, et mes tribulations n'étaient pas finies. Harry Baur était sans doute un grand acteur, mais il avait vingt bonnes années de plus que moi à cette époque, un faciès à la fois mou et tragique.

« Passons !

« Après avoir vieilli de vingt ans, je rajeunissais de presque autant, beaucoup plus tard, avec un certain Préjean, à qui je n'ai aucun reproche à faire — pas plus qu'aux autres — mais qui ressemble beaucoup plus à certains jeunes inspecteurs d'aujourd'hui qu'à ceux de ma génération.

« Tout récemment enfin, on m'a grossi à nouveau, grossi à m'en faire éclater, en même temps que je me mettais, sous les traits de Charles Laughton, à parler la langue anglaise comme ma langue maternelle.

« Eh bien ! de tous ceux-là, il y en a au moins un qui a eu le goût de tricher avec Simenon et de trouver que ma vérité valait mieux que la sienne.

« C'est Pierre Renoir, qui ne s'est pas vissé un chapeau melon sur la tête, mais qui a arboré un chapeau mou tout ordinaire, des vêtements comme en porte n'importe quel fonctionnaire, qu'il soit ou no de la police. »

Ultime témoignage de l'auteur, datant du milieu des années soixante et recueilli par Fenton Bresler (in « L'énigme Georges Simenon », Balland, 1983, pages 122 et 123) : « Malgré ses déclarations, affirmant qu'il n'avait jamais vu Maigret sur le grand ou le petit écran, Simenon avait à l'époque son opinion bien arrêtée sur les nombreux acteurs qui ont joué le rôle. Les trois meilleurs Maigret français ont été d'abord Pierre Renoir, parce qu'il comprenait qu Maigret était un fonctionnaire et le représentait comme tel ; Michel Simon qui, bien qu'il ne le joua qu'une fois, fut un extraordinaire Maigret ; et naturellement Jean Gabin, qui n'avait, je pense, jamais vu un commissaire en action et était un peu trop négligé dans son allure avec sa cravate de travers, mais qui conférait au rôle sa propre autorité.

"Jean Richard est peut-être le Maigret le plus populaire des séries télévisées mais il est franchement le pire. Il est très mauvais. Il joue Maigret comme s'il avait vu trop de films américains, pleins de gangsters et de gigolos. On le voit arriver chez une vieille dame ou ailleurs avec son chapeau sur la tête, qu'il n'enlève pas. Il ne dit pas « bonjour » mais simplement « commissaire Maigret ». Il continue de fumer et garde son chapeau tout le temps. Ça me choque. Un commissaire divisionnaire a tout de même une certain éducation. Il sait qu'on ne rend pas visite aux gens le chapeau sur la tête en fumant la pipe.

"Parmi les Maigret étrangers, Charles Laughton en son temps a fait de son mieux mais il était assez épouvantable. Gino Cervi, l'acteur italien, était très bon. Mais c'est Rupert Dvies (à la télévision britannique) que j'ai trouvé le meilleur. Je le mettrais à égalité avec Michel Simon. J'ai d'ailleurs fait sa connaissance, ainsi qu celle de sa femme et de ses enfants. C'était un homme charmant et il faisait tout pour se mettre dans la peau du rôle. Je me souviens qu'il m'a rendu visite à Eschandens, avant de commencer à tourner la série, afin de me demander comment Maigret fumait la pipe, et se comportait dans la vie...

"Une chose m'amusa, ajoute Simenon." Il m'a demandé : "Mme Maigret, dès qu'elle entend les pas de Maigret dans l'escalier, quand il rentre à la maison, lui ouvre la porte. C'est comme si elle sentait qu'il arrivait et il n'a jamais besoin de prendre sa clef. Mais que fait Maigret quand il la voit ? Doit-il l'embrasser, ou qui ? J'ai fait venir la jeune femme de chambre et j'ai fait comme ça... (Simenon fait alors le geste éloquent de lui donner une claque sur les fesses) et Rupert Davies, qui était très anglais, a rougi !

"Voilà ce que vous devez faire", lui ai-je dit et c'est ce que je lui ai montré. Ce n'était qu'un geste affectueux, rien de sexuel... mais malgré tout, on voyait qu'il avait du mal à faire ça. Pourtant, il était vraiment très bon !

"La meilleure Mme Maigret, à mon avis et en comptant même les Françaises, est la Mme Maigret de la télévision japonaise. Elle est exactement comme il faut."

C.G.

Toutes les photos illustrant ce dossier ont été aimablement prêtées par Claude Gauteur.
* « Destinées », Presses de la Cité, 1981, pages 78 à 82. Cf « Georges Simenon et le cinéma, le cinéma et Georges Simenon », in « La Revue du Cinéma » n° 270, mars 1973 et n° 335, janvier 1979.

...et à la japonaise : Kinya Aikawa dans Tokyo Maigret Keighi (série T.V.) avec Sato Tomomi dans le rôle de madame Maigret, « la meilleure interprète du rôle » selon Simenon.


BOX-OFFICE SIMENON

(Paris 1958-1988)
 TitresEntrées*AnnéeRéalisateur
1.La veuve Couderc (16 semaines)444 5471971Pierre Granier-Deferre
2.Le baron de l'écluse (21 s.)366 1081960Jean Delannoy
3.L'étoile du Nord (10 s.)342 6421982Pierre Granier-Deferre
4.Le train (12 s.) 295 6051973Pierre Granier-Deferre
5.En cas de malheur (13 s.)282 9941958Claude Autant-Lara
6.L'horloger de Saint-Paul (12 s.)280 4081974Bertrand Tavernier
7.Le président (12 s.)267 0091961Henri Verneuil
8.Maigret tend un piège (4 s.)246 1071958Jean Delannoy
9.Monsieur Hire (17 s.)*235 1831988Patrice Leconte
10.Maigret et l'affaire St-Fiacre (9 s.)213 3021959Jean Delannoy
11.Le chat (16 s.)208 3411971Pierre Granier-Deferre
12.Maigret voit rouge (11 s.)189 3831963Gilles Grangier
13.Les fantômes du chapelier (11 s.)159 0551982Claude Chabrol
14.Équateur (8 s.) 157 3501983Serge Gainsbourg
15.Le bateau d'Émile (9 s.)131 6161962Denys de La Patellière
16.Le sang à la tête; (6 s.)117 3961956Giles Grangier
17.L'aine des Ferchaux (4 s.)91 9951963Jean-Pierre Melville
18.La mort de Bette (9 s.) 90 8751961Édouard Molinaro
19.Trois chambres à Manhattan (5 s.)67 3431965Marcel Carn&eacut
* Film encore en exploitation.
Source: « Le Film français ».


LES 10 « MAIGRET » DU CINEMA

Réalisateurs15 romans ou nouvelles (1931-1955)
14 films (1931-1966)
Abel Tarride• dans Le chien jaune, de Jean Tarride (1932), d'après « Le chien jaune » (Fayard, 1931).
Pierre Renoir• dans La nuit du carrefour, de Jean Renoir (1932), d'après « La nuit du carrefour » (Fayard, 1931).
Harry Baur• dans La tête d'un homme, de Julien Duvivier (1932), d'après « La tète d'un homme » (Fayard, 1931).
Albert Préjean• dans Picpus de Richard Pottier (1942), d'après « Signé Picpus » (G.S., écrit en 1941, publié par Gallimard en 1944).

• dans Cécile est morte, de Maurice Tourneur (1943), d'après « Cécile est morte » (in « Maigret revient... », Gallimard, 1942).

• dans Les caves du Majestic, de Richard Pottier (1944), d'après « Les caves du Majestic » (in « Maigret revient... », Gallimard, 1942).

Charles Laughton• dans L'homme de la tour Eiffel, de Burgess Meredith (1948), d'après « La tête d'un homme » (Fayard, 1931).
Michel Simon• dans Brelan d'as, sketch : Le témoignage de l'enfant de chœr, réalisé par Henri Verneuil (1952), d'après « Le témoignage de l'enfant de chœur » ( in « Maigret et l'inspecteur malchanceux », Presses de la Cité, 1947).
Maurice Manson• dans Maigret dirige l'enquête, de Stany Cordier (1954), d'après trois sketches tirés de « Cécile est morte » (cf. sup.). « On ne tire pas les pauvres types » (in « Maigret et l'inspecteur malgracieux », Presses de la Cité, 1947) et « Maigret et la grande perche » (Presses de la Cité, 1951).
Jean Gabin• dans Maigret tend un piège de Jean Delannoy (1957), d'après « Maigret tend un piège » (Presses de la Cité, 1955).

• dans Maigret et l'affaire Saint-Fiacre, de Jean Delannoy (1959), d'après « Maigret et affaire Saint-Fiacre » (Fayard, 1932).

• dans Maigret voit rouge, de Gilles Grangier (1963), d'après « Maigret, Lognon et les gangsters » (Presses de la Cité, 1959).

Heinz Ruhman• dans Maigret fait mouche, de Alfred Weidenmann (1966), d'après « La danseuse du Gai-Moulin » (Fayard, 1931).
Gino Cervi• dans Le commissaire Maigret à Pigalle, de Mario Landi (1966), d'après « Maigret au Picratt's » (Presses de la Cité, 1951).


LES « SIMENON » A L'ÉCRAN

 32 romans ou nouvelles (1933-1967)37 films (1941-1988)
1933« Les fiançailles de M. Hire » (Fayard).Panique, Julien Duvivier, 1946
Monsieur Hire, Patrice Leconte, 1988.
« Le coup de lune » (Fayard).Éqauteur, Serge Gainsbourg, 1982.
1934« Le locataire » (Gallimard).Dernier refuge, Jacques Constant, 1939*
Dernier Refuge, Marc Maurette, 1947.
L'étoile du Nord, Pierre Granier-Deferre, 1981.
« L'homme de Londres » (Fayard).L'homme de Londres, Henri Decoin, 1943.
Temptation harbour/Newheaven-Dieppe/
Le Port de la tentation
, Lance Comfort, 1946.
1937« L'assassin » (Gallimard).Der Mörder, Ottokar Runze, 1979
1938« L'homme qui regardait passer les trains » (Gallimard).The man who watched trains go by, Harold French, 1953.
« Monsieur la Souris » (Gallimard).Monsieur la Souris, Georges Lacombe, 1942.
« La Marie du port » (Gallimard).La Marie du port, Marcel Carné, 1949.
1940« Les inconnus dans la maison » (Gallimard).Les inconnus dans la maison, Henri Decoin, 1942.
A stranger in the house, Pierre Rouve, 1967.
« Annette et la dame blonde » (in « La rue aux trois poussins », Presses de la Cité, 1963).Annette et la dame blonde, Jean Dreville, 1941.
« Le baron de l'écluse » (in « Le bateau d'Émile », Gallimard, 1954).Le baron de l'écluse, Jean Delannoy, 1959.
1941« La maison des sept jeunes filles » (Gallimard).La maison des sept jeunes filles, Albert Valentin, 1942.
« Le voyageur de la Toussaint » (Gallimard).Le voyageur de la Toussaint, Louis Daquin, 1942.
1942« La veuve Couderc » (Gallimard).La veuve Couderc, Pierre Granier-Deferre, 1971.
« La vérité sur Bébé Donge » (Gallimard).La vérité sur Bébé Donge, Henri Decoin, 1951.
« Le fils Cardinaud » (Gallimard).Le sang à la tête, Gilles Grangier, 1962.
1945« L'aîné des Ferchaux » (Gallimard).L'aîné des Ferchaux, Jean-Pierre Melville, 1962.
« Le bateau d'Émile » (Gallimard, 1954).Le bateau d'Émile, Denys de La Patellière, 1962.
1946« Trois chambres à Manhattan » (Presses de la Cité).Trois chambres à Manhattan, Marcel Carné, 1965
1947« Lettre à mon juge » (Presses de la Cité).Le fruit défendu, Henri Verneuil, 1962.
« Le passager clandestin » (La Jeune Parque).Le passager clandestin, Ralph Habib, 1957.
1948« La neige était sale » (Presses de la Cité).La neige était sale, Luis Saslavsky, 1954
1949« Le fond de la bouteille » (Presses de la Cité).The bottom of the bottle, Henry Hathaway, 1955.
« Les fantômes du chapelier » (Presses de la Cité).Les fantômes du chapelier, Claude Chabrol, 1961.
1951« Sept petites croix dans un carnet » (in « Un Noël de Maigret », Presses de la Cité).A life in the balance, Harry Horner, 1955
1952« La mort de Belle » (Presses de la Cité).La mort de Belle, Édouard Molinaro, 1960.
« Les frères Rico » (Presses de la Cité).The brothers Rico, Phil Karlson, 1957.
1954« L'horloger d'Everton » (Presses de la Cité).L'horloger de Saint-Paul, Bertrand Tavernier, 1973
1956« En cas de malheur » (Presses de la Cité).En cas de malheur, Claude Autant-Lara, 1958
1958« Le président » (Presses de la Cité).Le président, Henri Verneuil, 1960
1961« Le train » (Presses de la Cité).Le train, Pierre Granier-Deferre, 1973
1967« Le chat » (Presses de la Cité).Le chat, Pierre Granier-Deferre, 1971
* Le négatif du film, achevé en avril 1940, fut détruit dans une incendie de laboratoire.


SUR JEAN GABIN

• « J'ai revu : Maigret tend un piège (...) encore un film d'après-guerre qui fait avant-guerre. Annie Girardot n'arrive pas à faire bander son assassin de mari pleurnichard. Et pourtant, elle était sacrément bandante à l'époque. Gabin fut à mon avis le meilleur Maigret. Il est superbe avec sa veste de pyjama trop courte, devant sa télé, dans son trois-pièces-cuisine qui embaume la soupe aux poireaux, c'est la France, ça, Monsieur. »

Wolinski, « Charlie Hebdo », 31.10.1979.

• À propos de Maigret et l'affaire Saint-Fiacre : « Conséquence du succès de Maigret tend un piège, Gabin reparaît en Maigret avec la même autorité. On ne trouve pas là l'atmosphère Simenon, mais "l'atmosphère Gabin" est soigneusement mise en valeur par Michel Audiard et par l'acteur. »

Jacques Siclier, « Jean Gabin », Henri Veyrier, 1977.

• À propos de Maigret voit rouge : « Gabin-Maigret (...) traverse le film d'un pas lourd et nonchalant, en vieux fonctionnaire qui en a tant vu que rien na peut plus l'émouvoir. Ses fameux "coups de gueule" eux-mêmes manquent de sincérité. Il est évident que Gabin-Maigret pense à autre chose, et que tout ce "cinéma" l'indiffère. À la dernière image du film le téléphone sonne. Une autre affaire ? Gabin-Maigret ne répond pas. Il préfère aller dormir. Et vraisemblablement rêver à la maison qui l'attend dans la campagne normande. »

Jean de Baroncelli, « Le Monde », 24.9.1963.

SUR PIERRE RENOIR

• À propos de La nuit du carrefour : « Le meilleur Simenon à l'écran et (...) Pierre Renoir (...) le meilleur Maigret ».

Pierre Leprohon, « Jean Renoir », Seghers, 1967.


Harry Baur-Maigret sur un timbre émis par le Nicaragua pour le 50e anniversaire d'Interpol.

SUR HARRY BAUR

• À propos de La tête d'un homme : « ...l'adaptation fidèle et fouillée du roman de Simenon La tête d'un homme (...) voyait les débuts d'un excellent acteur de second plan, Alexandre Rignault, permettait à Harry Baur d'être le meilleur des nombreux Maigret de l'écran et dans laquelle la peinture exacte des cafés et des boîtes de Montparnasse prend, de nos jours, valeur de document... ».

Raymond Chirat, « Julien Duvivier », « Premier Plan » n°50, décembre 1968.

• « (...) Le grand Harry Baur, qui campe le Maigret sans doute le plus réussi du cinéma (...) ».

Louella Interim, « Le Journal des Cahiers du Cinéma », n°13, mars 1981.

SUR ALBERT PRÉJEAN

• À propos de Cécile est morte : « ...Albert Préjean reparaît ici en commissaire Maigret, ce qui a un peu surpris la première fois. Il est bien certain qu'il n'a aucun rapport avec la célèbre créature simenonienne. Mais l'œil vif, le nez parisien, il est charmant : il a toujours l'air prêt à "en pousser une", comme lorsqu'il nous apparut dans Les toits de Paris, ou à enfourcher une bicyclette. Il change, à coup sûr, la nature de l'œuvre qu'il est chargé d'interpréter, mais nous n'avions pas à nous plaindre, car il a toujours la même séduction. ».

Robert Brasillach.

• « Un commissaire Maigret inattendu, façon détective américain avec la pipe au bec. ».

Jacques Siclier, « Le Monde », 3.11.1979.

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