par Bernard
Giansetto
PARIS (AP) - Comédien, homme
de cirque, créateur de l'un des tout premiers parcs d'attraction
français, Jean Richard, célèbre aussi pour avoir prêté ses traits au
personnage du commissaire Maigret, a succombé à un cancer mercredi à
l'hôpital de Senlis dans l'Oise près de Paris. Il avait 80
ans. C'est la direction du parc d'attraction de «La Mer de
Sable», qu'il avait fondé en 1963 à Ermenonville (Oise), qui a
annoncé sa disparition: «Il s'est éteint doucement ce matin», a
déclaré Hervé Vivaldi, le directeur marketing. Jean Richard avait
été hospitalisé »il y a quelques jours» et son décès est survenu à
10h30. «Tout le parc est bien triste», a-t-il ajouté, saluant «un
personnage exceptionnel» aux multiples talents. «Il était tellement
complet et tellement généreux!». «Le monde du cirque est en
deuil», a de son côté déclaré Gilbert Edelstein, PDG du cirque
Pinder-Jean Richard, en exprimant sa »tristesse». Interrogé par
l'Associated Press, il évoque tour à tour »un immense personnage»,
«le père spirituel du cirque», «une bête de travail» mais aussi «un
homme chaleureux», «le copain que la France entière avait envie
d'avoir» lorsque sa célébrité était à son zénith dans les années 60.
Gilbert Edelstein se souvient aussi de l'accident de voiture de
1973, survenu alors que Jean Richard venait de découvrir son cirque
ravagé par un incendie. Six semaines dans le coma: «La France a vécu
pendant un mois et demi au rythme des bulletins de santé». Ce
fils d'un marchand de chevaux avait fondé le zoo Jean Richard en
1955, puis deux ans plus tard prêtait son nom au cirque d'Alexis
Gruss. En 1968, il fondait enfin son propre chapiteau, puis
reprenait Pinder en 1972, dirigeant les deux établissements de front
de 1975 à 1983, date à laquelle il les revendait à Gilbert
Edelstein. Depuis lors, les deux entités ont été fondues en une
seule, le cirque «Pinder-Jean-Richard». Pour Gilbert Edelstein,
c'est Jean Richard qui a relancé le cirque alors que la période
faste de l'après-guerre n'était plus qu'un souvenir dans les années
soixante. Le personnage, connu pour son éclectisme, aura aussi
excellé dans un univers totalement différent grâce à son talent de
comédien, que ce soit sur les planches, pour le Septième Art ou le
petit écran. Né le 18 avril 1921 à Bessines dans les Deux-Sèvres,
il avait décroché son premier rôle à 25 ans dans le film d'Alex
Joffé «Six heures à perdre». Il s'était fait remarquer dans des
spectacles de cabaret dans lesquels il jouait les ploucs... auxquels
il ne fallait pas la faire. Il reprendra ce rôle de faux abruti dans
plusieurs films dont «Courte-Tête» de Norbert Carbonnaux en 1956 qui
a pour cadre le monde des courses. L'attrait de cet amoureux des
bêtes pour l'univers des chevaux sera aussi une autre facette d'un
personnage dont le sport favori était naturellement l'équitation. Il
dirigera ainsi le nouvel Hippodrome de Paris (1975) et était
administrateur depuis 1971 de la Société protectrice des animaux
(SPA). Il fera passer cet amour auprès des télespectateurs avec la
série «Ces animaux qu'on appelle des bêtes» et avec l'émission
consacrée aux «Cirques du monde». Enfin, sa carrière
cinématographique aura été prolifique puisqu'il apparaît dans pas
moins de 80 films. Au cinéma, il aura notamment incarné le
commissaire Bérurier - alias Béru - le truculent compagnon de San
Antonio, dans l'adaptation cinématographique (1967) du roman éponyme
de Frédéric Dard ainsi que dans celle de «Béru et ces dames» l'année
suivante. Sa popularité sera encore plus grande avec le petit
écran lorsqu'il incarnera pour la télévision le commissaire Maigret
dans 92 épisodes adaptés avec lui des romans de Georges Simenon.
Avec son inséparable pipe, ce rôle a fini de le rendre célèbre, si
c'était encore nécessaire. AP Bg/cb/cr
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