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Ellery Queen Mystère Magazine
Decembre 1964
No. 203 - pp 108-118

Maigret et Cie
ou
Les Detectives
de L'Agence Simenon

par Maurice Dubourg

A M. Claude Menguy.

 
English translation

Maigret et Cie
ou
Les Detectives de L'Agence Simenon

par Maurice Dubourg

A M. Claude Menguy.

Bernard de Fallois dans son essai sur Simenon estime que ce romancier est prisonnier d'une étiquette : « L'auteur des Maigret, écrit-il, s'est fait connaître par des intrigues policières, il sera catalogué une fois pour toutes sous cette rubrique. »

Il est certain que les vingt volumes publiés sous couverture photographique chez Fayard durant les années 1931 et 1932 pèsent très lourdement dans le jugement porté sur leur auteur par nombre de critiques littéraires, à quelques exceptions près bien entendu. Si Georges Simenon s'était contenté durant ces trente ou quarante dernières années de publier seulement un nombre équivalent de romans non policiers comme Le testament Donadieu, La Neige était sale ou Les Anneaux de Bicêtre, il serait certainement considéré par ces mêmes critiques comme un de nos meilleurs romanciers, sinon le plus grand. Aux yeux de ces docteurs Simenon est taré à un double titre: pour sa trop grande fécondité d'abord, et ensuite pour sa compromission avec la littérature policière. De même, dans notre jeunesse, nos professeurs méprisaient Alexandre Dumas, mais dégustaient à petits chapitres Le Capitaine Fracasse de Théophile Gautier.

A l'opposé, certains commentateurs de Simenon estiment que celui-ci n'a jamais écrit un véritable roman policier. C'est la thèse, par exemple, de Thomas Narcejac qui dans Le Cas Simenon nous donne cette définition : « Ecrire un roman, c'est d'abord créer des personnages. Construire un roman policier, c'est d'abord bâtir une intrigue. » La réalité est sans doute nettement moins bien réglée que ne le croit l'auteur de La police est dans l'escalier et si Georges Simenon est un romancier au sens général du terme, il a été et il est encore un auteur de romans policiers. Peut-on contester par exemple à Simenon la création avec le commissaire Maigret du plus populaire des policiers français depuis le Monsieur Lecoq de Gaboriau et le Juve de Fantômas? Car les Sherlock Holmes, les Hercule Poirot, les Rouletabille prouvent qu'écrire un roman policier c'est aussi souvent créer un personnage. Certes, Simenon n'a jamais respecté les sacro-saintes règles du genre énoncées jadis par S.S. Van Dine, mais il n'est pas le seul et il a en 1930, à peu près en même temps que Pierre Véry, St-A. Steeman et un auteur injustement oublié, Jules Esquirol, apporté à un genre qui risquait de se scléroser dans l'imitation du roman policier anglosaxon, un « frisson nouveau ».

Mais plus intéressante, je crois, que cette querelle de puristes est de savoir comment Maigret est né. Simenon en a souvent parlé, mais parfois de manière contradictoire, donnant l'impression de s'amuser à brouiller les pistes et il est certain que dans le genre, Les Mémoires de Maigret sont un chef-d'oeuvre d'astuce et d'humour, cet humour généralement absent des oeuvres de Simenon, et pour lequel pourtant à ses débuts il se croyait spécialement doué. On ne le voit guère apparaître que dans ses reportages trop peu connus du grand public. Officiellement le premier « Maigret », Piettr-le-Letton, fut écrit par Simenon en Hollande, à Delfzijl (là même où il a situé l'action d'Un crime en Hollande), à bord de son côtre l'Ostrogoth, mais les deux premiers volumes que l'on vit paraître en librairie, en février 1931, furent M. Gallet décédé et Le Pendu de St-Pholien. On sait qu'auparavant Simenon avait publié un grand nombre de romans populaires signés de divers pseudonymes : Georges Sim, Christian Brulls, etc... A cette époque il n'existait guère de collections spécialisées dans le genre policier (le Masque date de 1926, l'Empreinte et A ne pas lire la nuit d'après 1930) et sous les rubriques « romans populaires », « romans de drame et d'amour », etc, furent publiées nombre d'œuvres que nous classerions parmi les romans policiers ou criminels, le genre ne s'étant pas toutefois encore débarrassé des oripeaux mélodramatiques hérités de Jules Mary et Pierre Decourcelle pour ne pas remonter à Jules Lermina ou Fortuné de Boisgobey. C'est ainsi que dans la célèbre collection le Livre Populaire, éditée par Fayard, on trouve des romans de Gaboriau ou de Gaston Leroux, et c'est sous cette même couverture que devaient paraître les 32 volumes de Fantômas, autre oeuvre de transition.

Le premier roman de Simenon est très vraisemblablement Nox l'insaisissable paru en 1926, sous la signature de Christian Brulls (Brulls était le nom de famille de sa mère), aux éditions Ferenczi dans une collection à bon marché intitulée justement « Le Roman Policier ». C'est une petite brochure de 32 pages, ce qu'on appellerait aujourd'hui une « novelette ». Le héros, Nox, est un pâle succédané d'Arsène Lupin et comme son modèle, c'est après avoir annoncé le jour et l'heure de sa visite à sa future victime qu'il dépouille celle-ci, un banquier plus ou moins véreux, d'un certain nombre de diamants conservés dans un coffre-fort à toute épreuve.

Nox est aussi, comme il se doit, un maître dans l'art de se grimer. Pour combattre un tel hors-la-loi, Simenon lance à ses trousses le premier en date de ses détectives, Anselme Torrès.

« Les traits d'Anselme Torrès, écrit Christian Brulls-Simenon, étaient durs, exprimant une volonté farouche. A le voir, on sentait que rien ne découragerait un pareil homme et qu'il n'abandonnerait pas une piste, fût-il devant les pires dangers. Quelques coups de poignards reçus dans les bouges, la cicatrice d'une balle de revolver qui lui avait traversé le bras étaient des gages de sa tranquille vaillance. »

Anselme Torrès traque Nox jusqu'à la frontière belge. Là, Torrès réussit à récupérer les diamants mais non à mettre la main au collet de son adversaire qui passe en Belgique et fait de l'autre côté la nique au détective furieux. Une telle fin laissait présager une ou plusieurs suites aux aventures de Nox, mais l'auteur s'en tint là et on ne saurait l'en blâmer.

En 1928, Christian Brulls qui a déjà derrière lui plusieurs dizaines d'ouvrages, publie un roman de longueur normale et qu'on peut qualifier de policier, Mademoiselle X..., où l'on fait la connaissance du juge Coméliau, personnage bien connu des lecteurs des « Maigret » et auquel sera adressée bien plus tard la Lettre à mon Juge, mais on le rencontre aussi dans d'autres romans populaires comme La Femme qui tue.

Mademoiselle X... est une jeune fille amenée par les circonstances à simuler des cambriolages afin d'arracher un jeune sculpteur dont elle est éprise en secret, aux entreprises intéressées d'une famille de bourgeois ruinés et sans scrupules, les Durand-Castin, qui veulent lui faire épouser leur fille pour redorer leur blason. La jeune fille s'arrangeant pour que le sculpteur soit soupçonné, elle espère ainsi faire avorter le mariage. Mais les Durand-Castin savent ce que le jeune homme, Yves Ramels, ignore, qu'il est le fils d'un multi-millionnaire hollandais dont les jours sont comptés. Un notaire, frère de Durand-Castin, qui détient le secret de l'affaire est assassiné et, bien entendu, les soupçons se portent sur Ramels. Celui-ci s'enfuit en Hollande, emmené par Mlle X... qui s'est démasquée et qui l'amène dans la maison de son père. Ce brave homme vient de mourir, tout s'arrange, le véritable assassin est arrêté, Ramels hérite et épouse Mademoiselle X..., détective par amour. Type même du roman populaire à la mode de 1925, ce petit livre est d'une lecture agréable, mais les personnages restent encore bien conventionnels et certains épisodes sont fâcheusement invraisemblables. Le futur Simenon n'en a pas moins créé là son seul détective féminin.

Le Chinois de San Francisco (1930) nous présente un autre genre de détective amateur, Serge Polovzef. D'origine russe (son père, un ancien général, comme il se doit, est chauffeur de taxi à New York), Serge boit de larges rasades de whisky malgré (ou à cause de) la prohibition, tout aussi facilement qu'un détective de Dashiel Hammett. Il a fait ses études à l'Université de Boston.

« Un garçon très intelligent, mais qui a un goût très prononcé pour le whisky et la flânerie. » écrit l'auteur qui précise plus loin : « Un étrange garçon! Tout ce qui est mystérieux le passionne. Il suit les gens dans la rue parce qu'ils ont une tête bizarre. Et il ne les lâche que quand il sait qui ils sont...

A Boston, il était déjà célèbre à cause de cela. Il a découvert des voleurs, une fois même, il a annoncé un vol avant que celui-ci fût commis. »

Dans ce roman, tout tourne autour de l'enlèvement de Billie Ward, la fille d'un riche armateur qui sera assassins vers le milieu du livre. Tous ces méfaits sont l'oeuvre d'une société secrète chinoise, les Tong. L'intrigue policière par elle-même n'a donc rien d'original et utilise les vieilles ficelles jusqu'à la corde, si je puis m'exprimer ainsi, mais ce roman vaut par la nonchalance du personnage de Polovzef qui ressemble beaucoup à ces étudiants slaves qui apparaîtront si souvent dans les premiers « Maigret » et par la reconstitution fort plausible d'un San Francisco où Simenon, à l'époque, n'avait pas encore été promener sa pipe. Il y a là, par moment, une certaine décontraction qui annonce les futurs « Maigret ».

Les Errants (1931) nous ramène à Paris avec un cambrioleur sympathique et un détective privé, Julien Groslet, qui ne l'est guère. Mais Simenon ne va pas se contenter longtemps de détectives amateurs. Ses commentateurs ont écrit que dès les premières années de sa vie parisienne (vers 1922 ou 1923), il a eu ses entrées au quai des Orfèvres où il bénéficia de certaines faveurs qui n'avaient été auparavant accordées qu'à Paul Bourget comme de visiter l'Infirmerie spéciale du Dépôt. Simenon, dans l'émission télévisée de Roger Stéphane, Portrait-Souvenir, affirme au contraire que c'est assez tard qu'il fut reçu à la P.J. Pourtant dans Les Mémoires de Maigret, sous une forme assez libre, mais qui semble exacte en ses grandes lignes, Simenon a décrit ses premiers pas dans la grande maison alors qu'il n'était encore que Georges Sim. Dans sa préface au livre de Jean Ambrosi, Commissaire de quartier, il écrit :

« Très jeune, avant de savoir qu'un jour il m'arriverait de créer mon personnage de Maigret, je recherchais avidement certains livres qu'on trouve dans peu de bibliothèques, je veux parler de mémoires de personnages réels ayant joué un rôle important dans la police ou dans l'histoire criminelle de leur époque. Je me souviens en particulier des souvenirs de Goron, longtemps un des limiers les plus fameux de la Sûreté, puis des ouvrages du commissaire Macé, célèbre, lui aussi, au début du siècle.

C'est, depuis, une tradition dans la police que de temps en temps quelqu'un prenne la relève et des hommes que j'ai bien connus, le commissaire Guillaume, aux moustaches rousses, le commissaire Massu, au parapluie et aux interrogatoires quasi légendaires, nous ont révélé à leur tour tous les dessous d'affaires que le public ne connaissait que par le récit des journaux. »

Le jeune romancier ne lit pas que des mémoires de policiers, mais aussi de gros volumes de criminologistes, comme ceux de l'Autrichien Gross qu'il cite déjà dans le Chinois de San Francisco et sur lequel il reviendra dans ses Mémoires de Maigret. Dans une de ses lettres, Simenon précise ainsi l'origine de ses romans policiers :

« Vers 1925, je crois, Jean Fayard a sorti un magazine pour la jeunesse intitulé « L'Aventure ». Il m'a demandé des articles sur les techniques policières et j'ai commencé à lire les oeuvres de Grotz, et autres précurseurs de la police scientifique. Peu de temps après, en effet, dans quelques-uns de mes romans populaires maintenant introuvables (je ne les ai pas moi-même) comme « la Femme rousse r, « Train de nuit », etc, j'ai eu besoin d'un commissaire et je l'ai appelé Maigre,. mais sans lui donner une personnalité différente de celle des personnages des romans populaires. »

En effet, de ces lectures et des stages que Simenon fait à la Police Judiciaire, va sortir le personnage de Maigret, inspiré selon les uns de Massu, selon les autres de Guillaume et auquel, au cours des années, Simenon lui-même finira par ressembler tout en lui prêtant des traits de caractère de son propre père, Désiré Simenon. J.C. Casals et Quentin Ritzen citent un passage où Simenon évoque la genèse de Maigret :

« Lorsque j'écrivais des romans populaires, les derniers temps, j'avais commencé à dessiner un personnage nommé Jarry qui me séduisait particulièrement. Sa seule ambition était de vivre un certain nombre de vies. Parisien raffiné à Paris, pêcheur en sabots en Bretagne, paysan ici, petit bourgeois là... Et puis Maigret est venu qui l'a supplanté et je m'aperçois que Maigret est une transposition de Jarry : lui aussi vit un grand nombre de vies. Mais c'est la vie des autres à qui, pendant un moment, il se substitue. »

Simenon s'est servi de Jarry dans au moins deux de ses romans populaires : Chair de Beauté (1928) et La Femme qui tue (1929). Jarry n'est pas un policier, mais un aventurier de grande classe à mi-chemin entre Arsène Lupin et Irving Le Roy. Il se tire des pires situations avec brio ; homme du monde, grand voyageur, connu pour ses travaux ethnographiques, marin accompli, avec des connaissances de médecine, voire des talents de chirurgien, etc, mais comme tous les policiers de Simenon à cette époque, il est affreusement sentimental. La Femme qui tue n'est qu'une seconde mouture d'un autre roman de Georges Sim paru quelques mois auparavant, La Femme en deuil. L'auteur, faisant preuve d'une complète désinvolture, a accommodé la même histoire et à peu près les mêmes personnages à une sauce différente. Afin que cela ne saute pas trop aux yeux il a donné un de ses manuscrits à Tallandier, l'autre à Fayard, mais ces variations sur un même thème sont pleines d'enseignements, pour qui veut étudier la préhistoire simenonienne. Dans La Femmes en deuil, le policier qui joue le rôle de Jarry, mais en moins brillant, s'appelle Gérard Moniquet. C'est un personnage assez fâlot, plus sentimental encore que Jarry et qui démissionnera d'ailleurs de la police pour ne pas avoir à livrer la meurtrière dont il est bien entendu tombé amoureux. C'est encore Jarry, mais sous un autre nom, que nous trouvons dans L'homme à la Cigarette (1931) : mangeur de verres à Fécamp, viticulteur à Sancerre, espion un peu partout, moitié bandit, moitié détective, tel est J.K. Charles. Dans ce roman qui est peut-être ce que Simenon a écrit de meilleur dans sa période souterraine, l'auteur a tracé le portrait de l'inspecteur Boucheron, chargé d'arrêter J.K. Charles :

« C'était un homme d'une trentaine d'années, qui n'avait rien du policier-type cher aux caricaturistes. Ni fortes moustaches, ni souliers à grosses semelles, ni chapeau melon.

Il donnait encore l'impression de quelque Sherlock Holmes impassible.

Son visage était plutôt poupin. Un visage rose, avec des traits flous, un regard timide, une petite moustache roussâtre coupée en brosse à dents.

Il était habillé d'une façon quelconque. Des vêtements sombres, sentant la confection, qui lui donnaient assez l'air d'un employé de magasin. »

Si par ce portrait nous voyons tout de suite que Boucheron est assez éloigné physiquement de Maigret, il s'en rapproche par sa manière de mener une enquête, s'imprégnant de l'atmosphère des lieux, cherchant à comprendre les êtres :

« Lors du crime, il ne s'était pas donné la peine de renifler les lieux, d'en étudier l'atmosphère, d'y chercher une indication. »

Car Boucheron, comme Maigret, est un « renifleur », un intuitif peu porté sur la déduction.

« ... Pensait-il? Réfléchissait-il? Pas à proprement parler! Son cerveau enregistrait! Les images s'y classaient d'elles-mêmes! »

Comme Maigret, Boucheron ne s'embarrasse pas de légalité et nous le voyons crocheter une serrure, perquisitionner sans mandat.

Bien d'autres romans populaires de Georges Sim sont plus ou moins policiers, et à peu près toujours recèlent un ou plusieurs meurtres. Nous ne citerons que La Femme 47, Deuxième Bureau (deux romans d'espionnage), Katia, acrobate, La Fiancée du Diable (où apparaît déjà le commissaire Lucas), Les Bandits de Chicago, Les contrebandiers de l'alcool, Matricule 12, Destinées (roman américain avec l'inspecteur Jackson).

C'est dans Train de Nuit, en 1930, qu'apparaît Maigret pour la première fois. Les quelques romans populaires où Simenon a essayé le personnage qu'il devait rendre célèbre ont paru de 1930 à 1933, mais comme Simenon l'a confirmé par le passage de lettre citée plus haut, ils ont été écrits avant Piettr-le-Letton. Le personnage de Maigret y est encore flou, ce n'est souvent qu'un croquis et il ne joue qu'un rôle secondaire sauf dans La Maison de l'Inquiétude où il prend la première place. Dans Les Mémoires de Maigret, Simenon prête au commissaire ce propos :

« Un matin, je trouvai sur mon bureau, à côté de mon courrier, un petit livre à couverture horriblement illustrée comme on en voit chez les marchands de journaux et entre les mains des midinettes. Cela s'intitulait : La jeune fille aux perles et le nom de l'auteur était Georges Sim. »

En fait, c'est sous un autre titre que devait paraître La jeune fille aux perles, sans doute sous celui de La Figurante dont nous allons parler plus loin.

Train de Nuit, l'ancêtre des Maigret, se déroule principalement à Marseille, dans le quartier aujourd'hui disparu du Vieux-Port et nous y trouvons Maigret et son adjoint l'inspecteur Torrence, car peu de gens, parmi les millions de lecteurs de Simenon, connaissent ce détail. Maigret fut à l'origine un policier marseillais. C'était, écrivait alors Simenon (ou plutôt Christian Brulls) « un homme calme, au parler rude, aux manières volontiers brutales », un Maigret des cavernes en quelque sorte. Pourtant c'est déjà et c'est aussi le Maigret compréhensif et magnanime, car non seulement il arrange l'affaire du jeune marin fécampois égaré dans une histoire de meurtre crapuleux et le rend à sa fiancée, une de ces jeunes filles tenaces et pas très jolies telles qu'on en rencontre souvent chez notre auteur (exactement celle d'Au Rendez-vous des Terre-Neuvas), mais encore il a facilité le départ pour Paris de Rita, la maîtresse marseillaise du matelot et la soeur du véritable assassin, Le Balafré (qu'on apercevra plus tard entre deux portes dans Maigret et l'Homme du Banc), poussant même la complaisance jusqu'à lui laisser emporter sa part du bien volé, ce qui n'est pas très légal.

Dans Les Errants, on voit à un moment donné deux policiers qui pourraient bien être Maigret et Torrence, mais que l'auteur ne s'est pas donné la peine de nous présenter, laissant au juge d'instruction le soin de mener l'enquête.

Très curieux est Fièvre, car si le policier que l'on nous montre et qui joue un grand rôle se nomme Torrence, on a bien plutôt l'impression qu'il devrait s'appeler Maigret. Il est commissaire et non simple inspecteur, il passe ses dimanches à la pêche à la ligne dans sa petite maison de Joinville-le-Pont, au bord de la Marne, tout comme Maigret retraité taquinera le gardon à Meung-sur-Loire. Il est célèbre à la P.J. pour sa pipe en racine de bruyère et se trouve flanqué de l'inspecteur Lucas, une vieille connaissance des amateurs de « Maigret ». Mme Torrence annonce elle aussi Mme Maigret. C'est « une accorte femme de quarante ans » qui s'inquiète avant tout de sa cuisine et qui a pour son mari des soins maternels.

L'atmosphère des « Maigret » se retrouve dans une foule de petits tableautins du genre de celui-ci :

« On apercevait Mme Torrence qui, de ses mains rouges et boudinées, pétrissait une farce odorante dont elle emplissait le ventre du brochet.

Le bal, à proximité, battait son plein. L'ombre envahissait le ciel et, sur la table, la bouteille de Marc était à moitié vide. »

Mais plus que l'aspect extérieur du commissaire et le cadre dans lequel il évolue, c'est par sa manière de mener l'enquête que le Torrence de Fièvre annonce Maigret. Il va même plus loin que n'ira jamais Maigret dans son mépris de la légalité. Non seulement il aide le principal personnage, Maudru, un forçat évadé au grand coeur, mais encore lorsque le sinistre Dédé, ex-forçat lui aussi, veut à la fois faire chanter Torrence et Maudru et abuser de la fille de ce dernier, le commissaire, par un billet anonyme, lui lâche dans les jambes un troisième et dernier transfuge de Cayenne, ennemi juré de Dédé. Puis Torrence se cache dans les buissons du jardin de la « maison au bord de l'eau » où la fille de Maudru vit avec sa mère et il assiste en spectateur au règlement de compte. Le Grand Frisé expédie Dédé puis s'enfuit sans que le commissaire intervienne, quant à Maudru il quittera la France avec la bénédiction de Torrence. Simenon a souvent dit que sa méthode consistait à prendre un individu et à le laisser aller jusqu'au bout de lui-même, mais dans Fièvre, Torrence-Maigret semble aller tout de même un peu loin pour un policier officiel. Il n'en reste pas moins que ce roman montre, mieux encore que Train de Nuit, que dès ses premiers tâtonnements Simenon savait parfaitement quel genre de policier il voulait mettre en scène.

Dans La Figurante, Maigret agit seul, sans Torrence. Il enquête à Paris sur le suicide du banquier Langevin, puis à Deauville sur l'assassinat d'un confrère et vieille connaissance de Langevin, l'homme d'affaires Reiswick. Maigret, là aussi, est anticonformiste, il mène son enquête en dehors de toute règle, se refuse à arrêter Nady, la fille de Langevin, contre laquelle s'accumulent les plus fortes présomptions. Il s'est installé dans la maison de la victime et n'en sort rarement que pour errer dans les rues de Deauville ou les salons du Casino. Il laisse mûrir les choses tout en fumant sa pipe et lorsque l'affaire sera terminée et que Nady aura épousé celui qu'elle aime, on distinguera à l'arrière de la voiture nuptiale, comme à la fin d'un' film, un bouquet de roses blanches avec la carte du commissaire.

Pas plus que dans La Figurante, Maigret n'est le principal personnage de La Femme Rousse. Il n'apparaît qu'à la page 65 et on ne le verra ni a son bureau de la P.J., ni à son domicile :

« Il avait une cinquantaine d'années, peut-être un peu moins. Il était large d'épaules, épais de torse et de visage.

Il respirait à la fois une certaine bonhomie ironique et une assurance anormale. »

Il fume sa pipe « toute noire d'être calcinée » et il a retrouvé Torrence : « Torrence était plus jeune que Maigret. Il avait moins de bonhomie que son chef. Les traits assez fins, il était volontiers mordant, ironique, d'une irone que n'enveloppait aucune bienveillance. »

Rien donc de commun avec le soi-disant Torrence de Fièvre. Plus tard, beaucoup plus tard, Simenon nuancera le portrait de Torrence. Dans Maigret au Picratt's (1951) il écrira qu'au fond de lui-même Torrence est un tendre.

Cette bienveillance, Maigret en fera encore une fois la preuve en laissant filer Georges Favereau qui a tout de même tué deux hommes, il est vrai que c'était pour venger la mort de ses parents. A citer cette notation à la fin de l'enquête :

« Le commissaire Maigret, lui, avait regagné Paris, hargneux, après avoir grogné sur tout le monde. »

La Maison de l'Inquiétude, le dernier des « Maigret » non revêtus du label Simenon est aussi le seul où le commissaire apparaisse comme le personnage central du récit et où le lecteur le suit de la première à la dernière page tout au long de son enquête. L'ensemble est assez confus. Lorsque Simenon veut monter une intrigue compliquée, touffue, il se perd en chemin, devient peu clair et arrive même, ce qui est extrêmement rare chez lui, à ennuyer. Quand dans Maigret et le Coroner il s'essaye à un genre classique du roman policier anglo-saxon où l'action se déroule presque entièrement dans une salle de tribunal, il échoue complètement. On est loin, fort loin du Procès Bellamy. Dans la plupart de ses romans mi-populaires, mi-policiers, Sim va chercher la genèse des crimes qu'il doit expliquer dans des événements qui se sont déroulés dix ou quinze ans auparavant, souvent dans des pays exotiques ou de lointaines contrées. Dans La Femme rousse, il s'agissait d'une vendetta mexicaine. Pour La Maison de l'inquiétude, il faut aller rechercher jusqu'aux Indes l'origine du drame. Ce procédé, auquel Simenon, passé dans la catégorie « senior », aura encore recours parfois, lasse un peu par sa facilité, bien qu'il ait été utilisé par d'illustres spécialistes du genre, en particulier par Sir Arthur Conan Doyle dans Une Etude en Rouge. Si l'intrigue reste confuse, l'enquête est menée par Maigret dans la meilleure tradition : filatures, bousculades, etc... On n'y comprend pas grand-chose et pourtant on suit avec plaisir.

« Il y avait longtemps que Maigret avait renoncé à faire sur le crime de Montreuil une de ces enquêtes fulgurantes qui valent à un policier les éloges enthousiastes de la presse. Il allait son petit bonhomme de chemin, couci-couça, ne craignant rien autant qu'un faux-pas qui lui ferait perdre le peu qu'il avait conquis. Il avait parfois l'impression d'évoluer parmi des porcelaines fragiles, ou encore au milieu d'une bande d'oiseaux farouches qui prendraient leur envol au moindre geste imprudent. »

Les dialogues sont toujours justes et les derniers chapitres sont dignes du meilleur Simenon. Nous citerons cette page qui ne détonnerait dans aucun « Maigret » officiel :

« Christian, qui devait avoir aperçu le taxi passant à vide, sortait en coup de vent, appelait le chauffeur.
Cinq minutes plus tard, deux voitures roulaient vers le VIII« arrondissement, s'arrêtaient à quelque distance l'une de l'autre au Rond-Point des Champs-Elysées.
A la façon dont le jeune homme se dirigea vers le bar américain que Maigret connaissait déjà, le commissaire comprit qu'il était ivre. Christian ne se retourna pas. Il ne semblait pas craindre d'être suivi.
Il était midi exactement. Des gamines sortaient en foule des grandes maisons de couture. Devant chaque porte quelques jeunes gens attendaient. Les autobus étaient pris d'assaut,
Le commissaire commença par faire les cent pas dans l'avenue Montaigne. Peu après des employés du Hall de l'Auto pénétrèrent dans le bar.
Maigret était nerveux. Il s'aperçut soudain qu'il venait d'oublier sa pipe sur son bureau et c'était plus qu'il n'en fallait pour le mettre d'humeur exécrable.
Il haussa les épaules, poussa la porte du bar, fut enveloppé d'une chaude atmosphère toute bruissante de voix humaines.
La pièce n'avait pas trois mètres de large. Les tabourets étaient occupés. Il y avait des consommateurs debout. Le barman agitait son shaker sans quitter des yeux une partie de poker d'as. Il aperçut Maigret pardessus les têtes, lui adressa un petit signe. Des prunelles il désigna le fond du bar. Christian Gastambide était tellement entouré qu'on le devinait à peine. De son groupe, des rires fusaient à jets continus. On y parlait bruyamment. »

Et c'est le drame. Sans sortir son revolver de sa poche, tout comme le héros d'Au Rendez-vous des Terre-Neuvas, Christian se tire une balle dans le ventre. Dans ce roman comme dans d'autres romans populaires on trouve déjà ce goût prononcé de Simenon pour la médecine et les médecins. A la fin, l'auteur évoque même brièvement le ménage Maigret. Le commissaire était presque rôdé et Simenon allait pouvoir le lancer dans la compétition. On connaît l'histoire des premiers « Maigret » : Simenon, refoulé d'Allemagne, les écrivant sur les côtes de Hollande à bord de l'Ostrogoth, le lancement publicitaire grâce à un « bal anthropométrique » où le Tout-Paris se bouscula. On sait le succès foudroyant de la série à couverture photographique qui, en dehors des trois recueils de nouvelles dont nous parlerons plus loin comprenait déjà deux romans où n'apparaissait pas le célèbre commissaire (Le Relais d'Alsace et Le Passager du « Polarlys »), ce qui montre bien que déjà Simenon était décidé à ne pas demeurer prisonnier de son personnage, mais ce que l'on ignore souvent c'est que ni Simenon, ni son éditeur, qui s'étaient partagé les frais du fameux bal n'étaient certains de la réussite. Fayard surtout, si l'on en croit J.C. Casals, faisait à son poulain quatre objections : les histoires n'étaient pas assez techniques, il n'y avait pas d'intrigue amoureuse, pas assez de personnages sympathiques ou antipathiques et ces romans finissaient mal en général.

L'avenir immédiat et lointain devait balayer ces objections et le cinéma avec La Tête d'un homme de Duvivier, Le Chien Jaune d'Abel Tarride et La Nuit du carrefour (de Jean Renoir qui eut aussi le projet de tourner Le Charretier de la Providence) constitua pour Simenon une rampe de lancement incomparable. Simenon, pourtant, avait depuis longtemps des ambitions plus hautes. A ses débuts dans la littérature populaire il s'était donné dix ans pour apprendre le métier d'écrivain. Les premiers Maigret n'étaient encore à ses yeux que de la « semi-littérature ». Aussi pensa-t-il à se débarrasser élégamment de son personnage en lui permettant de faire valoir ses droits à la retraite comme on dit dans le jargon administratif. Il lui concéda auparavant une dernière enquête, l'Ecluse n° 1 à Charenton, tandis que Mme Maigret avait déjà quitté le boulevard Richard-Lenoir et était partie en détachement précurseur au bord de la Loire où Maigret devait se retirer. Cela se passait en avril 1933, mais deux mois plus tard, sans doute par besoin d'argent, Simenon écrivit Maigret. Dans ce roman, l'ex-commissaire revient à Paris pour porter aide à son neveu Philippe qui débute à son tour dans la police. Maigret qui n'a plus aucun titre officiel en est réduit à ses propres moyens, ce qu'exprime fort bien le laconisme du titre. Relativement inexistant sur le plan proprement policier, ce roman, dont on crut à l'époque qu'il était le chant du cygne de Maigret, est un de ceux où se révèle le mieux l'envoûtante personnalité du commissaire. Ce Maigret, pêcheur à la ligne, Simenon lui fera encore jouer les détectives amateurs dans une suite de nouvelles écrites en 1938, publiées d'abord sous l'occupation dans les fascicules d'une collection populaire, puis réunies ensuite sous le titre Les nouvelles enquêtes de Maigret, mais ces acrobaties lasseront bientôt Simenon et dès l'hiver 39-40, pendant la « drôle de guerre », il écrit Maigret revient (publié en (1944) qui se compose de trois excellents romans : La Maison du Juge, Cécile est morte et Les Caves du Majestic, où il remettra son héros en position d'activité. Il faudra néanmoins attendre l'immédiate après-guerre pour que Simenon se mette à écrire cette nouvelle série des aventures de Maigret que les Presses de la Cité n'ont cessé de publier depuis, à la cadence de deux ou trois volumes par an. C'est devenu pour Simenon un délassement, suivant sa propre expression, entre ses romans « durs », mais quelle que soit leur virtuosité, les vrais amateurs de Simenon conservent un faible pour ceux de la cuvée Fayard.

Maigret est entouré d'un petit état-major qui s'est étoffé au cours des années : les inspecteurs Janvier, Lucas, Lognon, Lapointe, Torrence. Il arrive qu'on retrouve ceux-ci dans des romans où Maigret ne paraît pas comme Lucas dans La Fiancée du Diable, Les Suicidés, Le Petit Docteur ou l'Énigme de la Marie-Galante. Quant à Torrence qui, nous l'avons vu, était déjà le compagnon de Maigret dans les temps préhistoriques et que Simenon devait laisser tuer par mégarde dès Piettr-le-Letton, alors qu'il pouvait encore servir, il quitta, après que son auteur l'eut ressuscité, la P.J. pour s'installer détective privé, ce qui nous a valu les remarquables Dossiers de l'Agence O, mais il a, par la suite, réintégré bien sagement le sillage de son patron.

Outre Maigret et ses boys, Simenon a campé diverses figures d'enquêteurs en dehors de celles que nous avons déjà mentionnées. Le plus ancien d'entre eux, contemporain de Maigret, s'il ne lui est pas antérieur, est G 7 (La Folle d'Itteville, Les 13 énigmes, Les Sept Minutes) tantôt membre de la Sûreté, tantôt de la P.J. qui quittera la police lors de La Nuit des Sept-Minutes et enquêtera à titre privé dans L'énigme de la Marie-Galante. G7, plus près que Maigret du policier ordinaire des romans anglo-saxons, se livre à de subtiles déductions et est flanqué du narrateur tout comme Sherlock Holmes du Dr Watson ou Poirot de Hastings. Ici, ce rôle de confident est tenu de façon satisfaisante par le jeune Sim avec la naïveté qui convient. Sur l'origine du nom de G 7, Simenon a donné deux explications différentes. Dans La Folle d'ltteville Simenon dit que ses collègues l'avaient baptisé ainsi « à cause de la couleur rouge de ses cheveux qui n'est pas sans rappeler la teinte des taxis portant ce matricule ».

Tandis; que dans Les 13 Enigmes c'est Sim lui-même qui l'aurait appelé ainsi puisqu'il, l'aurait rencontré la première fois dans un taxi. G 7 est encore mal dégagé des romans populaires à la Georges Sim. Il se montre très sentimental et dans la Nuit des 7 Minutes, il démissionnera de la police comme le Gérard Moniquet de la Femme en deuil, pour les mêmes raisons ; ne pas livrer une femme coupable dont il est tombé amoureux.

Le juge Froget, le héros des 13 Coupables et de La Nuit du Pont-Marie, n'est sans doute qu'une mouture du juge Coméliau (Simenon les fait loger tous deux au Champ-de-Mars).

Joseph Leborgne a plus d'allure, il résout les 13 Mystères uniquement en lisant les coupures que Sim, toujours fidèle adjoint, lui apporte. Mais sans doute le détective le plus réussi et le plus vivant de Simenon après Maigret est-il Le Petit Docteur établi à Marsilly, en Charente, un village que Simenon connaît bien. Il s'appelle Jean Dallent du nom d'une rue de Paris proche de la Santé où se passe une scène de La Tête d'un homme. Au volant de sa vieille voiture il est appelé dans tous les coins de la France pour résoudre des énigmes compliquées, de ces terribles drames familiaux qu'il dénoue avec bonhomie et comme en se jouant. Il est curieux et regrettable que Simenon n'ait pas plus utilisé ce personnage qui reste une de ses meilleures créations.

Enfin faut-il parler de Georges Simenon lui-même qui tenta de jouer les détectives pour le compte de Paris-Soir lors de l'assassinat du conseiller Prince. Le résultat ne fut guère brillant si l'on s'en réfère uniquement aux résultats acquis, mais il permit un excellent reportage. Depuis vingt ans Simenon a abandonné tous ces détectives, tous ces policiers et autres juges pour ne conserver que le commissaire Maigret, un Maigret un peu stylisé, qui regarde de plus en plus les êtres et les choses avec les yeux de son créateur, un psychiatre raté comme Simenon, je dirais même, si je l'osais, un psychiatre refoulé.

BIBLIOGRAPHIE

CHRISTIAN BRULLS Nox l'insaisissable (Ferenczi, Collection « Le Roman Policier », 1926).
Mademoiselle X... (Fayard, « Le Roman complet », 1928).
Train de Nuit (Fayard, «Le Roman complet », 1931).
La Figurante (Fayard, » Le Roman complet, 1932).
Fièvre (Fayard, «Le Roman complet, 1932).
GEORGES SIMLa Femme en deuil (Tallandier, «Le Livre National », 1929).
La Femme qui tue (Fayard, « Le Livre Populaire », 1929).
Le Chinois de San Francisco (Tallandier. « Romans célèbres de drame et d'amour », 1930).
La Femme 47 (Fayard, « Le Livre Populaire », 1930).
L'homme à la cigarette (Tallandier, « Romans célèbres de drame et d'amour », 1931).
La femme rousse (Tallandier, « Criminels et Policiers », 1933).
La maison de l'inquiétude (Tallandier, « Criminels et Policiers », 1933).
GEORGES SIMENONLa Folle d'Itteville (Editions Jacques Haumont, 1931).
Les Treize coupables (Fayard, 1932).
Les Treize Mystères (Fayard, 1932).
Les Treize Enigmes (Fayard, 1932).
L'Ecluse n° 1 (Fayard, 1933).
Maigret (Fayard, 1934).
Maigret revient (Gallimard, 1942).
Le Petit Docteur (Gallimard, 1943).
Les Dossiers de l'Agence O (Gallimard, 1943).
Les nouvelles enquêtes de Maigret (Gallimard, 1944).
Les mémoires de Maigret (Presses de la Cité, 1950).
Préface à Commissaire de quartier de Jean Ambrosi (Editions du Scorpion, 1959).
Portrait-Souvenir (Tallandier, 1963).
THOMAS NARCEJACLe Cas Simenon (Presses de la Cité, 1950).
J.C. CASALSSimenon en su obra y en la vida (Editions Aldor, Barcelone, 1957).
QUANTIN RITZENSimenon, avocat des hommes (Le Livre Contemporain, 1961).
BERNARD DE FALLOISSimenon (Gallimard, 1960).


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